Banques d’investissement : l’approche «triangulaire» du français B&A en Afrique

 |   |  705  mots
(Crédits : DR)
Après avoir trouvé sa voie de démarcation sur le marché chinois, la banque d’investissement française B&A Investment Bankers se tourne vers le Continent aux 54 marchés. Ici, l’ambition est de connecter les univers business d’Afrique, de Chine et d’Europe.

Créer un pont entre entrepreneurs africains, capitaux chinois et expertise européenne. Telle est la « triangulation » que la banque d'investissement française Benoit&Associés (B&A) veut construire sur le marché africain. « Que ce soit pour financer une mine dans un pays ou racheter un concurrent, le déficit de capitaux pour les entreprises africaines est énorme. Cela n'est plus à démontrer. Il faut aller chercher les capitaux où ils sont », nous explique Cyril Benoit, co-fondateur et président de B&A Investment Bankers.

« C'est maintenant qu'il faut disposer les capitaux »

Cet ex-conseiller de Laurent Fabius et haut fonctionnaire de Bercy a pris le train de l'aventure bancaire en 2011, lorsqu'il co-fonde B&A à Paris et à Shanghai. Mission : créer des synergies entre entreprises et investisseurs chinois et français. Le créneau porte et pousse plusieurs sociétés chinoises à regarder le marché hexagonal. B&A est notamment derrière le rachat du négociant bordelais Diva par la société publique chinoise d'agroalimentaire Bright Food, ou le rachat de Kidiliz, spécialiste français de la mode enfantine par le géant chinois Semir. Parmi ses références dans le conseil sur le marché chinois figurent, entre autres, le français Saint-Gobain, Engie, mais aussi l'américain Mars.

La mission de conseil auprès du gouvernement ivoirien pour la création de la Caisse de dépôts et de consignations en 2018 pousse l'homme d'affaires à explorer en profondeur le marché régional. « L'Afrique est aujourd'hui comme l'Asie d'il y a 20 ans, notamment en termes d'opportunités de croissance qui sont énormes sur le plan global, en dépit des zones économiques et monétaires encore fragmentées », analyse Cyril Benoit. « Dans les 20 ou 30 prochaines années, prévoit-il, l'Afrique va être le cœur du monde, après avoir résolu les questions démographiques, sécuritaires... Et c'est maintenant qu'il faut mettre les capitaux à la disposition de ces nombreux entrepreneurs ». Depuis l'automne dernier, Cyril Benoit tente de dupliquer son « modèle chinois » en Afrique où il s'est lancé avec une équipe chapeautée par l'entrepreneur franco-béninois Khaled Igue.

Un marché en mouvement

La banque d'investissement en Afrique a pris du galon ces dernières années. Rien qu'en Afrique subsaharienne, les revenus globaux ont certes reculé de près de 6 % au premier semestre 2019, mais se sont améliorés, comparés à la même période en 2018 où la baisse était de 12 %. En revanche, les opérations de fusion-acquisition ont particulièrement grimpé de 42 % à 20,9 milliards de dollars, selon Refinitiv, fournisseur mondial de données sur les marchés financiers.

Aujourd'hui, la banque d'investissement est de plus en plus pratiquée par des entités africaines. D'ailleurs, c'est bien le sud-africain Absa -implanté dans douze pays- qui a été désigné meilleure banque d'investissement en Afrique en 2019 par l'African Banker Awards. Actuellement, les secteurs les plus prisés par ces entités sont généralement les infrastructures, les transports, le High Tech, mais aussi l'agrobusiness ou encore l'hôtellerie.

Lire aussi : Stanislas et Jeanne Zézé, un tandem financier à succès !

La multiplication des projets de développement/émergence couplée au boom entrepreneurial sur le Continent pousse également plusieurs grandes banques -qui ne cramponnent plus aux modèles historiques- à adapter leur offre. C'est le cas notamment d'Edmond de Rothschild qui détient désormais une filiale dédiée à l'Afrique spécialisée dans le capital-investissement ambitionnant d'augmenter ses encours sous gestion à 5 milliards de dollars d'ici 2021. Mais dans un contexte où les PME locales ont encore du mal à se financer correctement, l'augmentation des flux de transactions et des transactions ainsi que l'innovation dans les solutions proposées tant aux investisseurs qu'aux entreprises deviennent les priorités du secteur.

Pour B&A, c'est en cela que « la triangulation entre le Chine, l'Europe et l'Afrique » devient intéressante. « L'idée c'est de réussir en tant que banquier d'investissement à rencontrer des besoins, pour créer les grandes entreprises de demain qui vont naviguer entre ces trois espaces », explique Khaled Igue qui entend contribuer à aider la banque à relever les défis qui s'imposent à elle sur le marché africain du capital-investissement, notamment en termes de maturité.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :