Angola : le prochain président attendu sur la participation de Sonangol dans la première banque privée portugaise

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(Crédits : DR)
Depuis février 2016, la compagnie pétrolière nationale angolaise a reçu le « ok » de la Banque centrale européenne (BCE) pour l’augmentation de 20 à 30% de sa participation dans la première banque privée du Portugal Millennium BCP. Mais jusqu’à ce jour, la Sonangol, qui aurait déjà perdu des centaines de millions d’euros en investissement ces dix dernières années, tarde à concrétiser son projet. La BCE lui a donné jusqu’au 31 décembre 2017 et le prochain président de République qui remplacera Eduardo Dos Santos à l’issue des élections législatives de ce mercredi 23 août est attendu sur le dossier.

Plus que 48 heures avant les élections législatives en Angola qui éliront automatiquement le prochain président de la République qui succédera à Jose Eduardo Dos Santos. Un des dossiers sur lesquels l'heureux élu sera attendu concerne l'augmentation de la participation de la Sonangol dans le capital de la première banque privée portugaise Millennium BCP. Selon les informations reçues par le site économique portugais Negocias, la Banque centrale européenne (BCE) qui a donné son autorisation pour l'opération depuis février dernier s'impatienterait et aurait demandé une réaction rapide des autorités angolaises après les élections.

Sonangol a rejoint le capital de Millennium BCP en 2007 et y détient 14,87% de parts. Après avoir soutenu l'opération d'augmentation de capitale de la première banque privée portugaise, la Sonangol a demandé à renforcer son positionnement au sein de l'institution qui venait de recevoir dans son tour de table le conglomérat chinois Fosun, rentré en force avec 16,7% avec un objectif de progression rapide à 30%.

Le point de vue assumé de l'opposition

Voyant son positionnement s'affaiblir au sein de la banque, le pétrolier national angolais a soumis, à la BCE, sa demande de renforcement de sa participation dans le capitale de Millennium BCP pour également passer à 30%. Depuis février dernier, Sonangol a reçu l'autorisation de procéder à l'opération, mais n'a jusqu'ici rien déclenché, pourtant le superviseur bancaire européen avait fixé la deadline au 31 décembre 2017.

Actuellement, les Angolais retiennent leur souffle. Le pays s'apprête à tourner la page de 37 ans de « règne » d'Eduardo Dos Santos. Et l'opposition saisit l'occasion pour se faire entendre ces dernières semaines. Dans une interview accordée à Jeune Afrique la semaine dernière, Isaías Henriques Ngola Samakuva, président de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola, entendait, en cas de victoire, relever Isabel Dos Santos de sa fonction de présidente de la compagnie qu'elle occupe depuis juin 2016. « Si je suis élu, elle devra partir », a-t-il déclaré, estimant que la nomination de la fille du président sortant, vivement critiquée par l'opinion publique « n'était pas éthique ». Toutefois, sauf surprise, le successeur de Dos Santos à la direction Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) est le plus pressenti à la prochaine présidence de la République. Et en cas d'élection, il serait difficile qu'il aille à l'encontre des orientations de l'équipe dirigeante actuelle de Sonangol.

Participation « stratégique »

Pour la compagnie nationale pétrolière angolaise, sa participation au sein de Millennium BCP est jugée « stratégique ».

« La participation de la Sonangol dans Millennium BCP a toujours eu un caractère stratégique, car cela représente un soutien important pour la diversification des investissements de la compagnie dans des zones géographiques comme l'Afrique et l'Europe, et met l'accent sur la nature et la vocation internationale de la société », indique Sonangol dans un de ses rapports.

Mais cette participation « stratégique » n'est pas sans inconvénients. Car selon le dernier rapport d'activités de la Sonangol, la compagnie aurait enregistré une perte potentielle de plus de 365 millions d'euros depuis son entrée dans le capital de Millenium BCP en 2007.

En juillet dernier, Isabel Dos Santos annonçait des résultats « satisfaisants » pour l'exercice 2016, se réjouissant que la compagnie ait pu transcender la morosité du marché pétrolier mondial marqué par la chute du cours du pétrole. Et même si l'approche des élections législatives soulevait des interrogations quant à son maintien à la tête de la compagnie nationale pétrolière. Elle soutenait : « le mandat de PDG de Sonangol n'est pas dépendant du processus électoral », ajoutant qu'elle souhaite en rester la présidente. Et celle qui a toujours fait valoir ses compétences de manager confirmé par son solide CV, devra composer avec le prochain gouvernement même sur le « stratégique » dossier de l'augmentation de la participation de la Sonagol dans le capital de la première banque privée du Portugal.

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