Renganaden Padayachy et Mahen Seeruttun pour maintenir l’île Maurice en centre financier

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Renganaden Padayachy, nouveau ministre des Finances et du développement économique, et Mahen Seeruttun, ministre des Services financiers et de la bonne gouvernance de l'île Maurice.
Renganaden Padayachy, nouveau ministre des Finances et du développement économique, et Mahen Seeruttun, ministre des Services financiers et de la bonne gouvernance de l'île Maurice. (Crédits : DR/LTA)
Renganaden Padayachy et Mahen Seeruttun sont les nouveaux ministres respectivement des Finances et du développement économique, et des Services financiers et de la bonne gouvernance. Deux départements hautement stratégiques pour la prospérité de Maurice dont ils vont devoir garantir le caractère de centre financier dans un contexte où l’île s’est donnée pour priorité de préserver la réputation de sa juridiction.

Le renforcement des assises de Maurice en tant que centre financier international sera probablement l'une des principales préoccupations de Renganaden Padayachy, ministre des Finances et du développement économique et Mahen Seeruttun, ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance qui ont trouvé leur place dans le gouvernement mauricien installé le 12 novembre dernier.

« C'est une dure tâche de prendre la relève », a déclaré Padayachy. Soulignant qu'« un travail excellent » a été fait par son prédécesseur en particulier, il estime que le labeur lui revient désormais, ainsi qu'à son équipe.

Padayachy, un économiste porté sur la fiscalité

Docteur en économie de la Sorbonne à Paris, Padayachy est, depuis une dizaine d'années, abonné au développement de son pays. D'abord économiste à la Chambre de commerce et d'industrie de Maurice où il supervise la recherche et l'analyse économique, il a ensuite été président de la Financial Services Commission, l'organe mauricien de réglementation intégrée du secteur des services financiers non bancaires et du commerce mondial. Sa nomination en janvier 2017 en tant que Premier vice-gouverneur de Bank of Mauritius, la banque centrale mauricienne, fait sensation à Port-Louis. Nombre d'observateurs prêtent cette ascension aux idées fortes dont il est porteur, notamment la Negative Income Tax, ce système adopté par le gouvernement qui veut qu'au lieu de payer des impôts, les employés percevant un salaire de base d'au plus 9 900 roupies (environ 245 euros) par mois, reçoivent un soutien financier de l'Etat. Sa démission en octobre dernier pour rallier le Mouvement socialiste militant (MSM - parti au pouvoir) laisse entrevoir une réelle ambition d'accéder aux hautes fonctions étatiques.

Seeruttun, prêt à redorer l'image d'un secteur responsable de 70% du PIB

Désormais habitué des réunions gouvernementales, Mahen Seeruttun tient ainsi un département ministériel pour la troisième depuis janvier 2017, après avoir servir en tant que ministre des Logements et des terrains et ministre de l'Agro-Industrie et de la sécurité alimentaire. Expert-comptable de formation, Seeruttun travaille d'abord au Royaume-Uni avant de rentrer dans son pays. A Maurice, il est pendant longtemps dans l'équipe dirigeante de l'Institut national de recherche sur l'industrie sucrière (MSIRI), avant de rejoindre le groupe d'investissement international mauricien Ciel en qualité de directeur financier.

Renganaden Padayachy et Mahen Seeruttun sont donc deux experts de la finance qui prennent deux départements hautement stratégiques pour la prospérité de l'île Maurice. Pour rappel, le secteur tertiaire génère en effet plus de 70% du PIB du l'île (2016). Les services financiers constituent également la plus grande source de recettes fiscales du pays. Alors que Maurice lutte récemment pour restaurer son image ternie par plusieurs scandales - dont le plus récent, Mauritius Leaks-, le pays doit également composer avec la montée en puissance d'autres pays du Continent qui se positionnent pour devenir des centres financiers internationaux, à l'instar du Maroc.

« Ce secteur a un gros potentiel de développement, mais qui, malheureusement, a été la cible de certaines attaques pas nécessairement fondées. Bien d'efforts ont été déployés pour remettre sur orbite le véritable profil de cette juridiction qui, dans son mode de fonctionnement, est transparente, saine et propre. [...] Maurice a toujours prôné une politique d'ouverture lorsqu'il s'agit de faire la démonstration que les activités de sa juridiction sont conformes aux normes internationales. Le pays collabore avec toutes les instances internationales et avec les investisseurs aussi. On va devoir consolider ce qui a déjà été fait sur ce plan », a déclaré Seeruttun au journal mauricien Lexpress.

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