Zambie : la ministre des Finances limogée et remplacée par le vice-gouverneur de la banque centrale

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(Crédits : DR/LTA)
Sur fond de crise, le président Edgar Lungu limoge sa ministre des Finances, Margaret Mwanakatwe, et confie immédiatement ce département stratégique au vice-gouverneur de la banque centrale, Bwalya Ng'andu.

Elle n'aura fait qu'un an et cinq mois aux commandes du ministère des Finances. Margaret Mwanakatwe a été limogée sur décision du président Edgar Lungu et remplacée par le vice-gouverneur de la banque centrale, Dr Bwalya Ng'andu.

Banquière de carrière, elle a occupé de hautes fonctions, notamment chez Barclays et chez United Bank où elle chapeautait l'unité africaine couvrant une dizaine de pays d'Afrique australe, centrale, de l'Est et de l'Ouest. Entrée au gouvernement en février 2015 en prenant les rênes du ministère du Commerce et de l'industrie, son éviction ne présage pas son retour immédiat aux affaires.

Jusqu'ici, aucune communication officielle n'évoque les raisons de cette décision présidentielle. Cependant, Margaret Mwanakatwe était devenue impopulaire suite, entre autres, au projet de la nouvelle taxe prévue pour remplacer la TVA. Un projet farouchement critiqué par les miniers, dont le secteur constitue l'épine dorsale de l'économie nationale. Alors que son entrée en vigueur était prévue le 1er juillet, ladite taxe a été reportée au 1er septembre.

Bwalya Ng'andu, l'homme des situations complexes ?

Le nouveau ministre des Finances est connu pour occuper les postes à défis, comme en 2015, lorsqu'il est appelé par Edgar Lungu pour seconder le gouverneur de la banque centrale zambienne. A l'époque, l'économie zambienne entre dans la «zone de turbulence» financière, dont elle n'est toujours pas sortie et les experts s'accordent pour dire que le pays a besoin d'une bonne politique monétaire pour stimuler l'économie. Selon les attentes du président, Ng'andu avait pour mission de «appuyer le gouverneur et initier un dialogue constructif avec les banques commerciales afin de supprimer certaines échappatoires évitables qui induisent des sorties préjudiciables de nos maigres devises», selon la lettre d'appel aux fonctions de Lungu.

Dans les milieux d'affaires, sa nomination est plutôt bien perçue, les miniers évoquent même une nomination «bien méritée».

Sur le plan financier, la Zambie passe par une période inconfortable. Pire encore, ces dernières années, le niveau d'endettement du pays a atteint un niveau inquiétant. A fin 2018, cet indicateur affichait un montant global de 10 milliards de dollars, en hausse de 15% en glissement annuel. Le gouvernement tente depuis de prendre des mesures de résorption, comme la mise à l'arrêt de plusieurs projets et prêts en cours, ou faire switcher le libellé de la dette chinoise du dollar au yuan. Bwalya Ng'andu a donc du pain sur la planche. Osera-t-il mettre de côté la taxe-polémique ou ouvrir d'autres voies stratégiques de sortie de crise?

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