Après son accord avec le FMI, l’Angola met le cap sur les marchés financiers

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Afin d'accompagner l'assainissement du secteur bancaire et la rélance économique, la Banque centrale angolaise vient de rabaisser pour la deuxième fois consécutive, son taux directeur qui est désormais de 15,75%.
Afin d'accompagner l'assainissement du secteur bancaire et la rélance économique, la Banque centrale angolaise vient de rabaisser pour la deuxième fois consécutive, son taux directeur qui est désormais de 15,75%. (Crédits : Reuters)
Le gouvernement angolais prépare activement sa prochaine sortie sur les marchés financiers internationaux, une première depuis l’accord signé avec le FMI. Parallèlement, les autorités comptent lancer un programme triennal de privatisation afin d’accompagner la stratégie de relance économique promise par le président Lourenço.

L'Angola sera bientôt de retour sur les marchés financiers. C'est ce que vient d'annoncer la secrétaire d'Etat au Trésor, Vera Daves, qui dans une déclaration à Reuters, a confirmé que le pays va prochainement solliciter les marchés obligataires internationaux. Il s'agira de la première sortie du deuxième producteur de pétrole du continent, depuis qu'il a obtenu, en décembre dernier, un accord financier avec le FMI adossée à une enveloppe de 3,7 milliards de dollars.

Après plusieurs mois de négociations, le pays entend désormais accélérer la stratégie de relance économique lancée par le président João Lourenço, qui a dû jusque-là gérer une conjoncture difficile qui a été engendrée par la chute des cours du baril du pétrole, entamée en juin 2014. Le pays était d'ailleurs entrée en récession les deux dernières années avec une chute drastique de sa monnaie, le kwanza, de plus de 40% en 2018, une explosion de son endettement et des réserves de change qui ont chuté à 7,1 milliards en fin d'année.

Selon la secrétaire d'Etat au Trésor, les besoins en financement du pays sont de l'ordre de 3,5 milliards de kwanza soit quelques 11,32 milliards de dollars cette année, contre près de 5 000 milliards de kwanza dépensés en 2018. Les autorités comptent emprunter une partie de ce montant sur les marchés internationaux, et pour ce faire, comptent sur l'éclaircie de l'économie. En 2018, l'Angola a émis des obligations de 1,75 milliard de dollars sur 10 ans à un rendement de 8,25%, ce qui a été qualifié de succès au regard de l'état de la situation économique du pays.

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Privatisations en Angola

La date de la sortie de l'Angola n'a pas encore été précisée mais selon les explications de la secrétaire au Trésor, tout dépendra du moment opportun et donc de la confiance des investisseurs.

Par ailleurs, le gouvernement angolais a annoncé qu'il compte également lancer cette année, un programme triennal de privatisations de plusieurs entreprises publiques. Il s'agit notamment des entreprises des secteurs miniers, bancaires, pétrolières et des télécoms. Ces privatisations qui s'inscrivent dans le cadre des mesures qu'envisage le gouvernement pour assainir et relancer l'économie, ont été convenus avec le FMI afin notamment de réduire les déficits et surtout atténuer la baisse des réserves de change.

En 2018, la banque centrale angolaise a pris quelques mesures en mettant notamment fin à l'ancrage du kwanza au dollar, sans que cela ne fasse beaucoup d'effets. D'autres mesures d'envergure sont annoncés pour accompagner le programme qui vise à réduire la dépendance du pays à l'or noir qui constitue près de 90% des exportations du pays. La banque centrale vient d'ailleurs de réduire une deuxième fois consécutive son principal taux directeur qui est désormais de 15,75%, en raison d'une baisse de l'inflation avait reculé et d'une contraction de la base monétaire.

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Avec un baril de pétrole estimé cette année sous la barre des 70 dollars, le pays aura du mal à atteindre ses objectifs de relance économique même si le gouvernement table sur une croissance de 2,8% cette année. Des mesures de compressions budgétaires sont également prévues en cours d'année, bien que le gouvernement a assuré que les dépenses consacrées à l'éducation et à la santé, ainsi que les principaux projets d'infrastructure, ne seront pas affecté par la cure d'austérité.

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