Investissement : de la quantité en attendant la qualité

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(Crédits : McKinsey Global Institute)
La structure de la demande des entreprises africaines serait en mutation selon McKinsey. Pourtant, dans le détail de l'analyse du cabinet, dans son rapport 'Lions on the move II', cette mutation n'irait pas dans le sens d'une montée en gamme au profit du développement.

Côté opportunités de développement, les yeux du monde entier sont braqués vers l'Afrique. Chaque sommet international sur le développement ne manque en effet pas de marteler l'immense « potentiel business » que recèle le continent, et de ressasser l'incommensurable retard d'équipement et d'industrialisation à combler. Certes, il va sans dire que les deux affirmations sont intimement corrélées, et qu'une telle dynamique est, au final, tout aussi vertueuse pour les uns que rentable pour les autres. Seulement voilà, hormis les aides de développement injectées par l'« occident » et les politiques d'industrialisations qui émergent dans certains pays (tout en restant isolées à l'échelle continentale du point de vue de la mise en œuvre), l'investissement privé joue un rôle d'apparence minime dans la résorption du retard accumulé. C'est en tout cas l'un des points clés qui ressortent de l'analyse de McKinsey Global Institute (MGI) dans son rapport « Lions on the move II : realizing the potential of Africa's economies ».

16 % pour tout construire !

En effet, si les dépenses totales des entreprises africaines ont dépassé les 2,5 trillions de dollars en 2015, selon la compilation du MGI, seuls 16 % de cet alléchant pactole sont destinés à l'investissement en biens d'équipement, dont 45% pour les entreprises industrielles. En revanche, 55% des 2.560 milliards de dollars de dépenses consenties par les entreprises en 2015 sont allées à la consommation d'intrants, alors que les 29 % restants sont destinés à la consommation de services. Du coup, malgré le titre affiché par McKinsey dans son rapport avançant que « la structure de la demande des entreprises est en mutation », il semble bien que cette mutation tarde à s'opérer, surtout que le cabinet ne livre pas le détail de cette évolution à l'horizon de l'étude (2025) du point de vue des dépenses d'investissement.

Le ciment, un bien d'équipement ?

Graph Mckinsey invest 2 (intérieur)

Un peu plus loin dans son analyse, dans la catégorie « dépense en biens d'investissement », le cabinet se limite à la « machinerie », à « l'automobile et composants associés », aux « composants électroniques et télécoms » et au... « ciment » ! Cette déclinaison soulève deux interrogations capitales, l'une sur la forme et l'autre sur le fonds. Sur la forme, comment considérer le ciment en tant que « bien d'équipement » alors que c'est le premier intrant du BTP, l'un des secteurs les plus actifs sur le continent ? Sur le fonds, selon l'analyse du même McKinsey, seule la catégorie « machinerie » connaîtra lors de la période 2015-2025 une croissance supérieure à celle enregistrée sur la période 2005-2015 ! Bref, il semble que les opportunités d'investissement en Afrique relèvent encore pour un temps du champ de l'aide au développement.

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