South African Airways améliorera-t-elle ses performances en taillant dans ses effectifs ?

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Le plan de licenciement préparé par le management de South African Airways vise quelque 118 salariés d'Air Chefs, la branche Restauration de la compagnie.
Le plan de licenciement préparé par le management de South African Airways vise quelque 118 salariés d'Air Chefs, la branche Restauration de la compagnie. (Crédits : Reuters)
Redressement oblige, South African Airways est en train de mettre en place une stratégie visant à restaurer sa rentabilité et sa compétitivité. Parmi ses priorités, ses effectifs. La compagnie aérienne sud-africaine prépare une centaine de licenciements. De quoi s'interroger sur les raisons réelles derrière les contre-performances de la SAA.

L'information a été révélée dimanche soir dans un communiqué de l'Union nationale des métallurgistes d'Afrique du Sud (NUMSA). South African Airways (SAA) prévoit 118 licenciements dans le cadre de sa stratégie de redressement. Selon la même source, ces licenciements devraient concerner la branche restauration de la compagnie aérienne qui emploie au total 1 200 personnes.

La NNUMSA,le plus puissant syndicat du pays qui dit avoir reçu une notification à propos de ces licenciements entend s'y opposer. «La NUMSA exige que toute discussion concernant les licenciements ait lieu au sein du groupe SAA qui est la société mère. Nos membres exigent que toute restructuration se fasse au niveau du groupe et ne soit pas décentralisée», a déclaré l'union syndicale dans son communiqué.

Six ans de pertes

En crise depuis le début des années 2010, South African Airways enregistre chaque année un déficit depuis 2012. Au cours de l'exercice 2016-2017, les pertes enregistrées par la compagnie ont triplé à 5,4 milliards de rands -438 millions de dollars-, contre 1,48 milliard au cours de l'exercice 2015-2016. Une contre-performance attribuée à une combinaison de facteurs, dont la dépréciation du rand vis-à-vis des devises étrangères, ou l'«environnement fortement concurrentiel» sur les marchés nationaux et internationaux.

Récemment, le groupe a été soumis à un audit de fond réalisé par l'Auditeur général (AG) d'Afrique du Sud, Kimi Makwetu. «Six années consécutives de pertes d'exploitation ont encore érodé la base de capital et cela continue d'avoir un impact sur la capacité de l'entité à opérer dans un environnement hautement concurrentiel et exigeant», a fait remarqué ce dernier, encourageant le management de la firme à prendre les mesures qui s'impose pour redresser ce fleuron de l'aérien sud-africain.

Un CEO décidé

Et c'est exactement ce que s'attelle à faire Vuyani Jarana, CEO, en poste depuis novembre 2017. Dès sa prise de fonction -après avoir identifié son principal défi qui est de reconstruire et blinder les bases financières de la compagnie sans avoir à recourir à un nouveau plan de sauvetage du gouvernement- il a défini une stratégie dont la mise en œuvre est officiellement lancée depuis mars.

«Nous avons décidé de nous concentrer sur les secteurs de notre activité qui améliorent notre efficacité, apporteront plus de valeur à nos clients et amélioreront la performance globale de la compagnie aérienne», expliquait-il à l'époque.

Dans une interview accordée à la même période à Air Transport World, le CEO de SAA évoque même des «décisions difficiles» en vue. Et il est clair que le licenciement en est une, surtout que cela devrait poser la question de l'indemnisation pour les salariés concernés. La NNUMSA espère pouvoir rencontrer le management de SAA avant la fin de cette semaine pour en discuter.

De son côté, le management de South Africain Airways n'a toujours pas réagi à  ce propos, officiellement en tout cas. Mais Vuyani Jarani, interrogé par CNN la semaine dernière, refuse de parler de crise. Pour lui, la stratégie actuellement déployée pas à pas par son équipe ouvre une porte de sortie. A ce stade, «nous avons des preuves d'exécution. Il faut regarder à l'exécution plus qu'à la stratégie définie», argue ce patron qui, après avoir fait appel à l'investissement public pour financer sa stratégie, a de nouveau reçu du gouvernement 5 milliards de rands, soit 407 millions de dollars.

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