Bolloré Logistics lance une série d’extensions dans «ses» terminaux africains

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(Crédits : Reuters)
Bolloré Logistics enchaîne les projets d’extension de terminaux à conteneurs dans les unités portuaires africaine où le groupe est présent. Des chantiers que l’opérateur mène seul ou en partenariat avec des groupes comme Maersk et China Harbour Engineering Company. Parallèlement, le patron du groupe, Vincent Bolloré doit faire face à une instruction judiciaire en France concernant ses mêmes activités portuaires en Guinée et au Togo.

L'opérateur portuaire français, Bolloré Logistics s'apprête à lancer l'extension de plusieurs terminaux qu'il gère à travers le continent. En tout, ce sont des milliards d'euros d'investissements qui seront dirigés vers l'amélioration de ports ouest-africains. L'effort financier devrait être réparti entre les gouvernements et les entreprises selon le management du groupe, de manière à fournir une capacité suffisante pour que les ports puissent faire face à l'évolution du trafic maritime lors des 10 prochaines années.

Extension des ports de Tema, Abidjan et Freetown

Le groupe travaille ainsi en collaboration avec ses partenaires sur l'agrandissement du port ghanéen de Tema, qui nécessitera une enveloppe d'un milliard de dollars. Le management de l'entreprise s'est également réjoui des investissements consentis par les pays de la région dans leurs installations portuaires pour faire face à l'augmentation du trafic dans la zone ou encore pour permettre l'accostage de plus gros navires cargos. En plus du Ghana, les ports de Côte d'Ivoire, de Sierra Leone et du Cameroun où opère Bolloré devrait également connaitre des travaux d'agrandissement.

Un investissement de 494 millions de dollars sera ainsi consenti par Maersk APM Terminals (partenaire de Bolloré Logistics), pour la mise en place d'un deuxième terminal à conteneur dans le port d'Abidjan. Ce chantier sera soutenu par la China Harbour Engineering Company (CHEC) et devrait être livré à la mi-2020. En Sierra Leone, l'opérateur français est en passe de finaliser une extension de son terminal à conteneurs dans le port de Freetown en septembre prochain, alors que la fin des travaux du port de Tema est prévue pour la mi-2019.

Mutualisation de l'effort budgétaire

Ces chantiers devraient mobiliser la plus grande partie des investissements programmée par le groupe Bolloré en Afrique pour les 3 prochaines années. L'entreprise revendique près de 3 milliards d'euros d'investissements consentis au niveau du continent lors de la dernière décennie, y compris dans les transports ferroviaires. Fort d'une situation de quasi-monopole tant en Afrique de l'Ouest qu'en Afrique Centrale, Bolloré Logistics détient des concessions pour exploiter des terminaux à conteneurs dans 15 pays, notamment dans la Guinée, le Togo et le Nigeria.

Le groupe gère également de 25 ports secs, y compris dans des pays enclavés comme le Burkina Faso et le Tchad. L'entreprise revendique par ailleurs, une part de marché continentale de 13% et vient d'ajouter à son portefeuille, le port en eau profonde de Kribi au Cameroun construit par CHEC, financé en grande partie par l'Eximbank chinoise et qui a été livré il y'a moins d'un mois. Géré en partie par le groupe Bolloré, le port de Kribi devrait déjà accueillir un projet d'extension.

Bolloré dans la mire de la justice française

Pendant ce temps, le patron du groupe, Vincent Bolloré, devrait bientôt être entendu par la justice française pour des soupçons d'obtention de contrats d'exploitation portuaire africain de manière frauduleuse. Révélée par l'hebdomadaire français, Challenges, cette instruction judiciaire viendrait suite à des accusations de financement de campagnes électorales contre contrat d'exploitation.

Des manœuvres qui auraient été confiées au cabinet Havas (également détenu par Bolloré) qui conseillait les présidents Alpha Condé en Guinée Conakry et Faure Gnassimbé au Togo et qui aurait notamment débouché sur la controversée expulsion de Necotrans du port de Conakry pour être confié au groupe Bolloré. Affaire à suivre...

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