La corruption alourdit la facture des transporteurs du corridor Douala-N'djamena

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Entre le Cameroun et le Tchad, quelque 78 000 camions empruntent de manière fréquente le corridor Douala-Ndjamena.
Entre le Cameroun et le Tchad, quelque 78 000 camions empruntent de manière fréquente le corridor Douala-Ndjamena. (Crédits : Reuters)
Les syndicats des transporteurs empruntant le corridor Douala-N'djamena viennent de rendre public un rapport dénonçant les «faux frais» et les «motivations» versés systématiquement aux agents des 120 postes de contrôle érigés par la police, la gendarmerie, la douane et les agents de cet axe routier reliant le Cameroun au Tchad. Le montant des pots-de-vin versés annuellement atteindrait aujourd'hui pas moins de 175 milliards de Fcfa.

Le corridor Douala-N'djamena entre le Cameroun et le Tchad est un axe routier où la corruption et le rançonnement sont devenus quasiment institués par les différents agents des points de contrôle. Selon un rapport rendu public ce lundi par les syndicats des transports et portant sur l'ampleur de la corruption dans le secteur, les 78 000 camions qui empruntent le corridor Douala-Ndjamena, desservant la capitale tchadienne, à partir du port situé dans la capitale économique camerounaise, versent systématiquement des pots-de-vin aux agents des 120 postes de contrôle érigés par la police, la gendarmerie, la douane et les agents de la prévention routière.

D'après ce document qui devrait être remis aux autorités camerounaises, tous les camionneurs doivent «automatiquement» verser une «motivation» allant de 1 000 à 5 000 Fcfa à chaque poste de contrôle. Les syndicats révèlent que les camionneurs versent entre 1 000 et 2 000 Fcfa à chaque poste de contrôle de la police et de la gendarmerie, alors que les agents de la prévention routière perçoivent 1 000 Fcfa par camion. Quant aux agents de la douane, ils se montrent plus exigeants en demandant au minimum 5 000 Fcfa par camion contrôlé.

Un montant de 187 000 Fcfa pour chaque camion

La presse locale camerounaise rapporte pour sa part que le budget des «frais de passage» sur le corridor atteindrait 187 000 Fcfa pour chaque camionneur. «Le phénomène étant connu de tous, les patrons des camions remettent cet argent au chauffeur avant chaque voyage», commente une source locale.

Ainsi, si chaque camion effectue un seul voyage par mois sur le corridor, ces frais s'élèveraient à 2,2 millions de francs CFA dans le coût d'exploitation annuel. Par rapport au nombre des camions en activité entre le port de Douala, la partie septentrionale du Cameroun et la capitale tchadienne (78 000 selon les sources syndicales), le montant total des sommes versées s'élèverait à 175 milliards Fcfa par an, soit un peu plus de la moitié de la valeur des marchandises tchadiennes transportées chaque année sur ce corridor; une valeur estimée par les services de la douane camerounaise à 340 milliards de francs CFA.

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Commentaires
a écrit le 16/02/2018 à 9:22 :
L'article a le mérite de décrire ce que tout le monde sait.... la corruption quotidienne des agents administratifs police gendarmerie, bir, est un véritable fléau.... une marchandise achetée 100 en chine coute 800 à Ndjamena.
Mais c'est restreint au seul axe Douala-ndjamena sans compter les douaniers du port et les douaniers sur le pont frontalier de kousseri....et les autres route vers le Nigeria, la rdc.
Le racket permanent sur les bus de voyageurs par toute une série de rapaces en uniformes, jusque à aller dépouiller les voyageurs sont des scènes quotidiennes au Cameroun
La corruption et la cupidité des fonctionnaires est le mal profond de l'Afrique, les programmes gouvernementaux sous-estiment l'ampleur du phénomène. La fin des mannes pétrolières et autres matière premières n'a pas enraillé leur voracité.. cela finira mal.

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