Ferroviaire : en attendant la boucle ouest africaine, Bolloré réhabilite la ligne Abidjan-Ouagadougou

 |   |  692  mots
La Sitarail qui gère la ligne Abidjan-Ouaga fait partie avec la Camrail et Benirail des trois concessions africaines de Bolloré Railways, filiale du groupe français spécialisée dans le développement et l’exploitation des lignes de chemin de fer.
La Sitarail qui gère la ligne Abidjan-Ouaga fait partie avec la Camrail et Benirail des trois concessions africaines de Bolloré Railways, filiale du groupe français spécialisée dans le développement et l’exploitation des lignes de chemin de fer. (Crédits : Bolloré)
Les travaux de réhabilitation de la voie ferroviaire Abidjan-Ouaga-Kaya ont été enfin lancés ce lundi 4 décembre. C’est le groupe français à travers sa filiale spécialisés dans les chemins de fer qui se charge du financement des travaux pour une enveloppe de 260 milliards de Fcfa sur les deux phases du processus qui s’étalera sur huit ans. Longue de 1.260 kilomètres, cette ligne qui relie la Côte d’Ivoire et le Burkina devait initialement s’intégrer au projet de boucle ferroviaire ouest-africaine avec une jonction au Niger et au Bénin. Un ambitieux projet en stand-by pour le moment en raison d’un contentieux dans le pays de Patrice Talon.

Cette fois, c'est le bon départ ! Le ministre ivoirien des transports Amadou Koné et son homologue burkinabé Souleymana Soulama ont procédé hier lundi à Abidjan, au lancement des travaux de réhabilitation et de modernisation de la ligne ferroviaire qui va relier Ouagadougou et Kaya dans le Burkina Faso. D'un coût d 396 millions d'euros soit quelques 260 milliards Fcfa selon le président de Bolloré Railways, Eric Melet, les travaux qui devaient démarrer depuis 2015 vont s'étaler sur près de huit années pour une ligne d'une longueur totale de 1.260 kilomètres.

Ils seront exécuté en deux phases dont la première pour la période 2018 à 2021 va consister en la rénovation du réseau ferroviaire à hauteur de 85 milliards Fcfa alors que 70 milliards Fcfa seront réservés pour l'acquisition ainsi et la modernisation des équipements notamment les locomotives et wagons. Selon les détails du projet, le programme de modernisation va porter sur le renouvellement complet de 853 kilomètres de voie ainsi que la réhabilitation d'une cinquantaine d'ouvrages d'art et de 31 gares ainsi que celle de plusieurs ateliers de maintenance. Deux nouvelles rames de voyageurs ainsi qu'une locomotive neuve seront également mises à la disposition de la Société internationale de transport africain par rail (Sitarail).

La Sitarail est détenue à hauteur de 67% par le groupe Bolloré alors que le Burkina et la Cote d'Ivoire se partagent à part égales 30% du tour de table et le reste, alors que 3% sont détenus par le personnel de la filiale locale du groupe Bolloré.

« Les investissements pour ces travaux s'élèvent à un montant global de 396 millions d'euros, soit 260 milliards de francs CFA entièrement à la charge du concessionnaire qui est désormais le groupe Bolloré » a fait savoir à cette occasion le ministre Amadou Koné.

De son coté, le ministre Souleymane Soulama s'est réjoui du fait qu'avec cette réhabilitation désormais engagée, « le train qui roule à 40 km à l'heure, ne sera plus qu'un vieux souvenir ».

En attendant la boucle ferroviaire, un coup de pouce à l'intégration

Le chemin de fer Abidjan-Ouagadougou-Kaya justifie de 113 ans d'existence et constitue un vrai canal d'échanges entre les deux pays d'autant que le Burkina est un pays enclavé. Malgré le vieillissement des infrastructures, elles continuent d'assurer une grande partie du trafic passagers et de marchandises entre les pays.

« A l'issue des travaux, la Sitarail pourra transporter chaque année cinq millions de tonnes dont deux millions de marchandises générales et trois millions de minerais, ainsi que 800.000 voyageurs ». Eric Melet, PDG de Bolloré Railways.

Il y a plusieurs années que les autorités des deux pays envisageaient de réhabiliter la ligne et de l'étendre au Niger, autre pays enclavé, ainsi qu'au Bénin dans le cadre du vaste projet de « boucle ferroviaire ouest africaine ». Après avoir réalisé près de 120 kilomètres au Niger, le projet a dû être suspendu depuis presque deux années dans l'autre partie de la boucle notamment au pays de Patrice Talon, le Bénin, en raison notamment d'un contentieux entre Bolloré Africa Logistics et Africarail de l'homme d'affaires Samuel Dossou. Ce qui n'a pas empêché, la Côte d'Ivoire et le Burkina de s'engager pour la réhabilitation de la ligne pour laquelle plusieurs investisseurs se sont manifestés avant que le groupe Bolloré ne s'adjuge le marché.

Par ailleurs, ces travaux de modernisation participeront à la croissance de projets miniers notamment. Dernièrement, lors de la rencontre au sommet entre les deux pays dans le cadre des projets inscrits au titre du traité d'amitié entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, les présidents Alassane Dramane Ouattara et Roch Marc Christian Kaboré ont annoncé le démarrage effectif des travaux afin de renforcer l'intégration régionale. En plus du transport des voyageurs et des marchandises, la ligne va également servir au transport des minerais de manganèse en provenance de la mine de Tambao, dans le Nord du Burkina Faso. Autant dire des emplois à la clé ainsi que la dynamisation de plusieurs secteurs économiques, ce qui ne manquera pas de contribuer à la croissance des deux pays.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/12/2017 à 21:01 :
Après un premier lancement officiel des travaux de réhabilitation de la voie ferrée Abidjan-Ouagadougou-Kaya en 2015 ; Il semble cette fois-ci soit la bonne et il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser !!
Bolloré Railways a exploité ce chemin de fer binational pendant de nombreuses années, sans rien verser aux États !!
Ce groupe français a t-il besoin de 8 ans pour réhabiliter ce chemin de fer !?
On a l’impression qu’il s’agit d’un cautère sur une jambe de bois !!
En effet, il est uniquement question de la réhabilitation des 1260 km de la vieille voie ferrée, datant de la colonisation et nulle part il n’est question de passer de la voie métrique à la voie normale, comme tous les trains modernes dans le monde.
Pour ce qui concerne le prolongement de la ligne ; c’est à dire, la construction du tronçon Kaya Dori Tambao, le groupe Bolloré reste tres évasif sur la question.
Quant à la bretelle Dori Téra Niamey, Bolloré Railways n’en parle même plus ; la construction de cette ligne importante pour le Niger, semble avoir été renvoyée aux calendes grecques !!
Ah ces français ; toujours en retard d’un train par rapport à leurs concurrents chinois !!
Réponse de le 06/12/2017 à 12:10 :
Bolloré n'a pas de competences de constructeur est en mode "super low cost" sur son business ferroviaire. Il fera une rehabilitation ultra-minimaliste avec les moyens du bord sur une ligne use jusqu'à la corde. Les Etats africains doivent refuser cette rehabilitation au rabais et faire preuve d'ambition et de vision, comme les éthiopiens et les djiboutiens, qui sur financement chinois on construit en 4 ans une ligne moderne à écartement standard électrifiée qui av révolutionner les échanges entre ces deux pays. Le désenclavement du Sahel passé par là, pas par Bolloré.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :