Jean-Pierre Duhamel, l'entrepreneur normand qui crée des usines en Afrique [Article partenaire]

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(Crédits : DR)
Jean-Pierre Duhamel ne livre pas des usines clés en mains mais « produit en mains » comme il aime à le préciser. PDG de SIA il démontre depuis 2004 que le marché africain est porteur.

Le 3 octobre 2018, Jean-Pierre Duhamel était à Bamako (Mali). Et pas pour un séjour touristique. Retraité d'un grand groupe international coté à la Bourse de Londres depuis 2004, il a recréé aussitôt une société, SIA, avec son fils.

Basée à Louviers, SIA est spécialisée dans la conception et la construction d'usines de transformation des produits alimentaires. Quand, pendant 38 ans, vous avez monté de toutes pièces à travers le monde des usines pour Danone, Yoplait, Nestlé, Unilever et tous les géants de l'agroalimentaire, vous possédez un savoir-faire incomparable.
Et c'est à l'Afrique de l'Ouest que Jean-Pierre Duhamel a décidé de s'intéresser il y a maintenant quatorze ans.

« Ce ne sont pas les quatre ou cinq usines qu'il y a à construire en Afrique qui va intéresser les multinationales. Elles préfèrent s'intéresser à l'Asie où il y a des centaines d'usines à faire sortir de terre. » Jean-Pierre Duhamel ne livre pas des usines clés en mains mais « produit en mains » comme il aime à le préciser. « Nos clients africains ne sont pas des industriels. Ils ont besoin qu'on leur crée à la fois une usine et un process de production du produit qu'ils souhaitent transformer. » De l'huile se transforme en margarine, le lait en yaourt, l'ananas en jus de fruit... Le client de SIA veut récupérer en bout de ligne des produits finis prêts à être empaquetés et à partir par camion pour approvisionner les distributeurs.

Il faut transformer les produits sur place

Après l'Afrique de l'Ouest, naturellement attirée par la France, SIA a conquis l'Angola, le deuxième pays producteur de pétrole en Afrique derrière le Nigeria. « Nous avons créé une première usine de production de margarine. L'huile est importée d'Asie ou produite sur place. Les Africains sont très bons sur le plan de la distribution. C'est la transformation sur place qu'il faut développer. Il faut avoir un chiffre en tête : 40 % des produits récoltés en Afrique pourrissent au bout du champ faute de pouvoir être transformés sur place. »

Jean-Pierre Duhamel, qui a installé son bureau d'études à Louviers, s'est entouré aussi de deux ingénieurs qui mettent au point des recettes adaptées aux goûts locaux. Depuis 2004, SIA a installé une quinzaine d'usines en d'Afrique. Un site de production de lait concentré sucré et de lait UHT devrait ouvrir ses portes entre juin et septembre 2019. « Il s'écoule environ dix-huit mois entre la validation du projet et la mise en service de l'usine », précise Jean-Pierre Duhamel qui ne voudrait pas laisser croire que c'est «facile» de réussir en Afrique. Beaucoup de pays sont encore classés en «zone rouge» par le Quai d'Orsay. « Cela dissuade les DRH des grands groupes d'envoyer des collaborateurs sur place ». Les flux financiers entre l'Afrique et la France sont scrutés de très près. « En août dernier, un versement de 1,2 M€ est resté bloqué pendant trois-quatre semaines car ma banque le trouvait suspect. En Angola, les virements à l'étranger sont limités à 25 000 €. Mon client avait fait 48 virements ».

Le genre d'anecdotes qui peuvent encore faire reculer des chefs d'entreprise français. «L'Afrique n'est pas à la portée de tout le monde. Si je n'avais pas eu 38 ans d'expérience dans un grand groupe où j'ai appris tous les procédés de transformation des fruits, du lait, de l'huile... Je pense que je n'aurais pas pu réussir. » C'est avec beaucoup d'humilité que Jean-Pierre Duhamel parle de la « success story » africaine de SIA.

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