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Gazoduc Maroc-Nigéria : l'intégration économique à l'épreuve du secteur énergétique

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Dirigeants, institutions et patrons sont tous unanimes quant à la nécessité d’avoir des champions du Sud à même d’assurer l’intégration économique tant convoitée. Le projet du Gazoduc Maroc-Nigéria s’érige, d’emblée, comme un exemple prometteur pour la réalisation d'un marché régional intégré de l'énergie

Les organisations panafricaines et les groupements d'intérêts économiques sont légions sur le continent. Mais pour l'instant, ils se révèlent peu efficaces quand il s'agit d'opérer une meilleure intégration régionale et encore moins, une émergence d'une véritable coopération entre champions du Sud. Un constat qui se vérifie également pour les échanges commerciaux. En 2013, seuls 12 % des exportations africaines étaient dirigées vers d'autres pays africains. Autant dire que l'Afrique demeure un continent cloisonné. Il faut, d'ailleurs, souligner à ce stade qu'une meilleure intégration régionale donne lieu à une véritable stabilité économique du continent. L'Asie du Sud-Est en est un bon exemple. La coopération entre les pays de cette région depuis plusieurs dizaines d'années leur assure une véritable sécurité économique tout en ayant un réel impact sur l'économie mondiale et une importante force de frappe.

Un modèle énergétique

Dans l'industrie également, les exemples de coopération Sud-Sud sont également peu nombreux. Le projet du Gazoduc qui reliera le Maroc et le Nigeria en desservant toute la côte ouest-africaine ressort ainsi comme un exemple de l'émergence la coopération Sud-Sud. L'accord portant sur le gazoduc signé en mai dernier par les deux pays se révèle ainsi comme un pas de géant dans le domaine du partenariat économique panafricain. Ce projet avait, d'ailleurs, été annoncé il y a 3 mois comme un outil privilégié d'intégration et un instrument de développement régional. D'une longueur totale estimée à quelque 5.000 kilomètres, la prochaine infrastructure devrait prolonger le «West African Gas Pipeline» qui, relie depuis 2010 déjà le Nigéria au Ghana en passant par le Bénin et le Togo. Selon les premières estimations, il devrait nécessiter un investissement  de 10 milliards de dollars. Et si l'option sous-marine est retenue à la suite de la fin des études de faisabilité, la facture devrait ressortir à 20 milliards de dollars.

Une coopération sans faille

Le financement de ce projet sera porté par les deux fonds souverains des deux pays partenaires. Il s'agit du marocain Ithmar Capital et la Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA). Pour rappel, le Maroc a déjà fait appel à des fonds arabes pour accompagner la réalisation de ce gigantesque et ambitieux projet qui, à terme, concernera un marché sous-régional ouest-africain de plus de 300 millions d'habitants. Le gazoduc permettra, par ailleurs, l'accélération des projets d'électrification dans toute la région de l'Afrique de l'Ouest, servant ainsi de base pour la création d'un marché régional compétitif de l'électricité. Le projet permettra ainsi une meilleure coopération intrarégionale.

Pour assurer le bon déroulement du gazoduc, une convention a été également signée entre la compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC) et l'Office national marocain des hydrocarbures et des mines (ONHYM). Elle porte sur les modalités de gouvernance du projet du gazoduc Nigéria-Maroc, le planning des études de faisabilité et d'ingénierie, ainsi que les droits et obligations des parties à ce partenariat gagnant-gagnant. Il faut savoir que la première phase technique nécessite une durée de 24 mois pour étudier toutes les questions juridiques et économiques en lien avec le projet. Les officiels affirment que le démarrage de la construction devrait avoir lieu fin 2018 ! Une bonne nouvelle pour le continent. Et ce n'est que le début.

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Commentaires
a écrit le 27/08/2017 à 5:29 :
Toute vérité n'étant pas bonne à dire..., alors on censure.

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