Startups : Tapera, une seconde vie pour les huiles alimentaires

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(Crédits : Pixabay)
Rouler avec des huiles alimentaires recyclées, c'est possible ! C'est en tout cas le message que Tapera Industries cherche à faire passer. Cette start-up zambienne produit avec succès du biocarburant, ainsi que des savons, issus de déchets oléagineux transformés en matière première. Elle promeut en parallèle l'exploitation de l'huile de jatropha, encore trop peu développée.

L'idée peut sembler saugrenue : faire le plein avec un biocarburant produit à partir d'huiles alimentaires recyclées. C'est pourtant le pari de Tapera Industries Ltd, une entreprise 100% zambienne qui s'est spécialisée dans la recherche sur l'utilisation d'huiles végétales pour la fabrication de ces diesels du futur. Fondée en 2009, la start-up a dans un premier temps pris la forme d'un projet-pilote visant à déterminer la faisabilité d'un tel business. Les huiles sont collectées auprès des hôtels et des restaurants, mais aussi des grossistes qui ne savent que faire de leurs stocks d'huiles alimentaires périmées. Celles-ci, qui étaient jusqu'à présent détruites voire rejetées dans la nature sans autre forme de traitement, trouvent ainsi une seconde vie. Rien ne se perd, tout se transforme. En un an à peine, Tapera Industries est passée de quelques camions approvisionnés en biocarburant à plusieurs dizaines de véhicules. Moins de dix ans après sa création, plus de 300 000 litres de biodiesel ont déjà été produits à partir d'huiles alimentaires usagées. Un carburant alternatif et durable, qui s'est même révélé moins cher que le gasoil classique.

Du biodiesel au savon

En parallèle, Tapera Industries a décidé de se diversifier en se lançant dans la fabrication de savons naturels. Son procédé consiste à convertir les huiles végétales en savon et en glycérine, ce qui permet d'obtenir des produits tout aussi efficaces, mais plus faciles à rincer que leurs équivalents chimiques. Membre de la Zambia renewable energy alliance (Zarena), Tapera Industries a d'ores et déjà reçu l'agrément pour la commercialisation de plusieurs de ses créations. Des savons et des shampoings testés dermatologiquement, afin d'éliminer tout risque pour les usagers. Ainsi, le savon Tapa est produit mis au point artisanalement à partir d'un mélange d'huiles végétales, selon une recette que Tapera Industries garde bien entendu secrète. Ce savon est adapté à tous types de peaux, et permet notamment de soigner différents problèmes tels que l'acné, l'eczéma, ou les points noirs. Il est également parfaitement adapté pour la lessive. Le shampoing Tapa Chinkondia est lui aussi fabriqué à partir d'huiles végétales, et garanti sans produit chimique. Afin de préserver le savoir-faire, Tapera travaille en direct avec des fermiers zambiens, qui trouvent ainsi de nouveaux débouchés pour leur production.

Valoriser le jatropha

En plein développement, Tapera Industries veut aller encore plus loin. Elle cherche notamment de nouvelles matières premières, dont l'exploitation durable permettrait de remplacer définitivement les productions chimiques. Toute l'attention se porte aujourd'hui sur le jatropha, un arbuste originaire d'Amérique centrale, mais qui s'est largement répandu en Afrique. « A partir de ses graines, il est possible de produire des savons et des biocarburants, tandis que la biomasse résiduelle est une source bon marché de protéines pour le bétail », explique l'entreprise.

Encore mal maîtrisée, la culture du jatropha n'assure pas, pour l'instant, une production ni des rendements stables. C'est ce que veux changer Tapera Industries. « Nous sommes convaincus que nous pouvons fournir une énergie renouvelable et des produits de qualité, qui participeront au développement industriel de la Zambie ».

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