Energies : le Burkina Faso gagné par la fièvre du solaire

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En novembre dernier, le Burkina Faso inaugurait la centrale solaire de Zagtouli, la plus grande infrastructure du genre en Afrique de l'Ouest, avec une capacité de production de 33 mégawatts.
En novembre dernier, le Burkina Faso inaugurait la centrale solaire de Zagtouli, la plus grande infrastructure du genre en Afrique de l'Ouest, avec une capacité de production de 33 mégawatts. (Crédits : Reuters)
Le Burkina Faso entend désormais développer davantage le secteur des énergies renouvelables, après avoir projeté de porter à 30% la part du solaire dans son mix énergétique.

Le Burkina Faso est décidé à profiter davantage du potentiel solaire dont jouit le pays. De retour de New Delhi où il a pris part ce 11 mars au premier Sommet fondateur de l'Alliance solaire internationale (ASI), le chef de l'Etat, Roch Marc Christian Kaboré, a annoncé que son pays mettra les bouchées doubles afin que l'énergie solaire représente 30% de l'énergie utilisée dans le pays. «Nous avons été un des premiers membres fondateurs de cette alliance, pour réaffirmer le choix que nous avons opéré de transformer et de faire en sorte que l'énergie solaire puisse représenter environ 30% de l'énergie utilisée dans notre pays», a déclaré Roche Kaboré via un communiqué de la présidence burkinabè.

Pour atteindre cet objectif, le dirigeant africain mise surtout sur les investissements notamment étrangers D'ailleurs, lors de son séjour en Inde, le président Kaboré a eu des échanges très «prometteurs» avec de grands chefs d'entreprises indiens intéressés par des investissements autant dans le solaire que dans les infrastructures et l'agriculture.

«Nous devons promouvoir une énergie alternative saine et durable en tirant les bénéfices d'une ressource incommensurable : le soleil », a exhorté le chef de l'Etat burkinabé ajoutant que ce sommet «inaugure notre alliance et fonde l'espoir qu'il consacrera la place de choix que nous devons accorder à l'énergie solaire dans les paradigmes du développement au XXIe siècle».

Insuffisance énergétique et enjeux économiques

Malgré le fait qu'il dispose de la plus grande centrale photovoltaïque de la sous-région, avec une capacité de production annuelle de 56 gigawatts/heure (6% de la consommation du réseau national interconnecté), le Burkina Faso fait face à une insuffisance énergétique grave. La Société nationale d'électricité (SONABEL) connaît en effet un déficit de capacité de production de 50 mégawatts et les populations doivent vivre des dommages de délestages fréquents. Le secteur de l'électricité au Burkina est confronté à un «déséquilibre persistant entre l'offre de l'énergie et une demande de plus en plus forte dont le taux de croissance annuel est d'environ 13% », indique-t-on du côté du gouvernement.

Pour remédier à cette situation, le pays compte notamment sur le Ghana voisin. Dans ce sens, le président Kaboré a annoncé avoir discuté avec Nana Akufo-Addo, son homologue ghanéen, en marge du sommet de l'ASI. Ce dernier, «après une longue discussion, s'est engagé à tout mettre en œuvre pour que d'ici la mi-avril, cette interconnexion de 50 mégawatts puisse être opérationnelle», rapporte Kaboré dans le communiqué de la présidence.

Avec des conséquences dévastatrices sur l'économie, l'insuffisance énergétique freine l'évolution du pays. Pour le président burkinabé, l'énergie solaire est l'une des clés de la pour transformation économique du Burkina :

«Nous avons dit que si au niveau de l'ASI, nous mettons ensemble nos moyens financiers et nos intelligences, nous pourrons faire en sorte que le secteur soit un véritable vecteur de transformation économique et social de notre pays tout en luttant contre les changements climatiques qui sont aujourd'hui un fléau important au niveau mondial dont les répercussions se sentent au niveau national».

Une conviction qu'il avait d'ailleurs déjà partagée avec ses followers sur Twitter : «Je reste convaincu que l'énergie solaire est la solution pour parvenir à un marché transformateur de nos économies. A condition que les projets soient adaptés aux besoins de nos pays ».

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