Un champ gazier géant réconcilie le Sénégal et la Mauritanie

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Le président sénégalais Macky Sall a été reçu par son homologue Mohammed Ould Abdel Aziz, le 8 février à l'aéroport de la capitale mauritanienne Nouakchott.
Le président sénégalais Macky Sall a été reçu par son homologue Mohammed Ould Abdel Aziz, le 8 février à l'aéroport de la capitale mauritanienne Nouakchott. (Crédits : DR)
La crise entre Dakar et Nouakchott semble avoir été enterrée par le signature d’un accord de coopération intergouvernementale sur la gestion du complexe gazier de la Grande Tortue Ahmeyin, le 9 février à Nouakchott. Un accord qui devrait faciliter le démarrage de l’exploitation d’un gisement dont les réserves sont estimées à 450 milliards de mètres cubes de gaz et qui se trouve à cheval sur les eaux territoriales des deux pays.

Le Sénégal et la Mauritanie viennent de conclure le 9 février un accord portant sur la gestion d'un nouveau gisement gazier transfrontalier géant, développé par Kosmos Energy et BP. Les deux pays se sont engagés à collaborer sur les grandes lignes du projet tout en annonçant au passage un partage de la production.

Partage à 50-50

Les réserves du champ gazier, baptisé Complexe de la Grande Tortue Ahmeyin (GTA) et situé à la frontière maritime entre les deux pays, sont estimées à plus de 450 milliards de mètres cubes de gaz. Ce gisement devrait être mis en service en 2021 et la production exportée via des unités de liquéfaction GNL.

L'accord de coopération intergouvernementale a été signé par le président sénégalais Macky Sall et par son homologue mauritanien Mohammed Ould Abdel Aziz à Nouakchott. «Nous faisons quelque chose d'important ici en promettant que nos deux Etats travailleront de manière responsable et accepteront de partager les ressources à 50-50», a déclaré le président sénégalais, en marge de sa visite en Mauritanie.

Situé à quelque 125 km au large de la ville de Saint-Louis (Sénégal) et à cheval sur eaux territoriales sénégalo-mauritaniennes, le complexe de GTA a été découvert en 2016 à 5 200 mètres de profondeur à la suite de prospections menées par l'entreprise américaine Kosmos. Le groupe a par la suite signé un mémorandum avec la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) et la Société mauritanienne des hydrocarbures et du patrimoine minier, ouvrant la voie aux principes d'une coopération intergouvernementale pour le développement du champ de la Grande Tortue Ahmeyin d'une surface de 1 200 km carrés.

Cet accord vient réchauffer les relations entre les deux pays après la crise suscitée par la mort d'un pêcheur sénégalais, tué par les garde-côtes mauritaniens alors qu'il pêchait non loin de la même frontière qui abrite le gisement. L'annonce de la mort du jeune pêcheur, le 30 janvier dernier, a été suivie d'incidents à Saint-Louis lorsque des manifestants ont dégradé des bâtiments officiels et des commerces tenus par des Mauritaniens.

Eviter le blocage de l'exploitation

Cette affaire aura suscité quelques tensions entre les deux pays, Dakar allant jusqu'à dépêcher un patrouilleur afin de garantir la sécurité des pêcheurs sénégalais. Les intérêts économiques qu'offre ce nouveau gisement aux deux pays et les excuses présentées par le président mauritanien à son homologue sénégalais auront permis de calmer la situation. En témoigne un communiqué conjoint qui annonce «le renforcement des relations bilatérales».

Cet accord devrait être suivi par un autre portant sur l'exploitation des ressources halieutiques d'ici fin mars prochain, ou encore un accord sur les conditions d'entrée et de séjour des ressortissants des deux pays. Le démarrage de l'exploitation du complexe GTA nécessitera un investissement estimé à 10 milliards de dollars. Une enveloppe conséquente pour le duo Kosmos-BP qui a tenu à éviter le précédent ghanéo-ivoirien où un différend frontalier entre Accra et Yamoussoukro avait bloqué le développement du gisement en eau profonde de TEN.

«Nous avons signé cet accord, sans lequel nos ressources dans les mers ne seraient pas exploitées. Si les deux pays ne sont pas d'accord, aucune entreprise ne peut trouver de financements bancaires», a rappelé le président Macky Sall.

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Commentaires
a écrit le 14/02/2018 à 10:21 :
L'algerie 'a œuvré pour la division pour 3 choses
1 des nouveaux conccurents qui prendront 5% sur le volume des ventes algeeriennes en europe
2 le Maroc pourra acheter 85% de son gaz à tous les autres pays plutôt que l'algerie contre 70% actuelleme'nt
3 un gazoduc sera inevitable pour relier le senegal à l'europe via le Maroc , ce qui fera un tronçon non negligable pour une interaction du marche gazier de la CEDEAO qui mettra 15 a 40 ans pour developper des infrastructures necessaires au grand desaroi de l'Algérie qui ne veut pas voir ces pays se developper et encore moins profiter de l'assistance technique marocaine dans de nombreux domaines que l'Algérie n'a nullement la capacité de proposer sinon elle ne craindrait pas les entreprises marocaines dont les algériens savent pertinemment qu'ils ne font pas le poids et cela aussi bien terme de competence que de moyen car les entreprises algériennes hors hydraucarbures n'ont aucun moyen financier pour se développer hors et en Algérie
a écrit le 11/02/2018 à 14:35 :
Voilà une décision intelligente, cela mérite d'en faire la publicité ! Surtout à l'heure où de dangereux faucons veulent s'emparer des ressources des autres sans aucun scrupule (les USA, avec le pétrole d'Irak et maintenant l'occupation de la principale zone pétrolifère de Syrie ! Israël qui pique tout aux Palestiniens y compris le gaz trouvé récemment en méditerranée ... effrayant de méchanceté et d'avidité !). La Chine ferait bien aussi de s'en inspirer ...

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