Afrique de l'Ouest  : la Boad et Aera Group s'allient pour la facilité carbone

La Banque ouest-africaine de développement et Aera Group viennent de s'allier pour simplifier et accélérer l'accès à la valorisation des actifs carbone. A travers le programme Boad-CO2, Aera sera en charge de l'ensemble des opérations techniques pour la certification des projets de valorisation des actifs carbone.
Seuls 2% des revenus de la finance carbone ont été mobilisés en Afrique, ces dix dernières années.
Seuls 2% des revenus de la finance carbone ont été mobilisés en Afrique, ces dix dernières années. (Crédits : GLEB GARANICH)

La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) vient de conclure un partenariat avec Aera Group pour créer la Boad-CO2, la première facilité carbone d'Afrique de l'Ouest. Dans le cadre de ce programme, Aera Group se voit confier la totalité des opérations techniques conduisant à la certification des projets et devra structurer les opérations de marché pour la valorisation des actifs carbone. Cette alliance entre les deux structures vise à faciliter et simplifier l'accès à la finance carbone en Afrique de l'Ouest.

«La dynamisation des opportunités liées à la finance climatique au bénéfice de la zone UEMOA est une nécessité pour mobiliser de nouvelles ressources financières utiles aux Etats membres et aux porteurs de projets de la sous-région. La facilité carbone que nous instituons s'inscrit dans la politique proactive de la Boad en matière de changement climatique», a expliqué Christian Adovelandé, président de la Boad.

De son point de vue, la politique proactive de la Boad consiste à l'engagement financier de la banque auprès des projets d'énergies renouvelables, de traitement des déchets, d'efficacité énergétique, d'infrastructures urbaines résilientes ou d'agriculture raisonnée. Le président de la Boad a expliqué que cette volonté de l'institution financière multilatérale se manifeste par l'accréditation au Fonds vert pour le climat (FVC), l'accueil du Centre régional de collaboration de Lomé en partenariat avec le secrétariat de la CCNUCC ou le projet d'émission d'obligations vertes. «L'Afrique a l'opportunité d'être à l'avant-garde des solutions sur le climat. Notre leadership doit s'incarner dans nos actions», a-t-il.

Ces dix dernières années, seuls 2% des revenus de la finance carbone ont été mobilisés en Afrique. Ce qui est peu, vu la responsabilité quasi-nulle du continent noir dans le réchauffement climatique. L'Afrique se retrouve plus souvent en victime des conséquences majeures de cet état de choses. L'agriculture est paralysée, les migrations internes font chuter les économies, et l'accès à l'eau potable devient un problème très urgent. Le continent a besoin de moyen pour s'adapter et faire le basculement vers les technologies bas carbone. En mettant sur pied la facilité carbone, la Boad permet de répondre sur le court et le long terme au problème.

Boad-CO2, un programme de facilité carbone

Il s'agit du premier du genre en Afrique occidentale. Le programme Boad-CO2 envisage l'introduction par la Boad de la certification carbone pour les projets dont l'objectif est de réduire les émissions du gaz carbonique et promouvoir le développement durable et la valorisation financière des actifs carbone.

La certification devra permettre de tracer la performance carbone des projets en Afrique de l'Ouest et obtenir des crédits carbone, source de revenus complémentaires, qui sont octroyés en contrepartie d'émissions CO2 évitées, dans le cadre de la Boad-CO2.

«Nous avons conçu une facilité carbone concrète dans son contour, simple dans sa mise en œuvre et, nous l'espérons, efficace dans ses résultats... L'Afrique doit être, et sera, au cœur de la recomposition de notre marché», a expliqué Fabrice Le Saché, président d'Aera Group.

Comme de celui-ci l'explique, les marchés du carbone, fragilisés ces trois dernières années et aujourd'hui fragmentés, connaissent une bonne dynamique suite au succès de l'Accord de Paris.

Notons qu'Aera Group détient le premier portefeuille carbone d'Afrique certifié auprès des Nations Unies avec un potentiel de près de 2 millions de tonnes équivalant CO2 évitées par an. Le groupe est engagé actuellement dans 36 projets, dont les premières activités crédits carbone de 10 pays africains.

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