Assainissement : Eranove se renforce au Gabon

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(Crédits : DR)
La gestion et distribution des eaux représente un secteur à fort potentiel de croissance en Afrique subsaharienne, avec des investissements en la matière estimés à plus de 20 milliards de dollars par an. Un potentiel qui attire de plus en plus de groupes internationaux spécialisés en gestion des eaux & assainissement. En témoigne la récente signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement gabonais et l’opérateur Eranove pour la mise en place et la gestion d’unités de distribution en eau potable dans la périphérie de Librevillle.

Réchauffement climatique oblige, la gestion des ressources en eaux potables fait partie des objectifs de développement socio-économique au niveau continental. Un accès normalisé à l'eau potable représente également un vecteur de stabilité politique. Un chantier qui reste à défricher dans une grande partie de l'Afrique subsaharienne et qui attise par conséquent les convoitises des opérateurs économiques spécialisés dans le secteur de l'assainissement.

Plus de 20 milliards de dollars investis dans le secteur par an

En témoigne le protocole d'accord conclu entre le gouvernement gabonais et le groupe Eranove (ex-Finagestion) portant sur le financement, la conception, la réalisation, l'exploitation, l'entretien et la maintenance d'une nouvelle unité de production et de traitement d'eau potable situé dans la périphérie de la capitale Libreville. Cette unité dont la capacité de production est estimée à 140.000 m3/jour sera alimentée par le captage et le transfert des eaux non traitées du fleuve Komo.

En effet, la pénétration des services d'assainissement et gestion des eaux reste assez faible en Afrique subsaharienne. Selon, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les 3.400 milliards de mètres cubes d'eau renouvelable/an dont dispose la région, seuls 5,5% sont utilisés ! Ce qui implique que 35% de la population de la zone ne disposent pas d'eau potable, soit 319 millions d'africains. Une faiblesse de l'infrastructure de production, traitement et distribution d'eau qui a également un impact économique, équivalent à 4% du PIB de la région.

Confronté à une poussée démographique, qui devrait doubler le nombre d'habitants des pays d'Afrique d'ici 2050 (2,4 milliards d'habitants). Les gouvernements de la région sont condamnés à débloquer des budgets conséquents pour assurer une distribution d'eau et un assainissement régulier. Un effort budgétaire estimé à 21,9 milliards de dollars/an par la BAD et la Banque mondiale.

Un chantier continental qui attise les convoitises

Un pactole qui attire de plus en plus d'entreprises internationales dont les marchés naturels sont en saturation et où la gestion déléguée de l'eau et de l'électricité est de plus en critiquée. Face à cette situation, ces groupes sont de plus en plus actifs en Afrique. Certains ont une présence historique comme Suez, Bolloré, Veolia ou encore Actis, d'autres ont justement décidé de reprendre des opérateurs bien établis comme ce fut le cas d'Eranove en 2008. Année où les 56% de parts détenues par Bouygues ont été rachetés par Emerging Capital Partners (ECP).

Une acquisition qui s'explique par le fait qu'Eranove n'en est pas à son coup d'essai en Afrique subsaharienne. Le groupe Eranove est rappelons-le, présent dans l'Ouest et au centre du continent, notamment en Côte d'Ivoire, au Sénégal, en République démocratique du Congo ou encore au Mali. L'opérateur compte sur une capacité installée estimée à 1.250 mégawatts et une production d'eau potable de 423 millions de m3 au niveau continental. L'entreprise emploie quelques 8.500 personnes et gère la consommation de 1,63 millions de clients pour l'électricité et 1,56 millions pour l'eau. L'entreprise a enregistré un résultat net de 66 millions d'euros en 2015.

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