Algérie  : Sonatrach et CITIC lancent un mégaprojet intégré d'exploitation de phosphate

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Le siège de la Sonatrach à Oran.
Le siège de la Sonatrach à Oran. (Crédits : Reuters)
L'Algérie et la Chine vont mettre en exploitation un mégaprojet intégré d'une valeur de 6 milliards de dollars pour l'exploitation de phosphate dans l'est du pays. Un accord de partenariat a été signé en ce sens, en début de semaine entre la compagnie algérienne des hydrocarbures, Sonatrach et la société chinoise, CITIC Construction.

«Ce n'est pas le projet de Sonatrach ou de CITIC ; c'est plutôt un projet fédérateur qui renforcera notre partenariat», déclarait le Abdelmoumene Ould Kaddour, PDG de la Sonatrach, la compagnie algérienne des hydrocarbures, qui a signé ce lundi 26 novembre 2018 un accord avec la société chinoise, CITIC Construction, représentée par son président, Chen Xiaojia.

Il s'agit d'un partenariat de coopération pour la mise en exploitation d'un mégaprojet intégré d'une valeur de 6 milliards de dollars pour l'exploitation de phosphate dans l'est de l'Algérie, a-t-on appris des sources officielles. Evoquant l'importance du projet, le Top management de la Sonatrach a indiqué que «la forte chute des prix du pétrole a contraint l'Algérie à adopter une nouvelle stratégie basée sur la diversification de son économie tributaire des hydrocarbures». «Ce mégaprojet de phosphate constitue un pas important vers le renforcement de cette stratégie», a expliqué Abdelmoumene Ould Kaddour.

CITIC Construction et Sonatrach ne seront pas les seules entreprises impliquées dans ce projet : les deux parties se retrouveront encore en décembre pour signer le pacte d'actionnaires portant sur la création du consortium. Le projet sera en effet réalisé en partenariat avec deux autres groupes algériens, notamment Asmidal et Manal. CITIC Construction détiendra 49% dans le projet tandis que la partie algérienne gardera les 51% restants. Ce rendez-vous de décembre prochain sera la dernière étape pour lancer la phase de construction du projet prévu début 2019. S'ensuivra la phase de production prévue pour 2022.

Projet historique

Commentant la signature cet accord de partenariat, s'est montré très satisfait. « Le projet reflète le degré d'intérêt que l'Algérie porte à sa population en matière de services, et nous sommes fiers d'être sélectionnés pour contribuer à ce processus», a déclaré Chen Xiaojia. Il s'agit du «plus grand projet industriel de la dernière décennie en Algérie, car il marque le début d'un véritable partenariat entre l'Algérie et la Chine», s'est réjoui le Premier ministre Ahmed Ouyahia, était présent à la cérémonie de signature accompagné de plusieurs ministres.

En effet, d'après la Sonatrach, ce projet permettra à l'Algérie d'augmenter sa production de phosphate à 10 millions de tonnes par an. La production prévue dans le cadre du mégaprojet est de 6 millions de tonnes de phosphate et de 1,1 million de tonnes d'ammoniac par an. Grâce au projet qui pourrait générer près de 14 600 emplois, l'Algérie serait capable d'exporter chaque année l'équivalent de 2 milliards de dollars d'engrais et augmenter progressivement ses réserves de phosphate et de gaz naturel.

Notons que le projet de phosphate intégré est réparti entre quatre zones. La plateforme de Hadjar Essoud à Skikda prend la grande part du financement avec 2,5 milliards de dollars, suivie de la plateforme de Hadjer Kebrit à Souk Ahras avec 2,2 milliards. La mine de Bled El-Hadba, dans la province de Tébessa et le port d'Annaba se partagent le reste de l'enveloppe avec respectivement 1,2 milliard de dollars et 200 millions de dollars.

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Commentaires
a écrit le 28/11/2018 à 15:57 :
Cela va fortement concurrencer la position de l'OCP et rabattre les cartes entre l'algerie et le maroc

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