Afrique du Sud : des mines de plus en plus meurtrières

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(Crédits : Reuters)
Le secteur minier sud-africain enregistre aujourd'hui une hausse d’accidents mortels passant de 73 en 2016 à 82 depuis janvier dernier. Derrière ces drames, la raréfaction des ressources minières en surface qui oblige de plus en plus les mineurs à s’engouffrer jusqu’à 3 km en profondeur pour assurer leur quota journalier.

Les conditions de travail dans les mines sud-africaines ne cessent de se détériorer, alors que les sites miniers du pays sont connus pour être particulièrement profonds et dangereux. La Chamber of Mines, l'association des professionnels du secteur, avait rapporté la mort de 81 mineurs entre janvier et novembre dernier. Un bilan alourdi pas plus loin que ce 7 décembre, après un nouveau décès dans la mine de Tshepong du groupe Harmony Gold.

Des mines vieilles d'un siècle

Les conditions de travail se sont nettement améliorées en comparaison avec l'époque de l'Apartheid : rien qu'en 1994, année qui allait annoncer la fin de ce régime, 484 mineurs avaient trouvé la mort dans les différents sites du pays. Mais aujourd'hui encore, l'Afrique du Sud abrite l'un des secteurs miniers les plus dangereux au monde.

La majorité des mines sud-africaines notamment d'or et de cuivre sont en exploitation depuis plus d'un siècle et les mineurs sont obligés de descendre jusqu'à 3 km sous terre pour pouvoir extraire leur quota journalier. Les complexes aurifères et de cuivre restent les plus meurtriers avec 57 des 73 décès enregistrés en 2016. Le ministère des Ressources minérales nuance toutefois le bilan de la Chamber of Mines en assurant de son côté que le nombre de décès dans les mines d'or a connu une baisse de 3% en 2016.

Sécurité contre emplois

Mais malgré cela, les autorités n'ont pas hésité à tirer la sonnette d'alarme sur la situation dans l'industrie du platine qui a enregistré une augmentation de 29% de décès l'année dernière. Derrière ce bilan, une activité sismique en profondeur et des rafales de roches (explosion de rochers sous pression) dont les risques s'accentuent année après année. Ces conditions d'insécurité pour les travailleurs n'ont pas empêché des groupes miniers, comme Sibanye Gold et AngloGold Ashanti, d'interrompre les opérations d'extraction.

Face à cette situation, le syndicat national des mineurs a appelé les autorités à mettre en place des mesures plus sévères, notamment en obligeant les opérateurs miniers à consentir plus d'investissements dans la sécurité. Les mines sud-africaines peinent en effet à moderniser leurs techniques d'exploitation en privilégiant le forage manuel. Les patrons assurent de leur côté être conscients des retombées de l'automatisation des forages et répondent aux critiques par les licenciements qu'engendrerait un tel changement.

L'industrie minière sud-africaine emploie pour rappel près de 500 000 salariés, une main d'œuvre qui représente aujourd'hui l'essentiel des troupes du mouvement syndical du pays.

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