Afrique du Sud : le nucléaire à tout prix

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Le programme nucléaire sud-africaine consiste en la construction de 6 à 8 réacteurs pour un coût estimé à 70 milliards de dollars.
Le programme nucléaire sud-africaine consiste en la construction de 6 à 8 réacteurs pour un coût estimé à 70 milliards de dollars. (Crédits : REUTERS/Radovan Stoklasa)
Décidément, c’est une véritable course à l’atome qui se joue entre l’est et le sud de l’Afrique. Après l’Ethiopie qui nourrit des rêves énergétiques nucléaires, l’Afrique du Sud veut relancer son programme nucléaire. Ce jeudi au parlement sud-africain, en dépit d’une forte contestation et même d’une décision de justice annulant un accord passé avec la Russie, Jacob Zuma a martelé que le nucléaire civil viendrait s’ajouter au mix énergétique pour assurer l’approvisionnement en électricité.

Son revers judiciaire face à la Haute cour de la Province du Cap-Occidental ne l'a pas dissuadé, pas plus que la levée de boucliers qui dénonce le coût exorbitant et le manque d'exclusivité du projet. A la tribune du parlement, Jacob Zuma n'a montré aucune volonté d'abandonner le programme du nucléaire civil.

«Le gouvernement compte poursuivre le programme nucléaire, car l'énergie nucléaire est la forme la plus propre et la plus fiable de mélange énergétique»,a indiqué Jacob Zuma, le président sud-africain.

«Le programme nucléaire est un investissement dans la sécurité énergétique de l'Afrique du Sud», a-t-il lancé.

70 milliards de dollars pour 6 à 8 réacteurs nucléaires

L'Afrique du Sud qui possède déjà deux centrales nucléaires, tente de relancer son programme nucléaire civil à l'arrêt depuis 2010. Depuis plus d'un an, le gouvernement Zuma essaie de conduire un programme pour la construction de 6 à 8 réacteurs nucléaires pour un coût estimé à 1 000 milliards de rands, soit quelque 70 milliards de dollars.

Dans la poursuite de cet objectif destiné à accroître la capacité électrique du pays, le gouvernement avait lancé un appel d'offres international auquel avait souscrit la Russie, la Chine, la France et la Corée du Sud. Mais en avril dernier, la Haute-Cour du Cap occidental avait bloqué un accord de coopération signé avec la Russie, avec de supposés dessous de table, pour lui octroyer le marché. «Il n'y a pas eu de pré-arrangement avec la Russie», s'est défendu le président sud-africain qui a nié catégoriquement des rétro-commissions russes accordées à des membres de sa famille.

Pour le moment, Jacob Zuma ne serait pas près d'abandonner sa décision. Il compte poursuivre le programme nucléaire civil qui devrait venir compenser la pénurie d'électricité. Mais les détracteurs du projet soulignent que la poursuite de ce projet pourrait mettre à mal les finances publiques. Pire, ils s'interrogent même sur le fait que le gouvernement n'ait pas choisi des sources d'énergies plus vertes que le nucléaire et les dangers auxquels il expose.

Sourd aux critiques, Jacob Zuma entend bien donc mener la course à l'atome jusqu'à la construction de sa demie-douzaine de centrales à travers le pays. Il pourrait concurrencer l'Ethiopie qui se voit déjà en future puissance nucléaire en Afrique de l'Est, bien avant des pays comme le Maroc, l'Algérie, le Ghana, l'Ouganda ou même le Niger. La ruée vers le nucléaire sur le continent a bel et bien commencé !

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Commentaires
a écrit le 26/06/2017 à 13:42 :
La force du lobby nucléaire c'est qu'il a le fameux secret-défense, permettant de dissimuler plus facilement les magouilles en tout genre. Chez areva on détruit tous les papiers après avoir été produits et lus, pratique en néolibéralisme dans lequel la compromission est générale.

Du coup il est évident qu'avec l'énergie nucléaire les personnages douteux détiennent un atout majeur permettant ainsi de convaincre radicalement et bizarrement quelques uns, mais bien placés, contre l'avis et la volonté générales.

En France nous avons perdu ce combat et nous nous retrouvons avec 56 réacteurs nucléaires obsolètes qui ne peuvent que nous coûter de plus en plus cher, le paris du nucléaire aurait été bon avec un baril à 200 dollars alors qu'il est à 40 dollars actuellement.

C'est un très mauvais pari, ultra dangereux il suffit de penser à fukushima qui continue d'irradier la planète 6 ans après son accident et c'est parti pour les quarante prochaines années le temps qu'il faut au combustible nucléaire pour arrêter de brûler.

On se demande comment des gens qui se disent censés, certainement, peuvent prendre des décisions aussi dangereuses et irresponsables, enfin on sait bien, trop bien même...

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