Changement climatique : une facture salée pour l’économie africaine en 2017

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(Crédits : Un cueilleur de thé dans un champ à Mulindi, au Nord du Rwanda. Finbarr O'Reilly/Reuters)
Sur les 20 économies les plus dépendantes de l’agriculture à travers le monde, 17 sont en Afrique subsaharienne, selon le Climate Change Exposure Index 2017. Et parmi elles, 15 présentent un risque « élevé » ou « extrême » de changement des températures, d’inondations, ainsi que de sécheresse à partir de l’année prochaine. Mais ne disposant pas de moyens financiers et techniques suffisants pour y faire face, ces pays sont ainsi exposés à de véritables chocs économiques et humains !

2017 ne sera pas de tout repos pour certaines économies du sud du Sahara. L'Afrique subsaharienne est la région du monde la plus vulnérable aux chocs économiques causés par les changements climatiques, révèle le Climate Change Exposure Index 2017 publié ce lundi 19 décembre par la société britannique de gestion des risques Verisk Maplecroft.

Risque « élevé » ou « extrême » pour 15 pays

Selon rapport, cette vulnérabilité repose essentiellement sur la place qu'occupe l'agriculture dans l'économie de ces pays. En effet, 17 des 20 pays à travers le monde les plus dépendants de l'agriculture se trouvent en Afrique subsaharienne, indique la même source, le secteur contribuant à hauteur de 650 milliards de dollars à l'économie d'Afrique de l'Est, de l'Ouest et du Centre. Sur ces 17 pays, 15 présentent un risque « élevé » ou « extrême » de connaître les changements de température et de précipitations, et des extrêmes météorologiques tels que la sécheresse et les inondations. C'est le cas notamment du Rwanda, du Burundi, de la Guinée-Bissau, la Sierra Leone, le Liberia ou encore la République Centrafricaine où l'agriculture représente plus de 30% du PIB national.

La situation devient encore plus complexe pour ces pays parce que, comme l'explique le rapport, la majorité de ces gouvernements ne disposent pas de moyens financiers ou techniques nécessaires à une planification des 20 ou 30 prochaines années, afin de résister les effets du changement climatique. A noter que le peu de ressources dont ils disposent aujourd'hui sert déjà à faire face aux problèmes de sécheresse dont souffrent certains.

Et alors que l'agriculture reste un pilier économique pour ces pays, la majorité des acteurs du secteur sont des petits exploitants qui - usant de méthodes agricoles traditionnelles- n'ont pas la capacité financière nécessaire pour l'investissement dans de nouvelles cultures permettant d'améliorer les rendements dans les années à venir, a expliqué Outre ces petits agriculteurs, c'est toute la chaîne agricole qui en serait touchée, y compris les détaillants de produits alimentaires notamment.

Urgence

Par ailleurs, les changements climatiques rendent les marchés volatiles. Du coup, les pays exportateurs de matières agricoles peuvent également voir leurs activités lourdement affectées. Parmi les plus exposés, le Kenya qui exporte 1,2 milliard $ de thé par an, soit 22% de ses exportations globales. La Guinée-Bissau aussi, pourrait voir ses 180 millions $ de ventes à l'étranger de noix de cajou (72% des exportations) régresser. Idem pour le coton au Mali (43% des exportations), le tabac au Malawi (47% des exportations) ou le café en Ethiopie (19% des exportations). C'est dire l'urgence d'une solution pour ces pays. Laquelle ne saurait être efficace sans un certain nombre de préalables.

« Adapter avec succès le secteur agricole au changement climatique exige des données solides sur la façon dont les modèles météorologiques changeront ; Cultures de diversification des cultures ; Et des améliorations dans les pratiques de gestion de l'eau », a déclare le Dr Richard Hewston, analyste environnemental principal chez Verisk

D'ici 2020, les pays en développement pourront devraient pouvoir compter sur les 100 milliards de dollars que les pays développés se sont engagés à mobiliser, à Copenhague en 2009 et à Cancun en 2010, pour les aider à faire face au dérèglement climatique. Mais en attendant, ils devront pouvoir gérer 2017, 2018 et 2019.

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Commentaires
a écrit le 20/12/2016 à 9:52 :
Ce sont ceux qui polluent le moins qui souffrent le plus de la pollution.

Parfait donc pour nos économies néolibérales qui trouvent cela très bien mais du coup les traités sont systématiquement insuffisant, dramatiquement inoffensif pour les principaux pollueurs et tous emprunts de corruption nauséabonde oligarchique.

Pauvre Afrique, victime permanente des occidentaux.

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