Cameroun  : chute de 80% du commerce du cacao en raison de la crise sécessionniste

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Selon les projections de l'Office national du cacao et du café (ONCC), la production cacaoyère dans la région sud-ouest du Cameroun devrait enregistrer une baisse pour cette saison.
Selon les projections de l'Office national du cacao et du café (ONCC), la production cacaoyère dans la région sud-ouest du Cameroun devrait enregistrer une baisse pour cette saison. (Crédits : Reuters)
Le commerce de fève a chuté au cours de la campagne 2017-2018 a chuté de 80% dans la région anglophone du sud-ouest du Cameroun. D'après un rapport de l'ONG locale, Human Is Right, cité par «Sunday Times», cette situation serait une des conséquences de la crise sécessionniste qui a occasionné la destruction des installations et camions des producteurs du cacao de la région.

La crise sécessionniste dans les régions anglophones du sud-ouest et du nord-ouest au Camerounais ne cesse de porter des coups à l'économie du pays. Un rapport rendu public la semaine dernière par l'ONG locale, Human Is Right, et cité par Sunday Times, révèle une chute drastique à 80% du commerce de fèves dans la région sud-ouest pourtant réputée comme l'un des deux plus importants bassins de production du Cameroun.

D'après un responsable de Telcar Cocoa (négociant local de la firme américaine Cargill) cité dans le rapport, les conséquences de la crise seraient dévastatrices. Acteur majeur de la filière cacao au Cameroun, avec 30% des exportations de fèves, Telcar a vu plusieurs de ses installations et camions incendiés par des sécessionnistes anglophones qui ont instauré le règne de la violence depuis près de deux ans déjà. «Telcar a dû négocier avec les combattants sécessionnistes pour préserver certaines de ses installations dans les villages reculés», note Human Is Right dans son rapport.

En dehors du commerce de fèves, la production cacaoyère dans la région sud-ouest devrait également enregistrer une baisse pour cette saison, si l'on se réfère aux projections de l'Office national du cacao et du café (ONCC). L'institution explique cette contre-performance par l'exode des producteurs qui ont abandonné leurs plantations en fuyant les violences et le bradage de fèves par certains d'entre eux habitant les villages frontaliers au Nigeria.

Notons que la crise sécessionniste dans les deux régions anglophones n'a pas d'impact que sur la filière cacao. Selon le rapport de Human Is Right, à l'instar de Telcar Cocoa, l'entreprise publique Pamol, qui exploite le palmier à huile dans la région du sud-ouest, a dû abandonner certaines de ses plantations à cause de l'escalade de la violence. Une situation qui a eu pour conséquence l'augmentation du taux de chômage de 70% dans le secteur agricole dans la région.

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