Ghana : 600 millions de dollars pour la transformation locale et l’assainissement des cacaoyers

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Les prix du cacao ont connu une hausse de 30% depuis le début de l'année, dépassant à nouveau les 2500 dollars la tonne à New York.
Les prix du cacao ont connu une hausse de 30% depuis le début de l'année, dépassant à nouveau les 2500 dollars la tonne à New York. (Crédits : Reuters)
Le reste de l’année 2018 s’annonce bien pour le secteur du cacao au Ghana. Le deuxième producteur mondial de cacao, qui profite de la hausse des prix, a élaboré un plan de développement du secteur d’une valeur de 600 millions de dollars. Le dispositif sectoriel présenté aux prêteurs préconise l’augmentation de la capacité d’entreposage et d'accorder la priorité absolue au traitement des plantes.

Augmenter la transformation locale et replanter massivement les arbres malades, c'est le premier défi que s'est fixé le Ghana pour améliorer et optimiser la production de son secteur cacaotier.

Le deuxième producteur africain de cacao après la Côte d'Ivoire compte utiliser une bonne partie des 600 millions de dollars de financement qu'il prévoit de mobiliser pour traiter les arbres fruitiers. Déjà en 2017, le pays a annoncé son intention de lever 750 millions de dollars afin d'assainir ses cacaoyers.

L'information émane de documents internes de l'autorité de régulation du Ghana destinés aux bailleurs de fonds. Contacté par La Tribune Afrique, le porte-parole du Ghana Cacao Board (COCOBOD), M. Noah Amenya n'a pas souhaité réagir. Toujours est-il que selon les informations de Bloomberg, le deuxième plus grand producteur de cacao du monde veut aussi dépenser des fonds pour la réhabilitation des fermes négligées, et investir dans un projet de pollinisation manuelle des arbres et pour augmenter la capacité de stockage. Le projet fait partie des plans visant à augmenter la production de cacao du pays et à lui permettre d'accumuler des stocks en cas de surproduction mondiale.

Le pire évité

Le conseil de cacao du Ghana et le régulateur de la Côte d'Ivoire voisine ont présenté des plans pour leurs industries, en mars à la Banque africaine de développement (BAD) et à d'autres prêteurs lors de rencontres à Accra, la capitale ghanéenne. Le Ghana Cocoa Board aurait souhaité obtenir des institutions financières, des prêts échelonnés sur 10 ans, alors que ces dernières penchent plutôt pour des prêts d'une durée de cinq ans.

Le Ghana est à la recherche de fonds pour financer son secteur du cacao, au moment où le conseil d'administration vend des titres de créance sur le marché local à des taux d'intérêt allant jusqu'à 20% pour couvrir ses dépenses, entraînant ainsi de lourds déficits. En 2017, le régulateur ganéen a décidé de maintenir le tarif payé aux agriculteurs, même après l'effondrement des prix du cacao qui ont chuté de plus d'un tiers.

La question de la destination des 600 millions de dollars -en cours de négociation auprès des institutions financières- intervient dans un contexte où le Ghana commence à peine à se relever de la crise du secteur du cacao, après des pertes colossales et les menaces qui ont pesé tout au long de l'année sur le maintien des subventions au secteur. En effet, avec des pertes allant jusqu'à 600 dollars par tonne de cacao, le gouvernement ghanéen a estimé sa marge de manœuvre réduite pour continuer son soutien au secteur cacao. Toutefois, le Ghana -aidé par la hausse de 30% des prix du cacao depuis le début de l'année, dépassant à nouveau les 2500 dollars la tonne à New York- a maintenu de justesse son système de prix garanti.

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