Gaz : le Nigeria se prépare à gonfler ses exportations vers l’Europe

Approché par Bruxelles en juillet en prévision d'une éventuelle rupture des livraisons russes, le Nigeria promet de plus grandes quantités de Gaz naturel liquéfié (GNL) à l’Europe. Bientôt, une « décision finale » d'investissement devrait être prise au sujet du gazoduc de 10 milliards de dollars prévu à cet effet et qui passera par le Niger et l'Algérie.
Ristel Tchounand
(Crédits : DR)

C'est à Milan lors du Gastech qui s'est achevé hier jeudi 8 septembre que le ministre nigérian des Ressources pétrolières, Timipre Sylva, en a parlé. Son pays se prépare à doper ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l'Union européenne (UE) via le gazoduc transsaharien (TSGP) en projet. « Le Nigeria prendra bientôt la décision finale sur l'investissement pour construire l'infrastructure, a déclaré le ministre, ajoutant que le projet devrait coûter plus de 10 milliards de dollars », a-t-il déclaré, selon Reuters.

NNPC, Sonatrach et peut-être ENI dans le projet

Porté depuis 2009 et ressorti des tiroirs cette année, le projet du gazoduc transsaharien résulte d'un partenariat tripartite. Fin juillet, le Nigeria, le Niger et l'Algérie ont signé un mémorandum d'entente pour sa concrétisation. Long de 4 128 km dont 1 037 km au Nigeria, 841 km en terre nigérienne en et 2.310 km sur le sol algérien, le gazoduc est fait pour acheminer le gaz nigérian vers les pays européens.

Les compagnies pétrolières nationales nigériane et algérienne -NNPC et Sonatrach y participeront tant financièrement que techniquement. D'après Timipre Sylva qui en a profité pour tendre la perche aux potentiels investisseurs participant à la grande messe milanaise du gaz, d'autres compagnies étrangères seraient fortement intéressées par le projet, à l'instar de l'italien Eni.

Vers 28% du gaz consommé en Europe fourni par le Nigeria ?

Il s'agit clairement d'une réponse d'Abuja à une demande de Bruxelles. En juillet dernier, le directeur général adjoint du département de l'énergie de la Commission européenne Matthew Baldwin s'était rendu au Nigeria pour négocier une augmentation des approvisionnements de gaz. Le pays ouest-africain fournit 14% du gaz consommé en UE et selon le responsable européen, ce chiffre pourrait plus que doubler, si les autorités nigérianes arrivent à satisfaire la demande.

La capacité d'exportation du Nigeria en matière de GNL avait jusqu'ici été limitée en raison des défis sécuritaires auxquels est confronté le pays de Muhammadu Buhari dans ses différentes zones d'exploitation. Mais Abuja pense que la construction du gazoduc résoudra le problème.

Suite aux sanctions imposées à la Russie par l'Occident en raison de la guerre en Ukraine, les réductions de livraisons gazières par Moscou ont poussé Bruxelles à chercher rapidement des alternatives. Le continent africain est alors devenu une option privilégiée. L'Italie a été l'un des premiers pays européens à se manifester. En avril, le Premier ministre Mario Draghi s'est rendu en Angola et au Congo Brazzaville, comptant également sur l'Algérie, l'Egypte et le Mozambique pour augmenter les approvisionnements vers son pays. La menace de Vladimir Poutine de couper complètement les livraisons si l'UE plafonne le prix du gaz russe sur son marché a accentué la pression sur Bruxelles à l'approche de l'hiver.

Permutant régulièrement avec l'Angola au premier rang de la production pétrolière en Afrique, le Nigeria clôt le trio de tête de la production gazière continentale derrière l'Algérie et l'Egypte, avec 49,3 milliards de mètres cubes pompés en 2019. L'opportunité que présente la situation européenne pour le secteur pétrolier et gazier africain a fait l'objet de plusieurs analyses depuis le début de cette année. Cependant, les pays africains doivent consentir à d'importants investissements afin d'élargir leurs parts sur le marché européen des hydrocarbures.

Ristel Tchounand
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