Bénin : la filiale locale de MTN rechigne à passer à la caisse pour une facture de 134 milliards de Fcfa

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Au Bénin, quatre opérateurs se partagent le marché des télécoms : Spacetel Benin (MTN, Etisalat BENIN (MOOV-Bénin), GLO Mobile et LIBERCOM.
Au Bénin, quatre opérateurs se partagent le marché des télécoms : Spacetel Benin (MTN, Etisalat BENIN (MOOV-Bénin), GLO Mobile et LIBERCOM. (Crédits : Reuters)
Alors que le gendarme béninois des télécoms l’a mis en demeure de régler sous quinzaine une facture de 134 milliards de Fcfa, le groupe Spacetel Benin, filiale locale du géant sud-africain MTN, compte négocier encore avec les autorités. Très habitué à ce genre de procédure, le groupe MTN, plus grand opérateur télécoms du pays, va pourtant devoir manœuvrer habilement au regard de la tension qui prévaut avec les autorités du pays qui viennent d'expulser le directeur général de sa filiale béninoise.

L'opérateur de téléphonie mobile MTN Bénin du groupe Spacetel Benin compte poursuivre les négociations avec l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) afin de trouver un règlement à l'amiable, dans le cadre du nouveau contentieux ouvert depuis quelques mois sur une affaire de paiement de facture.

Le gendarme béninois des télécoms a en effet mis en demeure, le 7 novembre, la filiale locale du géant sud-africain de s'acquitter d'une somme de 134,4 milliards de Fcfa au titre des taxes et redevances d'exploitation des fréquences pour les exercices 2016 et 2017. Conformément à la procédure en vigueur, l'opérateur souligne avoir fait part de ses observations qui n'ont visiblement pas convaincu l'autorité de régulation, laquelle a sommé de nouveau MTN Bénin à passer à la caisse sous quinzaine.

C'est ce qu'a confirmé dans un communiqué en date du jeudi 23 novembre MTN Bénin du groupe Spacetel Benin, qui prend acte de la décision. «Nous venons par la présente vous informer qu'après nos observations transmises à l'ARCEP, la semaine dernière, dans le cadre de la procédure de sanction ouverte contre notre société, l'ARCEP nous met en demeure sous quinzaine d'avoir à payer la somme de 134 milliards de francs CFA au titre des redevances en utilisation de fréquence pour les années 2016 et 2017 au Bénin», précise le communiqué.

La filiale du géant sud-africain affirme prendre acte de cette décision qui n'est qu'une des étapes de la procédure en matière de sanctions et peut éventuellement déboucher sur un retrait de sa licence d'exploitation des ondes de communication dans le pays. Toutefois, cette option n'est pas envisageable pour le moment, puisque le groupe entend de nouveau saisir l'ARCEP pour lui faire part de ses observations. Autrement dit, l'opérateur n'entend pas pour le moment passer à la caisse, estimant la facture excessive.

Règlement à l'amiable en vue

Selon un haut responsable du groupe sud-africain, des négociations sont ouvertes avec les autorités béninoises pour un règlement à l'amiable du contentieux. Plusieurs sources confirment d'ailleurs l'arrivée dans la capitale de membres de l'équipe dirigeante du géant sud-africain pour accompagner sa filiale locale dans cette démarche.

Le groupe MTN, un des leaders panafricains du secteur, est en effet habitué à ce genre de procédure. Dans beaucoup de pays comme dernièrement au Nigéria, c'est par la voie de négociations qu'il est parvenu à faire baisser le montant des factures qui lui était été réclamé en raison de divers griefs. Rien qu'au Bénin, sa filiale locale à dû débourser en début d'année la somme de 492 millions de Fcfa au titre d'amende pour «manquement persistant à ses obligations en matière de normes de service». L'ARCEP avait en effet épinglé le premier opérateur du pays (4 millions d'abonnés) pour mauvaise qualité de son service.

Alors que certains observateurs ne manquent pas de relever un acharnement qui viserait l'opérateur, MTN se dit confiant. Il est par ailleurs vrai que ses relations avec l'Etat ne sont pas au beau fixe : le 14 novembre dernier, le ministre de l'Intérieur, Sacca Lafia, avait déclaré le DG de MTN Bénin, Stéphane Blewett, comme personna non grata et que ce dernier devrait quitter le pays, au plus tard, ce vendredi 24 novembre. La décision a été actée par la société qui a indiqué que cela n'affectera en rien ses relations avec les autorités du pays, tout en défendant son directeur accusé d'avoir mené «des activités attentatoires à la sécurité et à l'ordre public».

C'est donc en position de faiblesse que le géant sud-africain va négocier avec les autorités béninoises et pour certains, c'est ce qui expliquerait le fait que le gendarme des télécoms ait monté les enchères.

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