Maroc  : ces décisions royales qui ont sorti l'économie de la récession

Mesures d'urgence, feuille de route, couverture sociale universelle, fonds stratégique d'investissements,... Depuis le début de la pandémie en 2020, le Royaume du Maroc, sous l'impulsion du Roi Mohammed VI, a fait montre d'une résilience qui le place aujourd'hui comme un modèle inspirant pour les pays du continent africain, mais également pour bien d'autres pays à travers le monde. Retour sur une stratégie royale qui a maintenu l'élan de développement du royaume chérifien.

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Le 27 janvier 2022, le Roi Mohammed VI préside à Benslimane (région de Casablanca) la pose de la première pierre d'une usine de fabrication de vaccins, la plus importante à l'échelle du continent africain.
Le 27 janvier 2022, le Roi Mohammed VI préside à Benslimane (région de Casablanca) la pose de la première pierre d'une usine de fabrication de vaccins, la plus importante à l'échelle du continent africain. (Crédits : MAP)

9 octobre 2020. Depuis Washington, la directrice du FMI, Kristalina Georgieva, donne l'alerte : l'Afrique a besoin de pas moins de 1200 milliards de dollars de financements sur trois ans pour surmonter les effets de la pandémie de Covid-19. Sur le continent, comme dans toutes les régions du monde, les économies sont pratiquement à l'arrêt depuis six mois. Au Maroc, premier pays du continent à avoir pris des mesures sanitaires efficaces contre la propagation du virus, les autorités vont vite devoir s'atteler à une feuille de route initiée par le Roi Mohammed VI pour relancer l'activité des secteurs vitaux. Ce 9 octobre, le souverain marocain prononce un discours qui n'est ni dans le « tout sanitaire » ni dans le « tout économique ». Sur le fond, le discours royal intervient dans la continuité de celui d'août 2020, mais en précisant cette fois-ci les contours de la feuille de route nationale pour les prochaines années. Celle-ci s'articule autour de trois principaux chantiers : la relance économique, une couverture sociale universelle et la réforme des établissements publics.

Relance économique, une priorité déjà en marche

« Cette crise a révélé un ensemble de dysfonctionnements, de déficits et elle a eu un impact négatif sur l'économie nationale et l'emploi. C'est pourquoi Nous avons lancé un plan ambitieux de relance économique et un grand projet de couverture sociale universelle. Nous avons également souligné l'impératif d'appliquer les règles de bonne gouvernance et la nécessité de réformer les établissements du secteur public [...]. A cet égard, Nous plaçons le plan de relance économique en tête des priorités de l'étape actuelle ». Le ton est donné. Le plan de relance économique sera la priorité de la feuille de route royale. Deux mois auparavant d'ailleurs, le chef de l'Etat marocain, dans son discours du Trône, demandait la mise en œuvre d'un plan ambitieux de relance économique. Evalué à 120 milliards de dirhams (11% du PIB), le plan comprend deux dispositifs principaux : un dispositif de prêts garantis par l'Etat et un fonds d'investissement stratégique.

Dans le détail comme l'annonce le Roi, ce plan soutiendra les secteurs productifs, notamment le tissu des PME, avec l'objectif de rehausser leur capacité à investir, à créer des emplois et à préserver les sources de revenus.

Précision de taille, le plan de relance sera adossé à un instrument d'accompagnement et de financement : le Fonds Mohammed VI pour l'investissement. Instrument central de la relance post-Covid, le fonds portant le nom du souverain - avec toute la symbolique que cela implique sur le plan de l'exécution - sera orienté vers l'investissement et sera doté d'une enveloppe de 15 milliards de dirhams à partir du budget de l'Etat. Les chantiers prioritaires sur lesquelles porteront les « investissements de la relance » comprennent la restructuration industrielle ; les secteurs émergents et à forte valeur ; la relance de la PME ; les infrastructures ; l'agriculture ; et le tourisme.

Généralisation de la couverture sociale d'ici 2023

Second chantier majeur de la feuille de route royale pour les prochaines années, le projet de généralisation de la couverture sociale pour tous les Marocains s'articule autour de principaux axes : étendre, d'ici 2023 au plus tard, la couverture médicale obligatoire, de sorte que 22 millions de bénéficiaires additionnels accèdent à l'Assurance maladie de base qui couvre les frais de soins, de médicaments, d'hospitalisation et de traitement. Puis, la généralisation des allocations familiales qui bénéficieront ainsi à près de sept millions d'enfants en âge de scolarité - soit trois millions de familles -. Viendra ensuite l'élargissement de la base d'adhérents au système de retraite en y incorporant quelque cinq millions de Marocains parmi la population active non titulaire d'un droit à une pension. Et enfin, la généralisation de l'accès à l'indemnité pour perte d'emploi au profit des Marocains ayant un emploi régulier.

Un nouveau modèle de développement pour une croissance inclusive

Six mois après le discours d'octobre 2020, la Commission spéciale mandatée par le roi Mohammed VI pour mener une réflexion et un débat sur le futur modèle de développement du Maroc rend sa copie. Un rapport qui dessine un projet ambitieux exigeant des mutations profondes dans les mentalités, les organisations, les processus, et les structures de création de valeur.

La commission que préside l'ancien ministre de l'Intérieur et actuel ministre de l'Education, Chakib Benmoussa, recommande plusieurs choix stratégiques « pour enclencher une nouvelle dynamique de création de valeur, qui soit structurellement inclusive de tous les citoyens et de tous les territoires ». Au niveau de l'économie, la commission estime « fondamental d'accélérer » la transformation de cette dernière pour la rendre « dynamique, diversifiée et compétitive, créatrice de valeur ajoutée et d'emplois décents, et génératrice de ressources pour financer les besoins sociaux ». Pour concrétiser cette transformation, les membres de la commission conseillent de mettre davantage l'accent sur « le renforcement de la capacité de résilience et d'adaptation de l'économie nationale autant aux chocs induits par la crise actuelle de la Covid-19 qu'à d'autres types de crises dont la fréquence et l'intensité pourraient s'accentuer à l'avenir ». Ils citent également quelques préalables qui accéléreront cette transformation : libérer l'initiative privée et l'entrepreneuriat à travers un environnement des affaires transparent, sécurisant et prévisible ; améliorer la compétitivité du tissu productif en réduisant significativement les coûts des facteurs, notamment l'énergie et la logistique ; orienter l'investissement du secteur privé, grands groupes et PME, vers les secteurs porteurs et d'avenir et vers la montée en gamme des systèmes productifs ; valoriser l'économie sociale et l'ériger en pilier de développement et gisement de création d'emplois décents dans les territoires.

Les priorités des cinq prochaines années

Le 8 octobre 2021, au lendemain des élections législatives et la constitution d'un nouveau gouvernement, le souverain marocain revient à la charge. Dans son discours, le Roi Mohammed VI fixe cette fois-ci les orientations auxquelles l'Exécutif devra s'atteler au cours de son mandat de cinq ans.

Le premier pôle sur lequel insiste le chef de l'Etat est celui de la souveraineté : pour consolider les efforts de résilience entamés notamment depuis le début de la pandémie, ainsi que l'autonomie et la sécurité stratégiques du pays, le Roi Mohammed VI ordonne la mise en place d'un dispositif national intégré portant sur la réserve stratégique de produits de première nécessité, notamment alimentaires, sanitaires et énergétiques, avec une mise à jour continue des besoins nationaux.

L'injonction royale sur ce sujet hautement stratégique procède d'une lecture géopolitique et géoéconomique, tirant les leçons de la crise de Covid-19 et prenant en considération les risques et les incertitudes d'un environnement international en perpétuelles turbulences.

Le second volet de la stratégie royale porte sur la relance économique, notamment pour surmonter les difficultés créées par la crise pandémique. Le souverain livre dans ce sens une vision optimiste et rassurante, et affirme que le Maroc va poursuivre sereinement son projet de développement, tout en accélérant le rythme des réformes.

La troisième priorité de la feuille de route royale porte sur le déploiement du nouveau modèle de développement (NMD) : « Quant au troisième volet, il a trait à l'opérationnalisation du modèle de développement et au lancement d'une nouvelle génération de projets et de réformes intégrés », explique le souverain marocain.

Dans la phase de mise en œuvre du modèle de développement, le gouvernement s'est vu chargé par le chef de l'Etat de « définir les priorités et les projets à mettre en chantier au cours de son mandat et mobiliser les ressources nécessaires pour assurer leur financement ». L'Exécutif mené par Akhannouch devra également parachever les grands projets déjà lancés, au premier rang desquels le chantier royal de généralisation de la protection sociale, et celui de la refonte et la mise à niveau du système de santé. Il en est également de la réforme des entreprises et établissements publics, ainsi que la réforme fiscale que le souverain a demandé de compléter et de conforter, avec la plus grande célérité, par l'adoption d'une nouvelle charte de l'investissement.

Aujourd'hui et grâce à une gestion réussie de la crise sanitaire - particulièrement le bon déroulement de la campagne vaccinale -, aux mesures de soutien aux entreprises et aux catégories affectées, ainsi qu'au plan de relance lancé sur instructions du Roi, les moteurs de l'économie marocaine sont en reprise, à l'exception -conjoncture internationale oblige - du tourisme et des secteurs connexes.

Indicateur important de confiance dans l'économie marocaine, le flux net des investissements directs étrangers (IDE) a enregistré une croissance importante à fin août 2021 (+16%, selon l'Office de change). Les transferts des Marocains résidant à l'étranger aussi ont affiché sur la même période un niveau record de +46 %.

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Commentaires 2
à écrit le 04/05/2022 à 18:04
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Combien coûte un publi-reportage comme celui-ci ? La République du Bengladesh est très intéressée Merci de votre retour

le 18/05/2022 à 15:16
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C'est parce que l'Algérie c'est harkis c'est la France qui commande

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