L'AFD et le FVC lancent un méga-programme pour fluidifier les financements climat en Afrique

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Ce programme « est mis en œuvre pour que les projets d'atténuation et aussi d'adaptation au changement climatique trouvent des financements sur le terrain » souligne Rémy Rioux, directeur général de l'AFD.
Ce programme « est mis en œuvre pour que les projets d'atténuation et aussi d'adaptation au changement climatique trouvent des financements sur le terrain » souligne Rémy Rioux, directeur général de l'AFD. (Crédits : Reuters)
L'Agence française de développement a annoncé le lancement d'un programme pour accroître les financements climat des institutions financières locales de 17 pays essentiellement africains. Lancé en partenariat avec le Fonds Vert pour le Climat, le programme est doté de 750 millions USD.

L'Agence française de développement (AFD) dont l'objectif est désormais d'être « 100% Accord de Paris », poursuit ses efforts pour appuyer la mise en œuvre de cet instrument dans les pays en développement. L'institution a annoncé ce lundi 22 octobre 2018 le lancement en partenariat avec le Fonds Vert pour le Climat (FVC) le plus « important » programme de son histoire, intitulé « Transformer les systèmes financiers pour le climat ».

« Ce programme vise à accompagner la transformation des systèmes financiers locaux pour lutter contre le changement climatique, en mettant à disposition des pays les ressources concessionnelles du FVC et de l'AFD et en capitalisant sur la longue expérience du groupe AFD en matière de finance climat dans les pays du Sud », note-t-on dans le communiqué qui précise que ce programme est en conformité avec les objectifs fixés par le chef d'Etat français, Emmanuel Macron, et le gouvernement en matière de climat et de réorientation des flux financiers locaux.

A en croire le communiqué du groupe AFD, ce programme bénéficiera à 17 pays dont la grande partie est africain, notamment, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, l'Egypte, le Kenya, Madagascar, Maurice, le Maroc, la Namibie, le Nigeria, le Sénégal, l'Afrique du Sud, la Tanzanie, le Togo et l'Ouganda. A ces pays d'Afrique s'ajoute l'Equateur. Avec ce programme, « le Groupe AFD réaffirme son ambition de mettre en œuvre l'Accord de Paris en accélérant localement la réorientation des flux d'investissement vers un développement à faibles émissions et résilient aux changements climatiques », indique-t-on.

750 millions de dollars pour appuyer les institutions locales

Ce programme lancé par l'AFD est doté d'une enveloppe de 750 millions de dollars à laquelle le FCV participe à hauteur de 280 millions de dollars. Les fonds permettront de mobiliser les acteurs locaux pour la lutte contre le changement climatique, dit le communiqué de l'institution. « Il est crucial d'encourager les institutions financières locales à faire évoluer leurs pratiques de financement en faveur de la lutte contre le changement climatique », note-on dans le texte.

La même source insiste que le programme s'inscrit dans une démarche flexible en mettant à disposition des ressources financières et une assistance technique adaptées aux besoins des institutions financières et de leurs bénéficiaires. « Ces appuis financiers et techniques seront ainsi destinés à des banques et des institutions de microfinance publiques et privées locales, pour leur permettre de financer des projets générant de forts bénéfices climat portés par des entreprises, des coopératives agricoles ou des ménages », précise le texte qui ajoute que 40% des fonds sont destinés aux financements des projets d'adaptation au changement climatique, preuve qu'une place importante leur consacrée.

Climat et développement durable dans un même package

L'initiative de l'AFD répond à un double objectif de l'adaptation et de la lutte contre les changements climatiques mais également à la lutte pour le développement durable. Il répond à la volonté de Emmanuel Macron affirmer au One Planet Summit, de contribuer à la réorientation d'au moins un tiers des flux financiers vers des investissements bas-carbones et résilients, indique-t-on. Ainsi, selon l'AFD, les institutions financières devront investir dans divers secteurs dont, les énergies renouvelables, l'efficacité́ énergétique, la gestion durable des ressources naturelles, ou encore l'agriculture climato-intelligente, ceci, « pour garantir une transformation durable et en profondeur des pratiques des acteurs locaux, cohérente avec un développement bas carbone et résilient ».

A noter que ce programme se justifie aux yeux de l'AFD par la conviction que « les acteurs financiers locaux sont essentiels pour trouver une solution pour le climat », comme le déclare Rémy Rioux, directeur général de l'AFD. Il est mis en œuvre « pour que les projets d'atténuation et aussi d'adaptation au changement climatique trouvent des financements sur le terrain, et que les pays soient en capacité́ de mettre en œuvre les engagements pris à la COP21 », a expliqué le responsable. Se réjouissant de l'appui du FCV, il a ajouté que celui-ci envoie un signal fort et « bâtit un partenariat puissant avec le Groupe AFD ».

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