Capital humain : le nouvel indice de la Banque mondiale dresse un sombre bilan pour l'Afrique

La Banque mondiale a lancé ce jeudi 11 octobre à Bali en Indonésie en marge de son Assemblée annuelle ainsi celle du FMI, le projet du "Capital humain". Celui-ci concerne l'Indice du capital humain qui permet de mesurer les pertes de productivité économique subies par les pays qui sous-investissent dans leur population. Il en ressort un grand retard pour les pays africains pris en compte, lequel appelle à une prise de conscience pour un investissement dans le capital humain, pour se garantir un meilleur avenir.

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«Cet indice établit un lien direct entre l'amélioration de la santé et l'éducation des populations, la productivité et la croissance économique. J'espère qu'il encouragera les pays à prendre des mesures urgentes et à investir plus et mieux dans leur population», a commenté le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.
«Cet indice établit un lien direct entre l'amélioration de la santé et l'éducation des populations, la productivité et la croissance économique. J'espère qu'il encouragera les pays à prendre des mesures urgentes et à investir plus et mieux dans leur population», a commenté le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. (Crédits : Reuters)

La Banque mondiale vient de mettre en place un nouvel indice. Lancé ce 11 octobre 2018 à Bali en Indonésie en marge des Assemblées annuelles des institutions de Bretton Wood, il s'agit d'après un communiqué officiel, d'un indice qui permet « de mesurer les pertes de productivité économique subies par les pays qui sous-investissent dans leur population ».

Il permet selon l'institution, de fournir « aux responsables publics une preuve incontestable des effets bénéfiques durables que peut apporter une amélioration de la santé et de l'éducation des enfants sur le revenu des populations et des pays ». Cet indice est d'une importance capitale, souligne-t-on à la Banque mondiale, d'autant plus que, le capital humain, « à savoir l'ensemble des connaissances, des compétences et des conditions de santé que les personnes acquièrent au cours de leur vie », est un des facteurs essentiels à l'origine de la croissance économique soutenue et de la réduction de la pauvreté observées dans beaucoup de pays au cours du XXe siècle, surtout en Asie de l'Est.

« L'indice du capital humain mesure le niveau de capital humain qu'un enfant né aujourd'hui est susceptible d'atteindre d'ici ses 18 ans, compte tenu des services de santé et d'éducation dans son pays. Il mesure la distance qui sépare un pays d'une situation optimale de scolarisation et de santé. Cette mesure intègre trois facteurs, survie : un enfant né aujourd'hui atteindra-t-il l'âge d'aller à l'école, scolarité : quelle sera la durée de sa scolarité et quels seront ses acquis, et la santé : cet enfant sortira-t-il du système scolaire en bonne santé, prêt à poursuivre ses études ou à entrer sur le marché du travail à l'âge adulte ? », a ajouté l'institution de Bretton Wood qui a également renseigné que l'indice du capital humain est calculé sur une échelle de 0 à 1, avec 1 représentant la meilleure note possible.

L'Afrique au bas de l'échelle

En lançant le nouvel indice, la Banque mondiale a également pris soin de publier les travaux de recherche pour situer chacun des pays pris en compte sur son potentiel donné. Dans ce tableau de 157 pays, les pays africains n'ont guère un bon positionnement. Les Îles Seychelles premières sur le Continent et 43ème mondial réalisent un indice national de 0,68 point. Ce qui signifie pour la Banque, que le «potentiel économique» futur de la population (et du pays dans son ensemble) est amputé de 32%. Ce qui suppose également de lourdes pertes économiques, et une réduction annuelle de la croissance du PIB dans les années à venir. Les Seychelles sont suivies de l'Île Maurice (52ème mondiale avec 0,63), de l'Algérie (93ème mondial avec 0,52), du Kenya (94ème mondial avec 0,52), la Tunisie (96ème mondial avec 0,51) et du Maroc (98ème mondial avec 0,50). Quant autres grands du Continent, ils n'ont pas de meilleurs indices et sont perdus au fond du classement. C'est l'exemple de l'Egypte (104ème mondial avec 0,49), l'Afrique du sud (126ème mondial avec 0,41) ou du Nigeria (152ème mondial avec 0,34).

« Le capital humain est souvent le seul capital des personnes les plus pauvres. C'est un des facteurs essentiels d'une croissance économique durable et inclusive. Pourtant, les investissements dans la santé et l'éducation n'ont pas reçu l'attention qu'ils méritent. Cet indice établit un lien direct entre l'amélioration de la santé et l'éducation des populations, la productivité et la croissance économique. J'espère qu'il encouragera les pays à prendre des mesures urgentes et à investir plus et mieux dans leur population », a commenté le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, avant de généraliser ensuite indiquant que « la barre devient plus haute pour tous. Tous les pays, peu importe leurs niveaux de revenus, doivent développer leur capital humain pour pouvoir soutenir la concurrence dans l'économie du futur ».

Rappelons que, comme l'a souligné la Banque mondiale dans son communiqué, l'indice du capital humain fait partie des enjeux abordés dans l'édition 2019 du Rapport sur le développement dans le monde intitulé The Changing Nature of Work, qui traite de l'importance d'investir dans le capital humain pour se préparer au travail de demain.

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