Commerce : Abuja et Cotonou mettent sur pied un comité mixte de lutte contre la contrebande

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Le Bénin particulièrement est confronté aux difficultés d'interception des marchandises à ses frontières, puisqu'il n'a pas le pouvoir de bloquer celles destinées à d'autres pays.
Le Bénin particulièrement est confronté aux difficultés d'interception des marchandises à ses frontières, puisqu'il n'a pas le pouvoir de bloquer celles destinées à d'autres pays. (Crédits : Reuters)
Les chefs d'Etat nigérian, Muhammadu Buhari, et béninois, Patrice Talon, viennent de décider la création d'un comité conjoint pour lutter contre la contrebande de produits de base, notamment le riz. Le commerce illégal met à mal les deux économies et menace les relations entre les deux pays.

Pour la lutte contre le commerce illégal entre le Nigeria et le Bénin, un comité conjoint contre la contrebande de produits de base sera mis sur pied. Ce dernier a été créé mercredi dernier sur décision des deux chefs d'Etat nigérian, Muhammadu Buhari, et béninois, Patrice Talon, à l'occasion d'une visite de travail du président béninois à Abuja. D'après les sources proches du dossier, le produit principalement visé est le riz et sa contrebande impacte négativement l'économie nigériane.

«Les activités des trafiquants entravent la quête d'autosuffisance du Nigeria, en particulier dans la production de riz», a déclaré Femi Adesina, conseillère spéciale en communication du président Buhari. Selon elle, le riz étuvé clandestin pénètre toujours le territoire nigérian, ce qui sape les efforts du gouvernement et décourage les agriculteurs.

Ces retombées, le Bénin en a conscience. Le président Talon craint même qu'elles n'entravent les relations bilatérales entre les deux nations. «Nous sommes conscients de la manière dont la contrebande de riz affecte le développement des capacités locales dans la riziculture au Nigeria. Cela affecte négativement le commerce entre nous, et le Nigeria est un partenaire important pour un pays comme le Bénin», a affirmé Patrice Talon.

«Mais nous n'avons pas le pouvoir de bloquer les marchandises destinées à d'autres pays, et notre pays n'est pas la destination finale du riz de contrebande. Nous devons développer une volonté commune pour faire face au problème», a ajouté le président béninois.

Ainsi, alors que le Nigeria avait déjà menacé de fermer ses frontières, le chef de l'Etat béninois a indiqué que les modalités du Comité devraient être définies le plus rapidement possible. Avec son homologue nigérian, le président Talon s'est aussi mis d'accord afin que le Niger, pays voisin du Bénin et du Nigeria, soit impliqué dans le Comité, étant considéré comme «un point de transit» pour la contrebande surtout du riz.

Défis sécuritaires

La mise en place de ce Comité contre la contrebande ne porte pas que sur les enjeux commerciaux, mais aussi sécuritaires. Pour Muhammadu Buhari, l'aspect le plus sinistre de la menace de contrebande est l'afflux d'armes légères et de munitions dans le pays. Un fait qui augmente le spectre de l'insécurité, a-t-il relevé. Il s'agit d'une question très prise à cœur au Nigeria, alors que les défis sécuritaires se posent avec la présence du groupe terroriste Boko Haram dans le nord du pays qui ne cesse de faire des victimes.

«Quand je suis entré en fonction en 2015, la première chose que j'ai faite a été de rendre visite à tous nos voisins; République du Niger, Tchad, Cameroun et République du Bénin. Cela a un sens à la fois économique et sécuritaire, car si vous êtes en bons termes avec vos voisins, vous finissez par dépenser moins pour la sécurité physique et alimentaire», a déclaré le chef d'Etat nigérian.

Répondant par ailleurs, à son invité Patrice Talon qui lui a suggéré de se rallier au projet de la boucle ferroviaire Bénin-Niger, le président Buhari a souligné qu'il voyait en ce projet une opportunité économiquement intéressante pour son pays.

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