Comment attirer les IDE en Afrique ? Retour sur les pistes dégagées par les panélistes d’Africa Convergence 2018

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Lors de la conférence Africa Convergence qui s’est déroulée du 21 au 22 juin, à Dakar au Sénégal.
Pour développer un tissu industriel ambitieux et bénéficier d’une croissance inclusive, les pays africains doivent attirer les Investissements directs étrangers (IDE). Les besoins du Continent en capitaux étrangers ont été au cœur des débats de la 3e édition de la conférence Africa Convergence qui s’est tenue les 21 et 22 juin 2018 à Dakar. Les panélistes ont notamment souligné la nécessité pour les pays d’Afrique de diversifier leurs économies, de favoriser les investissements intra-africains, mais aussi de créer un environnement des affaires favorable pour mieux capter les IDE.

Pour sortir du marasme économique, l'Afrique a incontestablement besoin d'investissements étrangers massifs. Début juillet, une étude du Global Infrastructure Hub (GIH), une initiative du G20 a révélé que 10 économies africaines parmi les plus prometteuses ont besoin de 2 400 milliards de dollars d'investissements pour couvrir leurs besoins rien qu'en infrastructures d'ici 2040. Les chiffres révèlent l'immensité des besoins africains en IDE, sur lesquels les panélistes d'Africa Convergence de Dakar se sont penchés afin d'esquisser des solutions pour faire du continent une destination privilégiée des IDE. Aux termes des échanges, les panélistes ont convenu que les pays africains doivent diversifier leurs économies pour attirer les investissements étrangers.

L'atout de la diversification

Dotées d'économies diversifiées à travers des industries manufacturières et les nouvelles technologies, les nations africaines seraient plus aptes à attirer les IDE. C'est le cas de l'Éthiopie, qui a engrangé près de 3,8 milliards de dollars d'IDE en 2017, ou encore de l'Egypte et du Maroc, selon le rapport 2018 de la Cnuced. En effet, la dépendance aux ressources énergétiques est à proscrire, selon Souleymane Bachir Diagne, professeur de philosophie à l'université de Columbia qui, à la Conférence d'Africa Convergence, a exhorté son pays, le Sénégal, à maintenir son économie diversifiée pour attirer les IDE.

«Pendant très longtemps, nous avons été un pays avec très peu de ressources naturelles. Nous avons tiré avantage de cette situation en quelque sorte, en étant une économie diversifiée. Nous savons qu'il nous faut garder le caractère diversifié de cette économie et ne pas faire du tout pétrole et du tout gaz, pour entrer dans une sorte de bouteille qui nous fera perdre tous les avantages liés à la diversification économique», avertit Souleymane Bachir Diagne.

Cette diversification garantit  aux économies africaines une certaine résilience face aux chocs externes et rassure les investisseurs potentiels dont l'implantation peut être également facilitée par l'intégration et le développement des investissements intra-africains.

Les investissements intra-africains

Ces derniers ont triplé en une décennie selon le rapport 2018 de la CNUCD qui souligne le dynamisme économique exceptionnel noté sur le continent et relevé par Idriss Aberkane lors de son intervention. «L'Afrique est en plein éveil aujourd'hui, on le voit avec ses élites scientifiques, intellectuelles, entrepreneuriales, cosmopolites qui sont en train de réaliser des projets. Ils échangent avec le monde et sont capables de ramener ce qui est de mieux pour le continent», selon Idriss Aberkane, Président de la fondation Bioniria et Président de Chréage SA. Ce dynamisme est une source d'opportunités pour les fils du continent qui ont les coudées franches pour imaginer des projets d'envergures régionaux et mondiaux.

«J'ai pensé à Fred Swaniker, d'African leadership Academy qui a imaginé un programme pour l'Africain de demain dont il rêve. Il l'a fait et les résultats sont là. Je pense aussi à quelqu'un comme Patrick Awuah, d'Ashesi au Ghana, qui a mis sur pieds une université africaine montée autour des valeurs de l'éthique au Ghana. C'est ce que nous avons tenté de faire modestement au niveau africain et sous-régional», explique Amadou Diaw, Président du Forum de Saint-Louis, lors de son pitch à Africa Convergence.

Par ailleurs, les panélistes ont pris le soin de préciser que l'Afrique est surtout demandeuse d'investissements capables de générer de l'emploi et de favoriser une croissance inclusive.

 L'inclusion et la bonne gouvernance

«Il faut que les investissements qui sont effectués soient tournés vers la création d'emplois, mais aussi qu'il y ait une réduction des inégalités. Il peut y avoir beaucoup d'investissements dans le pays, mais capitalistiques à fort contenu technologique et qui n'emploient pas beaucoup de personnes», prévient l'économiste Sénégalais Moubarack Lo.

Pour capter ces IDE, les pays africains doivent créer un environnement adéquat, en améliorant la gouvernance et l'environnement des affaires. « On ne mesure pas à quel point la confiance est importante et le pire ennemi de la confiance est la corruption », estime Idriss Aberkane. Selon le classement Doing Business 2018, l'Afrique reste l'une des régions où il est le plus difficile de faire des affaires au monde ; Même si beaucoup de pays ont fait des progrès notables.

Des opportunités à saisir

Des progrès qui devraient attirer au niveau de ces Etats une manne financière internationale à la disposition des pays en développement. Selon l'Annual Global Infrastructure Investor Survey 2017 du Global Infrastructure Hub et de l'EDHEC Infrastructure Institute-Singapour, 37 % des investisseurs en infrastructures misent sur les marchés émergents, contre 20 % en 2016. 82 % d'entre-deux veulent accroître leurs investissements dans 10 pays africains (le Maroc, la Tunisie, l'Egypte, l'Ethiopie, le Sénégal, la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Bénin, le Rwanda) qui se distinguent par des réformes ambitieuses, de gigantesques projets de développement, des programmes de formation et de création d'emplois pour leur jeunesse.

Une jeunesse africaine à laquelle s'est adressée Candace Nkoth Bissek, Fondatrice de Black Rose Network, lors de la conférence d'Africa Convergence 2018, pour l'exhorter à «être concentrée, à s'armer de courage, à rester positif et à garder en permanence une part de rêve».

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