Kenya : le président Uhuru Kenyatta met le cap sur le social

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(Crédits : DR)
Après avoir signé le mois passé une paix de braves avec l’éternel opposant Raila Odinga, le président kényan, Uhuru Kenyatta, entend désormais se concentrer sur la mise en œuvre de son programme de mandat. Dans une allocution qu’il a prononcée mardi, il a dévoilé les grands axes de son ambitieux plan pour une croissance plus robuste et plus inclusive avec un accent particulier sur la gouvernance et l’accès des citoyens aux services de base. Avec sa stratégie des «Big Four Agenda», le chef de l’Etat, qui est à son second mandat, entend donner un coup d’accélérateur à la «Vision Kenya 2030».

«Il est maintenant temps de travailler pour créer de la richesse et de la prospérité pour notre peuple». C'est par ces mots que le président kényan, Uhuru Kenyatta, s'est adressé à ses concitoyens à l'occasion d'une allocution télévisée prononcée mardi dernier depuis la State House, le palais présidentiel de Nairobi. Et il semble que Kenyatta vient de donner cette fois-ci le véritable coup d'envoi à son second mandat de cinq ans.

Alors que Kenyatta a été réélu et prêté serment depuis quelques mois et dans des circonstances assez troubles, le pays était, jusqu'à il y a quelques semaines, secoué par une crise politique née des contestations de l'opposition contre les résultats des dernières élections. C'est certes du déjà vu dans ce pays dont l'histoire est entachée de cycles de violences électorales qui prennent en otage l'économie.

Pourtant, Uhuru Kenyatta et son principal challenger, l'éternel opposant Raila Odinga, ont contre toute attente signé et posé pour une paix de braves et annoncé avoir désormais mis fin à leur querelle politique.

[Lire aussi : Kenya : Kenyatta et Odinga font la paix des braves]

C'est ce qui explique ce nouveau départ pour le président qui a d'ailleurs tenu à rappeler l'urgence ainsi que les principaux défis auxquels fait face le pays. «Les Kényans sont fatigués des querelles politiques et attendent de voir les responsables, à tous les niveaux, travailler ensemble et assumer pleinement leurs responsabilités», a souligné Kenyatta pour qui il y a urgence, car «les Kényans veulent voir des résultats, pas des récriminations ; ils veulent l'intégrité, pas la corruption; et ils veulent la prudence, pas la débauche».

«Big Four agenda», la nouvelle initiative pour la prospérité

Le décor ainsi planté, le chef de l'Etat a continué son allocution par la présentation de son initiative, «Big Four Agenda», une stratégie de croissance robuste et inclusive qu'il entend mettre en œuvre sur les cinq prochaines années afin notamment d'accélérer la réalisation de la «Vision Kenya 2030». Pour le président Kenyatta, il est en effet apparu nécessaire d'adopter une nouvelle approche de la planification à moyen terme en matière de développement pour le pays afin de se «concentrer davantage sur les questions qui auraient un impact plus important sur le bien-être de tous les citoyens».

L'initiative «Big Four» se base sur quatre axes stratégiques : l'industrialisation ; l'accès aux soins de santé ; un logement abordable ; et la sécurité alimentaire. Des axes qui sont de véritables défis à relever puisqu'ils participent «à stimuler le développement du Kenya, à créer de la richesse et de l'emploi pour les jeunes».

«Nous allons nous concentrer sur les secteurs dont la chaîne de valeur offrira des opportunités à notre population et, par conséquent, créera plus d'emplois», a promis Uhuru Kenyatta.

Pêle-mêle, le président a listé toute une série de mesures que le gouvernement entend mettre en œuvre pour atteindre les objectifs définis, comme la fin des importations de sucre, de maïs et d'engrais d'ici quelques mois ou la généralisation des soins de santé à coûts abordables d'ici à 2022.

Bonne gouvernance et investissement

Sur la même lancée, Uhuru Kenyatta a demandé à tous les responsables, une utilisation prudente des ressources allouées, notamment aux entités décentralisées, afin que celles-ci s'assurent que les Kényans reçoivent des prestations efficaces et efficientes. Le président a souligné que tous les revenus fiscaux mobilisés au niveau national, mais aussi local doivent donc être utilisés correctement, afin de renforcer la réalisation de l'initiative «Big Four Agenda». Il a en ce sens dénoncé certaines pratiques comme la corruption ou le manque d'efficience de l'administration, «des vices qui ne seront plus tolérées».

Quelques heures auparavant, lors de l'ouverture de la 5e Conférence sur la décentralisation qui s'est tenue à Kakamega en présence des membres du gouvernement et des gouverneurs des régions du pays, Kenyatta a plaidé pour la promotion de la bonne gouvernance. «Nous devons donc être prudents», a-t-il conseillé avant d'ajouter que «chaque centime de revenu collecté doit avoir un impact maximal sur le bien-être des contribuables».

Pour le président kényan, la promotion de la bonne gouvernance est nécessaire afin d'attirer plus d'investissements dont le pays a besoin pour accélérer son développement. Il a en ce sens rappelé son récent séjour à Londres où il a profité du Sommet du Commonwealth, qui s'est tenu la semaine dernière à Lancaster, pour convaincre des investisseurs dans l'agro-industrie de s'installer dans le pays.

Il a donc plaidé pour la poursuite des efforts destinés à améliorer le climat des affaires notamment une harmonisation des prélèvements fiscaux et autres redevances locales, en plus des mesures prises par le gouvernement pour simplifier et alléger la pression fiscale qui entrave la croissance des PME.

«Les opportunités attendues ne peuvent être obtenues que lorsque les Kényans se réunissent pour créer un environnement propice à l'investissement», a lancé le président Kenyatta dans son message qui fait déjà rêver les Kényans d'un avenir proche plein de prospérité, après les années de crise politique.

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