OCDE : la Tunisie doit revoir sa stratégie de développement du climat des affaires

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Pour l'OCDE, l'ouverture de l'économie tunisienne à la concurrence devrait permettre de stimuler l'investissement et l'emploi tout en accélérant la démocratisation des nouvelles technologies.
Pour l'OCDE, l'ouverture de l'économie tunisienne à la concurrence devrait permettre de stimuler l'investissement et l'emploi tout en accélérant la démocratisation des nouvelles technologies. (Crédits : Reuters)
La Tunisie gagnerait à opérer des réformes pour réduire les formalités administratives afin d'attirer davantage d'investissements et stimuler sa croissance économique, a estimé l'Organisation de coopération et de développement économique. Dans sa première étude sur le pays publiée cette semaine, l'organisation porte un regard critique sur la stratégie du gouvernement pour développer le climat des affaires.

Le  gouvernement tunisien devrait se préoccuper davantage du climat des affaires dans le pays. D'après les constatations de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), il en va de la croissance économique du pays et de l'intérêt que les investisseurs peuvent lui porter. L'organisation recommande au gouvernement d'initier des réformes pouvant permettre de réduire les formalités administratives.

Dans une étude sur l'économie du pays, l'OCDE a estimé que malgré les progrès importants enregistrés, les investissements privés restent fortement entravés par la réglementation, la bureaucratie et le manque de services logistiques.

«L'accélération du rythme des réformes structurelles sera décisive pour la croissance future et la création d'emplois. Il faudra à cet effet assouplir les contraintes réglementaires, administratives et financières pesant sur les entreprises et instaurer des règles du jeu équitables entre entreprises publiques et privées. L'ouverture de l'économie à la concurrence devrait permettre de stimuler l'investissement et l'emploi tout en accélérant la diffusion des nouvelles technologies», recommande l'OCDE dans son étude.

Au rang des grands défis que le gouvernement tunisien doit relever, l'organisation estime qu'une priorité particulière doit être accordée aux dispositions fiscales, mais aussi et surtout il faudra promouvoir un climat des affaires concurrentiel au pays. «Ici, les grands défis sont la situation fiscale que tout le monde connaît. Il est très important de faire attention aux barrières fiscales, mais la chose la plus importante à faire est la réforme de la concurrence», a indiqué Alvaro Pereira, économiste en chef à l'OCDE.

Des conséquences coûteuses pour l'économie

L'appel lancé par l'OCDE est bien fondé d'autant que d'après les dirigeants eux-mêmes, le pays paie un coût très élevé de la non-réforme. Ainsi, pour les autorités tunisiennes, cette étude de l'OCDE vient renforcer les initiatives du gouvernement tunisien pour atteindre ses perspectives dans les années à venir.

«Pour nous, ce rapport identifie un certain nombre de vues que nous partageons, en particulier les grandes réformes des finances publiques, qui sont très importantes pour nous. Comme le souligne le chef du gouvernement, le coût de la non-réforme est beaucoup plus élevé aujourd'hui», a affirmé le ministre tunisien pour le Développement, l'investissement et la coopération internationale, Zied Ladhari.

Notons qu'en termes de perspectives, l'OCDE projette la croissance économique de la Tunisie à 2,8% en 2018 et 3,4% en 2019. En ce qui concerne le climat des affaires, dans le rapport Doing Business 2018 de la Banque mondiale, la Tunisie perd 46 places en 7 ans en se classant à la 88e place sur une liste de plus de 190 pays.

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