Infrastructures : les transports se taillent la part du lion dans les investissements en Afrique

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(Crédits : Pixabay)
La part des projets de transport dans les investissements consacrés aux infrastructures en Afrique ne cesse d'augmenter au point de devenir la plus importante, indique un nouveau rapport publié par le cabinet Deloitte. Cette tendance est favorisée par le besoin de plus en plus croissant, d'intégration dans cet espace.

Sur le continent africain, les projets d'infrastructures de transport gagnent en importance. Dans son nouveau rapport rendu public ce mardi dernier, intitulé ''Rapport 2017 sur les tendances de la construction en Afrique'', le cabinet Deloitte a indiqué que le nombre de projets évalués à plus de 50 millions de dollars a progressé de +5,9% par rapport à 2016, témoignant de l'essor des investissements d'infrastructure en Afrique.

Ces projets constituent aujourd'hui, selon les analyses du cabinet, la part la plus grande des investissements dans le développement de nouvelles infrastructures en Afrique. Pour Deloitte, il s'agit d'une tendance qui trouve son fondement dans le besoin de plus en plus pressant d'intégration commerciale sur le continent.

« La raison pour laquelle les projets de transport sont plus nombreux que les autres et représentent une valeur supérieure est que les pays veulent augmenter la connectivité à l'intérieur comme à l'extérieur de leurs frontières », s'est expliqué J. P. Labuschagne, directeur du Conseil sur les projets d'infrastructure et d'investissement au sein du cabinet Deloitte.

Selon lui, les pays africains n'évoluent plus dans la démarche coloniale selon laquelle le développement les routes et chemins de fer s'effectuait pour exporter des matières premières vers les métropoles européennes. « Les pays africains veulent désormais établir des capacités de transport qui leurs permettent de commercer davantage à l'intérieur comme à l'extérieur de leurs frontières ... Cela contribue à renforcer le commerce régional et facilite la conduite des affaires en Afrique », a ajouté J. P. Labuschagne.

Par ailleurs, illustrant leurs avis, les experts de Deloitte ont indiqué que des pays comme l'Ethiopie accordent 40% de leur PIB au financement de projet d'infrastructures alors que d'autres comme le Kenya mettent 20% de leur PIB. Des chiffres qui démontrent l'intensité de ce développement de projet dans toute l'Afrique. Les envies d'intégration des pays se font encore plus réelles alors qu'on assiste à l'essor des échanges internes aux marchés communs au sein de l'Afrique.

Le facteur Chine

Pour accomplir leurs ambitions dans le secteur des projets d'infrastructures de transport, les pays africains sont souvent obligés de se tourner vers les pays les plus riches. D'après Deloitte, sur ce terrain, l'Empire du Milieu est le partenaire le plus sollicité par les Etats. Dans son rapport, le cabinet présente la Chine comme le plus important soutien financier des projets de transport parmi les partenaires de développement de l'Afrique. Le rapport précise que ce sont des compagnies chinoises qui ont construit la ligne de chemin de fer à voie normale au Kenya et la ligne Éthiopie-Djibouti, et qui doivent également assurer le développement prévu du réseau ferroviaire ougandais.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2018 à 21:21 :
Deloitte ne doit pas aller souvent en Afrique: il semble découvrir un fait qui n'est pas récent.
A la différence de l'Europe qui avait le projet de remettre en état l'ancienne ligne Djibouti- Addis avec un "prêt" de 200 millions d'euros en pure perte, la Chine est arrivée en proposant la mise en place d'un chemin de fer à ligne électrique accompagné des équipements assurant la fourniture de cette énergie.

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