Maroc : adoption d'un nouveau régime de change

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(Crédits : DR)
C’est officiel ! Rabat adopte un nouveau régime de change dès ce lundi 15 janvier. Une mesure qui vise selon les autorités financières à renforcer la résilience de l’économie et à prémunir cette dernière des dévaluations violentes comme celles qu’ont connu l’Egypte et le Soudan.

Le Maroc aura un nouveau régime de change  dès ce lundi 15 janvier. Une annonce qui vient après un report et mini-crise entre le gouvernement et la banque centrale sur l'application de cette mesure. Selon le ministère de l'Economie et des finances, «la parité du dirham sera dorénavant déterminée à l'intérieur d'une bande de fluctuation de +2,5% contre 0,3% actuellement, par rapport à un cours central fixé par Bank Al-Maghrib sur la base d'un panier de devises composé de l'euro et du dollar respectivement à hauteur de 60 et 40%».

Ce changement de régime de change n'aura par ailleurs aucune incidence sur le rôle de Bank Al-Maghrib (BAM) qui continuera d'intervenir sur le marché des changes en vue d'assurer sa liquidité. Les autorités marocaines se montrent également rassurantes sur la question vu les craintes exprimées sur les effets de cette réforme sur le pouvoir d'achat des Marocains. «Cette réforme est entamée dans des conditions favorables marquées par la solidité du secteur financier et la consolidation des fondamentaux macroéconomiques, notamment un niveau approprié des réserves de change et une inflation maîtrisée», précise le ministère dans un communiqué.

Prévenir les scénarios catastrophes

Cette flexibilisation du régime de change a pour objectif de renforcer la résilience de l'économie nationale aux «chocs exogènes, de soutenir sa compétitivité et d'améliorer son niveau de croissance». Contrairement aux cas de l'Egypte, du Soudans ou encore de l'Angola, cette mesure n'est pas une décision prise dans l'urgence et ne conditionne pas la réception d'une aide financière, mais vise justement selon BAM à prévenir ce genre de scénario catastrophe. «La réforme devrait accompagner les mutations structurelles qu'a connues l'économie marocaine durant ces dernières années, notamment en termes de diversification, d'ouverture et d'intégration dans l'économie mondiale», explique-t-on du côté de la tutelle.

Cette réforme est un premier pas qui prépare l'économie du pays à laisser flotter le dirham. Rien ne transparaît sur le temps que cela prendra avant que cette étape ne soit atteinte, mais il est sûr que cette option est loin d'être imminente. Selon les analystes de Bloomberg, la transition vers un régime de change entièrement libéralisé devrait se faire en douceur, vu que «le Maroc jouit d'une cote de solvabilité de première qualité et d'un secteur privé en expansion». La croissance économique devrait atteindre 4,1% pour 2017 et l'inflation se situer à 0,7% pour l'exercice précédent contre 1,6% en 2016.

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Commentaires
a écrit le 13/01/2018 à 13:16 :
le pegged float permet de diminuer les phenomenes speculatifs oscillatoires, le pb c'est que les gouverements s'en servent pour masquer les problemes, et l'addition finit par arriver, mais en une fois!

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