Automobile  : Mohammed VI met le turbo sur l’électrique

 |   |  651  mots
Le Roi Mohammed VI et le Président du groupe BYD, Wang Chuanfu, au palais Royal de Casablanca.
Le Roi Mohammed VI et le Président du groupe BYD, Wang Chuanfu, au palais Royal de Casablanca. (Crédits : MAP)
C’est une nouvelle qui a sonné comme un coup de tonnerre pour les observateurs du secteur automobile. Samedi, le premier constructeur mondial de véhicules électriques, le chinois BYD, a signé en présence du Roi Mohammed VI, un protocole d’accord scellant l’installation à Tanger d’un « écosystème » de mobilité composé de plusieurs usines. Après Renault et PSA, le Royaume Chérifien accueille donc sur son sol un troisième constructeur, venant cette fois de l’empire du milieu, et confirmant ainsi son positionnement de plateforme automobile incontournable en Méditerranée.

Le secret a été jalousement gardé. Il aura fallu samedi dernier, et la convocation du gotha économique marocain au palais royal de Casablanca, pour que le pays découvre l'identité du troisième constructeur à avoir choisi le royaume chérifien pour y installer une usine de production. Cette dernière devrait être installée dans le nord du Maroc, près de la vile de Tanger, et devrait à terme produire près de 100 000 véhicules par an et employer directement 2500 personnes.

Après des mois de rumeurs et de spéculations sur une arrivée possible de l'allemand Volkswagen ou encore du japonais Toyota, alimentée par les déplacements fréquents du ministre en charge de l'industrie à Berlin et Tokyo, c'est donc au tour d'un constructeur chinois, leader mondial dans la production de véhicules électriques, de faire le pari du Maroc.

Dès samedi soir, suite à l'annonce de cette nouvelle implantation, les requêtes internet provenant du Maroc relatives à « BYD » (pour « Beyond Your Dreams ») ont explosé sur la toile, confirmant le caractère inattendu de cet investissement et la curiosité des internautes pour ce nouvel investisseur.

Des signes précurseurs favorables à Pékin

Pourtant, des signes précurseurs pouvaient laisser penser que le troisième constructeur automobile à s'installer au Maroc serait chinois. En 2014, lors de l'adoption du Plan d'accélération Industriel (PAI), porté par le ministre de l'industrie Marocain, Moulay Hafid Elalamy, ce dernier ne cachait pas son ambition de capter des investissements chinois massifs en profitant du renchérissement des coûts de mains d'œuvre au sein de ce pays et en installant des zones industrielles spécifiques pour accueillir les entreprises de Pékin. Cette orientation stratégique avait d'ailleurs occasionné une passe d'armes mémorable entre Elalamy -par ailleurs capitaine d'industrie à la tête du conglomérat Saham- et Meriem Bensalah-Chaqroun, Présidente du Patronat Marocain, la CGEM, qui avait critiqué ce qu'elle qualifiait de « stratégie basée sur les bas salaires ».

S'en est suivi un débat de fond sur la stratégie poursuivie, le ministre affirmant vouloir bénéficier d'une fenêtre d'opportunité où l'avantage compétitif du Maroc doit être exploité quitte à profiter des bas salaires, et le patronat défendant une montée en gamme plus rapide. L'histoire montrera que les deux avaient probablement raison, et qu'il était inutile d'opposer les deux parcours, ces derniers pouvant être complémentaires et menés en parallèle. Le plan d'Elalamy va bénéficier par la suite d'un concours de circonstances favorables, avec l'accélération des relations entre Rabat et Pékin. En mai 2016, Mohammed VI effectue ainsi une visite officielle en Chine qui a vu la signature de nombreux contrats bilatéraux et la levée des visas par le Maroc. Puis début 2017, intervient l'annonce de l'installation d'une cité industrielle chinoise portée par le groupe Haite dans le nord du Maroc.

Le Maroc atteint le « Tipping Point » automobile ?

Selon plusieurs experts du secteur, l'arrivée de ce troisième constructeur peut être considérée pour Rabat comme un « Tipping Point », un « point de basculement » pour le Maroc en matière automobile, car ce secteur atteindrait ainsi la taille critique pour attirer un écosystème complet de sous-traitants et de métiers connexes, permettant ainsi la montée en gamme sectorielle. De surcroit, le fait que BYD soit un constructeur spécialisé dans les véhicules électriques permet de prendre un pari sur l'avenir en matière de mobilité durable, un an seulement après que le Maroc ait organisé la COP22. Coup double donc pour le Royaume Chérifien, qui permet à la fois de confirmer son positionnement industriel automobile et de « bétonner » sa stratégie de transition climatique, entamée avec le pari effectué sur l'énergie solaire à travers la construction de la plus grande centrale au monde à Ouarzazate, inaugurée en Février 2016.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/12/2017 à 18:16 :
Qui va acheter ces voitures chinoises peux connus peut fiables.
La qualité de ces voitures chinoise si elle sont identiques à la cincaillerie qu'ils vendent dans le monde.
Les autres marques ont encore de long et bons jours devant eux.
Réponse de le 11/12/2017 à 20:20 :
Comment savoir s'ils sont peu fiables si l'on ne les connais pas...? J

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :