Afrique subsaharienne : la Banque mondiale revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour la sous-région

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En 2015, la chute des prix des matières premières a mis un terme à une décennie de croissance rapide pour l'Afrique subsaharienne. Depuis, pour la quatrième année consécutive, la croissance économique de la sous-région sera inférieure à celle de la population, c’est-à-dire sous la barre des 3%.
En 2015, la chute des prix des matières premières a mis un terme à une décennie de croissance rapide pour l'Afrique subsaharienne. Depuis, pour la quatrième année consécutive, la croissance économique de la sous-région sera inférieure à celle de la population, c’est-à-dire sous la barre des 3%. (Crédits : Reuters)
Tirée par la faible croissance des économies nigériane et sud-africaine et une économie angolaise en récession -trois poids de l’Afrique subsaharienne- la croissance dans la région a été revue à la baisse par les économistes de la Banque mondiale. Caractérisés par un niveau d’endettement élevé, quelques-uns des pays de la zone conservent un rythme d’accroissement du PIB proche des deux chiffres.

En Afrique subsaharienne, la reprise de la croissance prendra plus de temps que prévu, selon la Banque mondiale qui vient d'abaisser ses prévisions pour la sous-région. La croissance dans la zone a été fixée à 2,8% à la place des 3,3% initialement prévus, a annoncé l'institution de Bretton Woods ce lundi 8 avril. Ce rythme de croissance ralenti, comparé à celui de la période d'avant 2015, s'explique partiellement par la baisse de la production industrielle et les conséquences de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis.

En 2015, une chute des prix des matières premières a mis un terme à une décennie de croissance rapide pour la région. Depuis, pour la quatrième année consécutive, en 2019, la croissance économique sera inférieure à celle de la population, c'est-à-dire sous la barre des 3%.

Dans son dernier rapport sur l'économie régionale, la Banque mondiale a également ramené son estimation de croissance pour 2018 à 2,3% à la place des 2,7% initialement prévus. La croissance globale, plus lente que prévu, reflète l'incertitude persistante, mais provient aussi de l'instabilité macroéconomique nationale, notamment d'une dette mal gérée, d'une forte inflation et des déficits, selon la Banque mondiale.

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La croissance économique en Afrique subsaharienne est essentiellement tributaire de la bonne santé financière de trois pays, à savoir le Nigeria, l'Afrique du Sud et l'Angola qui représentent environ 60% de la production économique annuelle de la région. Des pays qui ont été confrontés à des facteurs négatifs qui leur ont coûté des points de croissance. Le Nigeria a connu une croissance de 1,9% en 2018, contre 0,8% en 2017, alors que l'Afrique du Sud, à peine sortie de la récession, ne rassure pas encore les investisseurs. La situation est pire pour l'Angola toujours en récession.

«Cette révision à la baisse reflète le ralentissement de la croissance au Nigeria et en Angola, due aux défis du secteur pétrolier, et à la croissance modérée de l'investissement en Afrique du Sud, en raison de la faible confiance des entreprises», estime la Banque mondiale.

D'autres facteurs du ralentissement économique sont liés à la hausse de l'inflation dans plusieurs pays qui rebute les investisseurs, mais aussi à l'augmentation du niveau d'endettement. Les pays d'Afrique subsaharienne optent de plus en plus pour un endettement plus risqué et onéreux, à la place des sources de financement traditionnelles, concessionnelles et garanties publiquement. Cependant, dans la région tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Les économies diversifiées comme le Ghana, le Kenya, le Rwanda, l'Ouganda, le Bénin, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, l'Ethiopie connaissent une forte croissance. Pour le Ghana, champion africain de la croissance en 2018, le PIB s'est bonifié de plus de 8%, l'année précédente.

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