Kenya : le secteur privé reprend des couleurs après la période d’instabilité politique

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(Crédits : DR.)
Le tissu économique kényan semble s’être complètement remis de la crise politique qui l’a paralysé à la fin 2017. Si l’on croit l’indice PMI, publié par la Stanbic Bank, le secteur privé kényan aurait repris du poil de la bête, seules des craintes sur une hausse de l’inflation persistent.

Le Kenya vient de voir son secteur privé reprendre du poil de la bête en avril dernier, confirmant la reprise après des mois de ralentissement suscités par une fin d'année 2017, marquée par une période électorale prolongée et volatile. Selon l'indice PMI de la Stanbic Bank Kenya, les activités de fabrication/manufacture et de services commencent à reprendre leur rythme de croisière.

«La vigueur de la reprise de l'activité du secteur privé s'est poursuivie le mois dernier. Cela montre que les conditions sous-jacentes de la demande dans l'économie sont compatibles avec une solide reprise dans l'activité économique», explique dans l'indice, Jibran Qureishi, économiste régional pour l'Afrique de l'Est à la Stanbic Bank.

Selon la banque, la production du secteur privé affiche une hausse pour le quatrième mois d'affilée et que de nouvelles commandes ont été réceptionnées tant au niveau local, qu'international. Il n'empêche que les analystes de Stanbic mettent en garde contre la possible hausse de l'inflation dans les prochains mois.

Gare à l'inflation

«La combinaison de l'augmentation de la demande, domestique et extérieure, avec la hausse des coûts des intrants et la hausse de l'emploi, pourrait exercer des pressions qui déboucheraient sur une hausse significative et durable de l'inflation», explique Qureishi. L'inflation est passée de 4,18% en mars à 3,73% en avril, selon les statistiques officielles publiées par le gouvernement, ce qui représente le niveau de taux d'inflation le plus bas depuis 2013.

Pour rappel, l'indice PMI avait atteint 34,4 en octobre dernier, sachant que tout ce qui se situe en dessous de 50 signifie une contraction, alors que l'inverse indique une croissance. Le résultat du mois d'octobre dernier représente la notation la plus basse depuis janvier 2014, contre une note de 56,4 pour le mois d'avril dernier. Le boycott par l'opposition des élections répétées suite à l'invalidation des résultats du scrutin d'août par la Cour Suprême avait eu un effet dévastateur sur l'économie kényane.

Des élections-bis, qui ont débouchés sur la victoire du président Uhuru Kenyatta qui a été investi pour un second mandat en novembre dernier. Des troubles entre forces de l'ordre et partisans de l'opposition ont également enregistré jusqu'au début de 2018, occasionnant la mort d'une centaine de personnes. Depuis, Kenyatta et Odinga ont publiquement enterrer la hache de guerre et ont promis d'unir à nouveau le pays. Une pacification de l'environnement politique qui a permis au ministère des Finances de tabler sur un rebond de la croissance à 5,8% en 2018, contre 4,9% enregistrés en 2017.

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