Le Soudan paralysé par une pénurie de carburants

La partition du Soudan en 2011 avait privé Khartoum des trois quarts de ses réserves pétrolières. Sept ans après, le pays subit une pénurie de carburants aggravée par la chute de la monnaie locale qui a déjà subi deux dévaluations agressives depuis la fin de 2017.
Dans la capitale Khartoum, une queue devant une station-service peut durer jusqu'à douze heures.
Dans la capitale Khartoum, une queue devant une station-service peut durer jusqu'à douze heures. (Crédits : Reuters)

Les Soudanais font face depuis quelque temps à une pénurie de carburants causée par les difficultés d'approvisionnement en produits importés, en raison d'une autre pénurie en devises. Depuis 211, le pays est en effet passé du statut d'exportateur à celui d'importateur de pétrole, lorsque le Soudan Sud avait fait sécession de la République du Soudan, privant ainsi Khartoum des trois quarts de ses réserves pétrolières et d'importantes recettes en devises.

Douze heures de queue pour quelques litres de carburant

Selon Reuters, les queues devant les stations-service de la capitale peuvent durer jusqu'à plus de douze heures. Parallèlement, la monnaie locale a vu son taux de change passer de 33 à 35 livres pour un dollar sur le marché noir. Un taux qui devrait encore s'affaiblir dans les prochains jours. Côté inflation, son taux a atteint 55,6% en mars, contre 54,34% en février dernier.

La chute de la livre soudanaise s'est répercutée sur les prix des produits de consommation courante, alors que la fonte de sa valeur notamment sur le marché noir a poussé la Banque centrale à opérer deux dévaluations conséquentes depuis le début de l'année. Aujourd'hui, la monnaie soudanaise se négocie officiellement à quelque 28 livres pour un dollar, contre 6,7 à la fin de 2017.

Khartoum remet la main sur ce qui lui reste de site pétrolier

La monnaie nationale a par ailleurs atteint un creux record de près de 40 livres pour un dollar au début de l'année sur le marché noir. Il aura fallu une série de dévaluations agressives et l'interdiction des dépôts de dollars provenant du marché noir pour stopper l'hémorragie. La Banque centrale a par la suite introduit des restrictions sur les retraits bancaires.

Face à la pression de l'opinion publique, Abdelrahman Drar, ministre des Finances a soutenu ce 24 avril que cinq supertankers transportant des produits pétroliers seraient arrivés au Soudan pour pallier les pénuries. D'un autre côté, les opérateurs pétroliers nigérians Express et Misana viennent de céder à la Sudan National Petroleum Corporation (Sudapet) leur participation conjointe de 30% dans le champ pétrolifère soudanais d'al-Rawat. Cette opération devrait permettre à Sudapet d'augmenter la production du site situé le long du Nil, à 420 km au sud de Khartoum, de manière à réduire la désormais dépendance des importations pétrolières.

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