Etude  : la surexploitation des ressources naturelles aggrave le déficit écologique sur le Continent

Dans un rapport rendu public ce mercredi, l'Institut royal des études stratégiques au Maroc a exprimé ses inquiétudes vis-à-vis de l'évolution de l'empreinte écologique de l'Afrique, à l'origine de l'accélération de la situation du déficit écologique du Continent. L'institut a indiqué que cet indicateur pourrait doubler d'ici 2045 sous l'effet des changements profonds dans les modes d'occupation des territoires et d'exploitation des ressources naturelles et énergétiques de nombreux pays africains.

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L'empreinte écologique africaine a plus que triplé entre 1961 et 2012, portée par une croissance démographique de 277% sur le Continent. A l'horizon 2050, la population en Afrique devrait avoisiner les 2,5 milliards, alors qu'elle n'est que de 1,2 milliard d’habitants aujourd'hui.
L'empreinte écologique africaine a plus que triplé entre 1961 et 2012, portée par une croissance démographique de 277% sur le Continent. A l'horizon 2050, la population en Afrique devrait avoisiner les 2,5 milliards, alors qu'elle n'est que de 1,2 milliard d’habitants aujourd'hui. (Crédits : Reuters)

L'empreinte écologique de l'Afrique pourrait doubler d'ici 2045. C'est la conclusion d'un rapport publié ce 22 novembre 2017 par l'Institut royal des études stratégiques au Maroc (IRES) qui s'inquiète de ce que de nombreux pays africains creusent de plus en plus leur déficit écologique sous l'effet des changements profonds dans leurs modes l'occupation des territoires et d'exploitation des ressources naturelles et énergétiques. L'IRES précise également dans son étude que la situation est davantage plus inquiétante en Afrique du Nord et dans certains pays d'Afrique australe et d'Afrique de l'Est.

La thèse de l'organisme marocain est corroborée par les projections des Nations Unies qui avancent que d'ici à 2050, le continent africain hébergerait un milliard supplémentaire de personnes et enregistrerait un taux d'urbanisation de 56% contre 40% actuellement, démontrant ainsi le rôle crucial de la démocratie.

En effet, l'empreinte écologique de l'Afrique a affiché en 2012 un ratio de 1,4 hectare global par habitant, soit presque la bio-capacité du Continent. L'IRES avance comme preuve les données révélées par le think tank américain Global Footprint Network qui montrent que l'empreinte écologique africaine a plus que triplé entre 1961 et 2012, portée par une croissance démographique de 277% sur le Continent, couplée à une urbanisation dont le taux est passé, durant la même période, de 19% à 40%.

Pour remédier à cette situation et surtout freiner l'évolution decrescendo du déficit écologique qui menace le Continent, l'institut recommande une approche à deux volets du développement durable en Afrique avec des options «pour gérer les facteurs sous-jacents de la hausse de l'empreinte écologique ; et pour protéger et réhabiliter les écosystèmes africains en investissant dans l'infrastructure écologique».

Promouvoir les énergies renouvelables

Dans son rapport, l'organisme marocain insiste sur la question énergétique en faisant constater que le potentiel important d'énergies renouvelables, particulièrement en matière d'énergie solaire et éolienne, dont dispose l'Afrique, n'est que très faiblement mis à contribution pour répondre aux besoins énergétiques.

Le rapport indique également que l'exploitation de ce potentiel immense permettrait au Continent à la fois de sécuriser ses besoins énergétiques, à des fins de développement et de répondre aux impératifs de préservation de l'environnement. «L'Afrique peut faire des choix. Une approche plus durable du développement peut engendrer des bénéfices en termes de sécurité environnementale, de bien-être humain et de compétitivité», a exhorté le Rwandais Donald Kaberuka, ancien président de la Banque africaine de développement (BAD). Le continent africain devrait donc choisir l'électrification en prenant en compte les exigences en termes de développement humain en priorisant les énergies renouvelables, suggère le rapport.

Notons que le Rapport sur l'empreinte écologique de l'Afrique est un travail qui étudie l'évolution de l'utilisation des ressources, ainsi que ses impacts sur les écosystèmes africains et mondiaux, en se basant sur des mesures complémentaires de trois indices : l'indice Planète vivante, l'empreinte écologique et l'empreinte eau. Le rapport s'appuie sur une multitude d'études de cas relevant l'adoption de bonnes pratiques environnementales.

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Commentaire 1
à écrit le 24/11/2017 à 13:09
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"L’Afrique dans la modernité néolibérale. Responsabilités éthiques des multinationales capitalistes" https://www.monde-diplomatique.fr/2014/06/DESLOIRE/50545

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