Gabon : les administrations clés en grève, l’économie paralysée

La crise sociale au Gabon a atteint les secteurs clés de l'économie. Ce mercredi, les fonctionnaires des départements des Impôts, de la Douane, du Trésor public et des Hydrocarbures ont amorcé une grève d'avertissement de 72 heures dont les objectifs sont d'amener les autorités du pays à leur verser plusieurs mois d'arriérés de primes.
(Crédits : Reuters)

Le gouvernement gabonais est sous pression. Outre la crise socio-politique qui secoue le pays, les autorités sont obligées à faire face à un autre mouvement social dans les administrations clés de l'économie.

Ce mercredi, les fonctionnaires de plusieurs services du secteur, dont les Impôts, la Douane, le Trésor public et les Hydrocarbures, ont démarré une grève d'avertissement de trois jours dont le but est de contraindre le gouvernement à leur verser les mois d'arriérés de leurs primes. Ayant formé une intersyndicale afin de mieux se faire entendre, les personnels en question ont tenu un sit-in devant le siège du ministère de l'Economie à Libreville.

« Nous réclamons 3 mois d'arriérés de primes et 5 mois de bonus... Nous sommes venus ici pour dire au gouvernement d'ouvrir le dialogue mais nous avons trouvé le portail fermé par des policiers », a confié Erisco Wilfried Ossialas Mvou, le porte-parole des grévistes.

Selon lui, cette grève d'avertissement est destinée à attirer l'attention du gouvernement sur la question et l'amener à régler au plus vite les problèmes auxquels font face les fonctionnaires de ces ministères.

De son côté, le ministre gabonais de l'économie ne s'en cache pas. Il reconnait l'existence des arriérés de primes revendiqués par les grévistes mais a aussi révélé une nouvelle condition pour y accéder. Selon lui, les réformes en cours dans le secteur de l'économie du pays obligent les agents des administrations concernées à élever leur niveau de performance, notamment en collectant plus de recettes publiques, afin de mériter les primes réclamées. Une position que les grévistes ne comprennent pas et à laquelle ils ne sont pas prêts de céder.

Une crise qui a de lourdes conséquences

Les revendications se sont répandues dernièrement au Gabon, une situation causée par la crise économique et financière que traverse le pays, due à la chute des prix du pétrole. Le Gabon a vu ses recettes chuter gravement, alors que les matières premières, dont le pétrole restent la principale source de revenus. En conséquence, le taux de chômage a grimpé, les fonctionnaires ont commencé à accumuler des arriérés de prime, etc.

Afin de pouvoir assurer sa relance économique, amorcée avec un programme de diversification des sources de recettes économiques, le Gabon a dû faire recours au programme d'aide du Fonds monétaire international (FMI). L'institution a accordé un prêt de 642 milliards de francs CFA au pays, mais non sans condition. Le Gabon devrait effectuer des réformes afin d'augmenter ses recettes non pétrolières, lesquelles devraient être collectées par les grévistes.

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