Nigeria : bons baisers de Londres du président Buhari

Le pays en pleines incertitudes en raison de la persistance de la conjoncture économique dont les effets frappent le pays de pleins fouet depuis quelques temps, le président du Nigéria, a fait livrer un message plein d’espoirs pour ces concitoyens. Depuis son séjour médical londonien qui vient d’être prolongé, Muhammadu Buhari a reconnu les difficultés du moment mais a réitéré l’engagement de son gouvernement à agir afin d’améliorer le quotidien des nigérians.

4 mn

(Crédits : © Akintunde Akinleye / Reuters)

« Nous avons entendus, nous avons clairement compris vos doléances et nous allons agir pour les satisfaire ! » C'est en substances, l'essentiel du message que le président du Nigéria a bien voulu adresser à ces concitoyens. Un message plein d'espoirs et destiné à rassurer les populations du pays qui aurait pu avoir un grand effet, si ce n'était qu'il a été transmis par le vice-président Yemi Osinbajo. Le séjour médical à Londres du président ayant été prolongé alors qu'il devait rentrer à Abuja dimanche dernier, c'est le vice-président qui assure l'intérim qui s'est fait le porte-voix des autorités fédérales. Yemi Osinbajo intervenait, ce lundi matin, à l'ouverture du Forum économique consultatif entre le gouvernement et les représentants du secteur privé sur le plan de relance de l'économie nigériane 2017-2020 que le gouvernement nigérian est en train de finaliser.

« A ceux qui sont dans les rues protestant contre la situation économique et à ceux qui ne le font pas, mais se plaignent des difficultés économiques, nous vous entendons haut et fort », a déclaré le vice-président du Nigéria. Le président par intérim a également fait part des déclarations de Buhari, avec qui il a également échangé par téléphone, lequel estime à juste titre que les nigérians « méritent une vie décente ». De ce fait, les autorités fédérales « travaillent nuit et jour pour rendre la vie plus facile », a ajouté Yémi Osinbajo qui a par ailleurs fait part de certaines confidences du président fédéral sur la situation socio-économique actuelle et sa volonté d'agir avec tous les acteurs pour sortir le pays de cette mauvaise passe.

« Je sais à quel point les choses sont difficiles lorsque le salaire est insuffisant. Toute ma vie d'adulte, j'ai toujours gagné un salaire ». Muhammadu Buhari

Le vice-président Osinbajo a d'ailleurs animé par la suite une conférence de presse à la State House pour évoquer avec les médias le contenu de l'entretien téléphonique qu'il avait eu, quelques heures auparavant, avec le président Buhari.

Climat d'incertitudes

Comme on le voit, le message des autorités fédérales nigérianes est un message destiné à rassurer l'opinion des citoyens surtout à un moment où la polémique sur la santé du président Buhari s'ajoute au climat d'incertitude qui règne dans le pays. D'autant plus que l'engagement des autorités rappelle à bien des égards les ambitieuses promesses électorales du chef d'Etat nigérian, lesquelles tardent encore à se concrétiser alors qu'il s'approche de son mi-mandat.

De l'avis d'une large frange de la population du pays, les effets de la politique du nouveau régime tardent encore à se sentir dans le vécu quotidien et les perspectives économiques sont loin d'être reluisantes. A la décharge des autorités d'Abuja, l'ampleur de la crise économique qui est largement le fait de la production pétrolière, dont le pays est grandement dépendant, en plus d'une baisse drastique des cours de l'or noir sur les marchés internationaux. C'est dans ce contexte que Buhari est en effet arrivé au pouvoir et depuis la situation ne s'est guère améliorée, le Nigeria étant même entré en récession il y a quelques mois.

Le secteur privé appelé à la rescousse

En attendant des lendemains meilleurs, le gouvernement s'attelle désormais à finaliser son plan de relance économique qui constitue une de ces dernières cartouches pour atténuer l'impact de la crise et insuffler une nouvelle dynamique à l'une des plus importantes économies d'Afrique. C'est en ce sens d'ailleurs que le gouvernement a démarré ses consultations avec le secteur privé dont la contribution sera déterminante pour l'atteinte des objectifs prioritaires de la stratégie.

Le plan dont les grands axes ont été dévoilés récemment par le gouvernement, pourrait être adopté et signé par le président d'ici quelques semaines selon le ministre fédéral en charge du budget, du développement et de la planification nationale, Udoma Udo Udoma.

A court terme, le gouvernement ne peut pas compter sur l'impact du plan, lequel est étalé sur une période de trois ans, pour redorer son image au sein de l'opinion. Toutefois, certaines mesures prévues dans le budget 2017 pourraient envoyer un signal fort principalement aux investisseurs internationaux. Les opérateurs économiques sont plongés dans un relatif attentisme, ce qui soulève des inquiétudes sur le recours aux marchés financiers internationaux auquel se prépare le pays dans les prochaines semaines. Une sortie à hauts risques pour le Nigéria mais qui lui permettra, entre autres, de contenir la dégradation de son déficit public et aussi de disposer d'une relative marge pour la mise en œuvre de sa stratégie de relance économique. En veillant à apporter des débuts de solutions aux nombreuses doléances des citoyens...

4 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 1
à écrit le 09/02/2017 à 12:13
Signaler
Nigeria, Gabon, Tchad, Angola, Mozambique, Congo Brazza, Guinée Equato.... les temps sont durs quand la manne pétrolière s'évapore. Les reformes sont dures pour des peuples habitués à recevoir gratuitement sans trop travailler. les autres pays à éc...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.