Le Ghana sur le point d’émettre jusqu'à 2,5 milliards de dollars d'euro-obligations

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La banque centrale du Ghana va emprunter 2,5 milliards de dollars sur les marchés internationaux.
La banque centrale du Ghana va emprunter 2,5 milliards de dollars sur les marchés internationaux. (Crédits : Reuters)
Faisant fi des recommandations du FMI de limiter sa dette, le Ghana compte emprunter jusqu’à 2, 5 milliards de dollars, dans les semaines à venir, à un taux de près de 7%, nettement inférieur aux ventes précédentes. Le pays de Nana Akufo-Addo qui s’attend à une croissance d’environ 8%, avec un taux d’inflation qui a chuté de 15,4% à 10,4% entre 2017 et 2018, veut s’endetter sur les marchés mondiaux. Le Ghana, sorti du programme du FMI, a élaboré un ambitieux plan de développement basé, en partie, sur l’amélioration des recettes fiscales et la transformation du pays en un hub aéroportuaire pour la sous-région.

Le Ghana va emprunter sur les marchés internationaux quelque 2,5 milliards de dollars pour refinancer une partie de sa dette et boucler son budget 2018. Le nouvel eurobond du Ghana, toujours aux prises avec un endettement équivalent à environ 69% de son PIB, intervient alors que le gouvernement vient d'annoncer sa sortie du programme de crédit de 918 millions de dollars du Fonds monétaire international (FMI), d'ici la fin de l'année.

«Nous voudrions avoir un taux de 7%, mais le taux obtenu dépendra des propositions sur le marché», a déclaré Ken Ofori-Atta, ministre des Finances du Ghana, à l'agence Reuters ce mardi 24 avril.

Evoquant l'attractivité du pays pour les investisseurs -sachant que le Ghana, encore très endetté, a claqué la porte du FMI- le ministre ghanéen estime que les investisseurs ont juste besoin de rendements et que le Ghana leur offre cette rentabilité.

Le Ghana espère obtenir un prêt sur une période de 20 à 30 ans, alors que son eurobond le plus récent est une obligation non garantie venant à échéance en 2022. Celui-ci s'est échangé en septembre 2016 sur les marchés à un taux de 9,25%. Depuis, les données économiques du pays se sont considérablement améliorées.

En effet, l'inflation était de 15,4% lorsque le nouveau gouvernement du président Nana Akufo-Addo a pris le pouvoir en janvier 2017. Or, en mars 2018, l'inflation annuelle des prix à la consommation a baissé pour s'établir à 10,4%.

Un plan de redressement ambitieux

Le pays qui s'attend à la croissance la plus élevée du Continent (environ 8%), veut également diversifier ses emprunts en envisageant d'émettre en yen japonais, après avoir consolidé le renforcement de son économie. L'opération passe par une kyrielle de mesures envisagées par le gouvernement et incluant une meilleure collecte de l'impôt. «L'un des principaux défis est de construire un meilleur système de collecte des impôts», estime Ofori-Atta.

Au Ghana, un pays de plus de 28 millions d'habitants, l'impôt sur le revenu des particuliers est payé par environ 1,5 million de contribuables, alors que 6 millions d'actifs opèrent dans l'économie informelle. En marge des mesures visant à assainir le système économique, le ministre des Finances du pays, Ofori-Atta, a déclaré que le Ghana souhaite s'engager dans un projet de développement économique transformationnel et d'envergure, à l'image du barrage d'Akosombo, achevé en 1965 et qui a permis d'exploiter l'énergie hydroélectrique du bassin de la Volta.

«Ce que nous suggérons, c'est de créer un centre logistique aéroportuaire, comme Dubaï - lequel desservirait toute la région avec plus de 350 millions de personnes», a-t-il suggéré. Le coût préliminaire d'un tel projet s'élèverait à plus de 3 milliards de dollars et serait à la mesure de répondre à une clientèle de 20 millions de voyageurs par année.

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