Cameroun : la DGI s'attend à des recettes record en Droits de timbre automobile

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(Crédits : Reuters)
Alors que le Cameroun  fait face à une importante dette dont il a déjà pris l'engagement de payer une partie dans les jours à venir, les recettes fiscales sont d'une importance capitale pour atteindre les objectifs du pays. Pour cette année 2018, l'Etat envisage de collecter 9,5 milliards de francs CFA de recettes du Droit de timbre automobile.

Le Cameroun, à la recherche de fonds pour renflouer les caisses de l'Etat, a mis une fois encore la barre très haute en ce qui concerne les recettes fiscales. Pour l'année en cours, la direction générale des impôts (DGI) s'attend à des recettes record de Droit de timbre automobile (DAT) de 9,5 milliards de francs CFA. Selon l'administration fiscale, cette performance représenterait une augmentation d'un peu plus d'un milliard de francs CFA par rapport à l'année 2017 où les recettes du DAT ont été enregistrées à 8,2 milliards de francs CFA. La DGI a expliqué qu'elle a pris déjà afin de pouvoir atteindre cet objectif notamment à travers l'implémentation de la réforme de la collecte des DTA entrée en vigueur le 1er janvier 2017, laquelle confie aux compagnies d'assurance le prélèvement de cet impôt.

Economie de temps et d'argent

Pour atteindre ces recettes de 9,5 milliards de francs CFA, la DGI ne s'attend pas forcement à une augmentation de la collecte mais surtout à une réduction des dépenses «inutiles» en temps et en argent qu'occasionnaient les procédures un peu trop lourdes. La réforme s'inscrit dans «le cadre de la modernisation de l'administration fiscale, cette dématérialisation permettant à l'Etat de faire des économies de temps et d'argent», explique la DGI. Selon elle, l'Etat dépensait en moyenne 409 millions de francs CFA dans l'importation des vignettes, lesquels sont désormais économisés. «Ces vignettes fiscales autocollantes étaient produites à l'extérieur du pays. Il fallait les réceptionner, les enlever du fret aérien, les acheminer au ministère des finances, les compter, les surveiller, trouver des espaces de stockage et approvisionner l'ensemble du territoire national. Et cela se faisait manuellement, avec des erreurs de comptage qui pouvaient survenir», a précisé Jean Celestin Nanaoua, inspecteur principal des impôts, sous-directeur des valeurs fiscales à la DGI. «La paperasse est en train de disparaître», a ajouté le responsable vantant les mérites de la réforme.

Au-delà des pertes de temps et d'argent que la DGI a voulu éviter, elle redoute aussi les fraudes. Nanaoua explique que la manipulation des vignettes est porteuse de plusieurs risques. «Tant qu'on a un document physique, on court le risque de le voir falsifié. Avec la dématérialisation, la contrefaçon disparaît. La destruction desdits stocks et invendus n'étant pas sans conséquence sur l'environnement», a ajouté l'expert. Selon lui le paiement du DTA auprès des compagnies d'assurances rend efficace le paiement de la vignette et améliore pour ainsi dire, le taux de couverture des assurances automobiles. Les parts de marché de cette dernière sont passées de 12,61% en 2015 à 15,49% grâce à la réforme du DTA.

Rappelons que le Cameroun n'est pas le premier pays à dématérialiser le payement du DTA. Cette réforme s'inscrit beaucoup plus dans une tendance mondiale alors qu'on loue son efficacité. Avant le Cameroun, les pays africains comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Maroc, etc., sont déjà entrain de l'expérimenter.

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