Face à sa dette insoutenable, la Gambie demande une restructuration à ses créanciers

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Le président gambien Adama Barrow qui a lancé plusieurs projets pour améliorer les conditions de vie de ses compatriotes, doit aussi faire face à une dette insoutenable et qu'il doit pourtant rembourser
Le président gambien Adama Barrow qui a lancé plusieurs projets pour améliorer les conditions de vie de ses compatriotes, doit aussi faire face à une dette insoutenable et qu'il doit pourtant rembourser (Crédits : Reuters)
Alors que sa dette est devenue insupportable pour sa relance économique, la Gambie a lancé un appel à ses créanciers pour une restructuration. Banjul se voit bloquer par les remboursements dans ses programmes de financement des infrastructures nécessaires. La dette culmine aujourd'hui à 120% du PIB très loin du niveau de 2013 avec 80% du PIB.

Depuis son arrivée au pouvoir à la fin 2016, le président gambien Adama Barrow qui a lancé plusieurs projets pour améliorer les conditions de vie de ses compatriotes, doit aussi faire face à une dette insoutenable et qu'il doit pourtant rembourser. Afin de mieux gérer le problème, le gouvernement gambien vient de demander à ses créancier de rendre supportable sa dette en procédant à une restructuration. « Nous lançons un appel à tous, au Club de Paris ainsi qu'aux créanciers bilatéraux et multilatéraux... La dette représente actuellement 120% de notre PIB. Elle est très élevée et c'est la raison pour laquelle nous demandons une restructuration », a déclaré le ministre gambien des finances Amadou Sanneh, en déplacement à Paris pour participer jeudi dernier à un forum organisé par le Club de Paris, qui regroupe des créanciers publics, dont des pays comme la France, les Etats-Unis, l'Allemagne ou le Japon.

Selon les données de la Banque mondiale, à un tel niveau d'endettement (1 milliards de dollars), les intérêts à rembourser détournent une part importante des ressources de l'Etat, une part évaluer à 50% des recettes budgétaires de la Gambie, empêchant les autorités de mener à bien des projets publics. Pour preuve, le plan de 2,5 millions de dollars d'investissements dans l'énergie les infrastructures et l'agriculture du président Adama Barrow qui peine de se mettre sur pied. « Notre dette est insoutenable ... Le service de la dette accapare une part énorme des ressources de l'Etat, ne laissant qu'une marge de manœuvre budgétaire minime pour le financement requis des infrastructures cruciales et du capital humain », déclarait le gouvernement gambien lors de la présentation de son plan de développement.

Une nécessité pour la Gambie

La restructuration de la dette gambienne se révèle aujourd'hui pour le pays. Le plus petit de l'Afrique occidentale enclavé dans le Sénégal, à l'exception d'une étroite façade côtière prisée des touristes, a une économie qui se repose essentiellement sur l'agriculture et le tourisme. Ainsi, le Plan de développement gouvernemental 2018 à 2021 qui prend en compte un investissement de 2,5 milliards de dollars dans l'énergie les infrastructures et l'agriculture, est d'une priorité incontestable. Le pays en a besoin pour relancer son économie plongée dans le noir par une gestion ultra-contestée de l'ancien président Yahya Jammeh qui d'une main de fer à régner sur les destinée du pays. L'Administration Barrow en a conscience. « Nous n'avons pas de marge de manœuvre budgétaire. Mais nous avons toujours des défis comme fournir de l'électricité à nos citoyens, ainsi que des routes et des infrastructures », a indiqué M. Sanneh. Cette restructuration sera aussi utile pour aider le pays ouest-africain à atteindre les prévisions de croissance économique de la Banque africaine de développement de 3,5% en 2017 et 4,8% en 2018, une forte augmentation par rapport aux 2,1% de 2016.

La dette de la Gambie qui représentait 80% de son PIB en 2013 a connu une forte augmentation pour se retrouver à 120% du PIB en 2017. Dans les institutions de Bretton Woods, on estime qu'entre 2013 et 2016 la richesse nationale par habitant a chuté de 20%, s'établissant actuellement à 435 dollars. Le classement en matière de développement place la Gambie à la 175ème place sur 187 alors que le taux d'alphabétisation dans le pays tourne autour des 50%.

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Commentaires
a écrit le 28/12/2017 à 19:50 :
Merci pour cet article mais attention aux fautes d'orthographe !
a écrit le 20/11/2017 à 18:24 :
La France c'est pratiquement 100% du PIB !
Guère mieux !

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