CEMAC : Sur fond de crise, quatre Etats émettent des titres sur le marché de la BEAC

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Le Cameroun a opéré trois émissions en seulement un mois sur le marché des titres de la Banque des Etats de l'Afrique centrale.
Le Cameroun a opéré trois émissions en seulement un mois sur le marché des titres de la Banque des Etats de l'Afrique centrale. (Crédits : DR.)
Le marché obligataire de la Banque des Etats de l'Afrique centrale sera très chargé ce mercredi 5 juillet 2017. Le Cameroun, le Gabon, le Congo et la Centrafrique tenteront d'y mobiliser une enveloppe globale de 28 milliards de francs CFA, à travers une émission de titres publics. Une nouvelle opération qui en dit long sur les difficultés de trésorerie que vivent plusieurs pays de la sous-région.

L'affluence des pays d'Afrique centrale sur le marché des titres de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de centrale (BEAC) ne cesse de prendre de l'ampleur cette année. Après un tour très prolifique le mois passé, des pays comme le Cameroun et le Gabon y seront encore présents ce mercredi 5 juillet. Ils seront accompagnés du Congo et la Centrafrique.

Ces quatre pays de la zone Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) émettront des titres publics sur le marché de la BEAC en vue de mobiliser une enveloppe globale de 28 milliards de Fcfa. Mais cette fois-ci, le Gabon devrait se tailler la part du lion : plus gros émetteur pour l'opération, le Gabon s'attend à lever près de 11 milliards de francs CFA, à travers l'émission de bons du Trésor assimilables (BTA) d'une maturité de 26 semaines. La Centrafrique, qui tentera elle de mobiliser 4 milliards de francs CFA, procédera de la même manière que le Gabon.

Quant au Trésor public camerounais, déjà à sa troisième émission en seulement un mois, tentera de lever 5 milliards de Fcfa, alors que le Congo essayera de collecter auprès des souscripteurs 8 milliards de francs, avec une émission de BTA d'une durée de maturité identique à celle du Cameroun,

Une affluence sur fond de crise

Quand bien même les besoins en fonds seraient urgents, ces allers-retours vers le marché des titres aggravent davantage le niveau d'endettement de plusieurs pays, à l'exemple du Cameroun. L'émission de titres de ce pays sur le marché, le 14 juin dernier, n'a pas attiré grand monde. Les taux de souscription sont passés de 600% à 200%, voire à 97%  depuis le début de l'année, alors que les taux d'intérêt exigés par les investisseurs ont grimpé d'environ 1% entre avril et juin 2017, pour arriver à 3,5% en moyenne, contre 2,5% seulement en 2016. Le Cameroun subit ainsi la concurrence des autres pays, notamment parmi les producteurs de pétrole comme le Gabon, le Tchad et la Guinée équatoriale. Depuis le début de l'année, ces trois pays sont devenus très actifs sur le marché des titres. Une situation qui a réduit les marges de manœuvre du Trésor camerounais.

Pour plusieurs observateurs, le Cameroun devrait s'attendre à une augmentation de sa dette intérieure, à cause notamment des charges d'intérêts plus importantes enregistrées sur le marché des titres, où le pays a prévu une levée annuelle estimée à 300 milliards de francs CFA.

L'animation constante de marché des titres de la BEAC est assez compréhensible. Depuis 2015, avec la crise des prix du pétrole, dont les revenus constituent la base de l'économie des quatre autres pays de la zone CEMAC (Gabon, Tchad, Congo et Guinée équatoriale), plusieurs Etats vivent au rythme incessant des difficultés de trésorerie. D'après les données de la BEAC, depuis le lancement du marché financier en 2011, les Etats de la sous-région ont mobilisé pas moins de 4 000 milliards de francs CFA.

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