Le Sénégal mise sur l'investissement interne

Le mois prochain, les députés sénégalais vont se réunir pour voter le budget de l’année 2017 qui devrait enregistrer 200 milliards de FCFA de plus par rapport au budget en cours. Dans cette hausse du budget, le gouvernement sénégalais entend donner la priorité à l'investissement interne pour réduire sa dépendance de l'extérieur.

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(Crédits : Reuters)

Il y a un an le budget du Sénégal n'était que de 2. 869 milliards de FCFA (4,8 milliards de dollars), soit une augmentation de 153 milliards de FCFA (2,7 millions de dollars) par rapport à celui de 2014. Mais après avoir franchi le cap des 3.000 milliards en 2016, une première pour le pays, le budget 2017 sera à plus de 3.200 milliards. Une augmentation qui n'est pas à négliger puisque non seulement elle confirme le statut de pays émergent du Sénégal mais aussi elle démontre le taux de productivité du pays.

Hausse des investissements internes

Dans le budget qui sera voté par les parlementaires sénégalais pour l'exercice 2017, quelque 973 milliards de FCFA serviront à des dépenses d'investissement financés sur ressources internes. Cela équivaut à 34% du budget destiné au financement de l'investissement. Comparativement au budget en cours on voit une augmentation de plus de 300 milliards, constituant la part de financement de l'investissement sur ressources internes. Le ministre de l'économie Amadou Ba a promis de travailler pour faire en sorte que « les dépenses d'investissement soient faits à partir de ressources internes, réduisant par la même occasion la dépendance vis-à-vis de l'étranger ».

Il faut aussi noter une prévision d'une réduction considérable du déficit budgétaire. Estimé à 4,3% à la fin de l'année budgétaire en cours, les experts planchent pour un déficit de 3,8% fin 2017, avec un taux d'inflation de 1%. Le Sénégal deviendrait ainsi le pays dont le taux d'inflation est le plus bas dans la zone l'Union économique et monétaire ouest-africaine. Avec un taux de croissance prévu de 6,6% hors agriculture le pays est bien proche des prévisions du gouvernement sénégalais estimées à 7%

Réduction de la dépendance à l'extérieur

Le Sénégal s'affirme de plus en plus comme une grande économie de la sous-région ouest africaine. Avec un budget établi à 3 022 milliards FCFA, le Sénégal occupe la 4ème place dans le classement des pays de la zone Franc en fonction des budgets nationaux en 2016. Il devance le Gabon (2 626 milliards FCFA), le Mali (1 999 milliards FCFA) et le Burkina Faso (1 839 milliards FCFA) suivent au classement ». Dans le trio de tête, on retrouve la Côte d'Ivoire (5 813 milliards FCFA de budget), le Cameroun (4.235 milliards FCFA) et le Congo (3 779 milliards FCFA).

Un « budget de développement, d'investissement dans les secteurs sociaux et de lutte contre la pauvreté », c'est comme cela que le ministère du Budget voit la nouvelle loi des finances. « Dans un environnement avec beaucoup de revendications, l'objectif est de maintenir le budget à un niveau soutenable et respectant le cadrage macroéconomique ». L'année 2017 coïncide avec la troisième année du Plan Sénégal Emergent (PSE), vaste plan de développement économique du président Macky Sall. Il devrait permet de renouveler l'engagement du gouvernement sénégalais : mobiliser le maximum de ressources d'investissement pour assurer la transformation structurelle de l'économie et élargir l'accès des populations aux services sociaux de base.

Et pour ce faire, le Sénégal compte plus sur ses propres fonds. « Les comportements des régies financières en matière de mobilisation de ressources sont plus performantes qu'à l'orée des années 2000 ... les objectifs fixés aux administrations des Douanes et des impôts seront largement dépassés » assure le ministre sénégalais du Budget, Birima Mangara. Si dans les années 2000 le budget dépendait à 78% de l'extérieur, le budget du Sénégal ne dépend de l'extérieur qu'à 42% en 2016. Selon les prévisions, ce chiffre devrait retomber à 40 % en 2017. Signe «de la conquête de notre souveraineté budgétaire puisque nous aspirons devenir un pays émergent à l'horizon 2035 » selon Seydou Guèye, un ministre délégué à la primature.

Un défi pour ce pays de 14 millions d'habitants où de 6,3 millions de personnes soit 46,7% de la population sénégalaise vit en dessous du seuil de pauvreté d'après les données de l'Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal (ESPS II).

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