Niger : étouffée par la contrebande, Braniger, l'unique brasserie du pays, met la clé sous la porte

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Les importations massives ont finit par avoir raison des activités de la Barniger, filiale du groupe Castel, et seule brasserie du pays.
Les importations massives ont finit par avoir raison des activités de la Barniger, filiale du groupe Castel, et seule brasserie du pays. (Crédits : actuniger)
La société des Brasseries et boissons gazeuses du Niger (Braniger), filiale du groupe français Castel, a cessé ses activités dans le pays. Plombée par des difficultés financières en raison des importations massives et assez souvent frauduleuses, les actionnaires ont décidé de liquider la société malgré la volonté du gouvernement de voler au secours de la Braniger, jadis un des fleurons de l’industrie locale.

C'est la fin d'une époque pour les amateurs de la « bière Niger », la célèbre « Conjo », une des marques locales les plus prisées des produits de la société des Brasseries et boissons gazeuses du Niger (Braniger). La société vient d'être en effet liquidée selon une annonce de son directeur général, Xavir de Boisset, qui vient d'être nommé liquidateur à la suite de la réunion des actionnaires qui s'est tenue le 10 juin dernier à Niamey.

La fermeture de la Braniger était annoncée depuis quelques temps et est devenue inéluctable à la suite de la dernière réunion du Conseil d'administration de la maison-mère, le groupe français Castel. Fin mai, le directeur général Xavier de Boisset, avait a travers une note, informé les clients et partenaires, que « face aux pertes cumulées depuis plusieurs années et compte tenu de la baisse des ventes depuis le début de l'année, le conseil d'administration a convoqué une assemblée générale pour le 10 juin en vue de dissoudre la Braniger, ce qui entraînera ainsi dans les prochaines semaines l'arrêt des activités de productions et des ventes ».

Concurrence déloyale et importations massives

La conjoncture a eu donc raison de la Braniger qui essaie depuis plusieurs années de survivre à une concurrence parfois déloyale des produits massivement importés des pays voisins, et qui inondent le marché local. Malgré les investissements consentis ces dernières années, ainsi que les facilités fiscales accordées par le gouvernement, les comptes de la société ne se sont guère améliorés et les perspectives sont toutes aussi moroses.

Le gouvernement avait d'ailleurs essayé de voler au secours de la Braniger afin de sauver les emplois mais les deux parties ne se sont finalement pas accordés sur les exigences fiscales que réclamait la société pour se maintenir à flot. Après avoir annoncé dans un premier temps que « le gouvernement est disposé à s'asseoir autour d'une table pour étudier toutes les propositions permettant de sauver, dans la mesure du possible, cette unité industrielle », le ministre de l'industrie, Mallam Zaneidou Amirou, a annoncé vouloir chercher un éventuel repreneur des activités de la société.

La Braniger, qui est aussi embouteilleur pour Coca Cola, est l'unique brasserie du Niger. Elle a été créée en 1967 sous forme d'entreprise publique avant d'être privatiser dans les années 2000 suite au processus de libération de l'économie nigérienne. C'est le groupe français Castel qui l'a rachetée et jusqu'en 2016, son usine principale située dans la zone industrielle de Niamey, employait une centaine de salariés.

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