Niger : nouveau coup de pouce de la BAD pour la construction d'un barrage à Kandadji

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Alors qu'ils étaient à l'arrêt depuis plusieurs années, le président Issoufou Mahamadou a finalement relancé, le 26 mars dernier, les travaux du barrage de Kandadji qui seront réalisés par le chinois CGGC.
Alors qu'ils étaient à l'arrêt depuis plusieurs années, le président Issoufou Mahamadou a finalement relancé, le 26 mars dernier, les travaux du barrage de Kandadji qui seront réalisés par le chinois CGGC. (Crédits : DR)
La Banque africaine de développement (BAD) vient de débloquer une enveloppe de 128,8 millions de dollars en faveur du Niger. Cette aide financière est destinée à la réalisation du Barrage de Kandadji, une infrastructure stratégique pour le pays qui compte ainsi résorber son déficit énergétique et renforcer sa production agricole.

La BAD continue à accompagner le gouvernement nigérien dans la réalisation du très attendu barrage hydroélectrique de Kandadji. Le conseil d'administration de la banque panafricaine a en effet approuvé, lors de sa session du mercredi 22 mai 2019 à Abidjan, une aide financière de 128,8 millions de dollars, soit près de 76 milliards de Fcfa, au Niger pour la réalisation du Projet d'appui au programme «Kandadji» de régénération des écosystèmes et de mise en valeur de la vallée du Niger (PA-KRESMIN).

Selon la BAD, cette aide se compose d'un prêt de 65,1 millions de dollars et d'un don de 49,7 millions de dollars du Fonds africain de développement (FAD), ainsi que d'un prêt de 14 millions de dollars de la Facilité d'appui à la transition (FAT). Cet appui supplémentaire conforte la BAD comme chef de file de la dizaine de partenaires qui interviennent sur ce programme à la fois «stratégique, structurant, multisectoriel, de portée nationale et transfrontalière», comme le fait remarquer le président de la BAD :

«C'est un projet extrêmement important pour le Niger. Il y a une situation migratoire dans ce pays parce que les gens n'ont pas d'opportunités et il y a de l'insécurité parce que les gens sont désespérés. Il faut offrir une chance aux gens».

La mise en œuvre du projet «Kandadji» est étalée sur six ans (2019-2025), et consiste en la réalisation d'un barrage à buts multiples qui devrait créer un véritable pôle de développement économique dans la région de Tillabéry, une des régions les plus vulnérables du Niger, avec des niveaux élevés de fragilité et de pauvreté selon la BAD. Plus de trois millions de personnes vivent dans cette zone, dont 1,53 million de femmes, actives dans l'économie locale, notamment dans le maraîchage, l'artisanat, la commercialisation et la transformation des produits.

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Un projet structurant pour l'économie nigérienne

Ce coup de pouce de la BAD fait suite à celui consenti par l'AFD le 30 avril dernier à travers la convention de prêt concessionnel signée entre l'Agence française et l'Etat du Niger. D'un montant de 50 millions d'euros (32,8 milliards de Fcfa), le financement entre dans le cadre du financement partiel du barrage de Kandadji, en particulier la construction de la centrale hydroélectrique.

Le barrage de Kandadji est très attendu par les autorités et les populations. Son entrée en service était prévue depuis des décennies, mais la réalisation a connu une série de couacs. Après plusieurs années où le projet était relégué aux calendes grecques, le président Issoufou Mahamadou s'est engagé à reprendre les travaux grâce à l'appui de plusieurs partenaires (BAD, AFD BADEA,...). Le 26 mars dernier, le chef de l'Etat a donné le coût d'envoi des travaux qui sont désormais confiés à China Gezhouba Group Company. (CGGC) pour un coût global de 150 milliards Fcfa.

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Le barrage sera doté d'une capacité de 130 MW, pour une production annuelle de 629 GWh. Selon les autorités nigériennes, la mise en service du barrage permettra de diviser par 10 le coût de l'énergie par rapport au fuel en améliorant la fourniture de l'électricité au Niger de 55%, en plus de contribuer à l'irrigation de plusieurs milliers d'hectares pour l'accroissement de la production agricole et celle du cheptel.

«En mettant l'accent sur le développement d'une agriculture résiliente et en ciblant des actions concrètes pour stimuler l'économie locale, la création d'emplois pour les jeunes et l'autonomisation des femmes, le programme Kandadji touche les facteurs clés de réduction de la fragilité et du renforcement de la résilience du pays», s'est félicité Marie-Laure Akin-Olugbade, directrice générale de la BAD pour l'Afrique de l'Ouest.

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