En tournée dans la Corne de l’Afrique, Macron en quête de nouveaux marchés

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A Addis Abeba, le président Macron aura un entretien avec le Premier ministre Abiy Ahmed qu'il a déjà reçu à l'Elysée en octobre dernier.
A Addis Abeba, le président Macron aura un entretien avec le Premier ministre Abiy Ahmed qu'il a déjà reçu à l'Elysée en octobre dernier. (Crédits : DR)
Le président français entame à partir de ce lundi 11 mars, une visite de quatre jours en Afrique de l’Est. Emmanuel Macron se rendra successivement à Djibouti, en Ethiopie et au Kenya, de nouveaux marchés cibles pour la France qui s’intéresse de plus en plus aux pays anglophones, à la dynamique de croissance plus soutenue que son traditionnel pré carré francophone. En VRP des entreprises françaises, le chef d’Etat va signer des contrats et des accords de coopération, bien que dans cette région, la concurrence -notamment chinoise- a pris une sérieuse longueur d’avance.

Emmanuel Macron reprend son bâton de pèlerin pour se faire le «VRP» des entreprises françaises en Afrique. Le président français sera en déplacement, à parti de ce lundi 11 mars, dans 3 pays africains de la Corne de l'Afrique. Il s'agit de Djibouti, de l'Ethiopie et du Kenya, trois pays de l'Afrique de l'Est sur lesquels la France a des visées depuis plusieurs années.

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 A Djibouti où Macron est attendu ce lundi 11 mars un peu tard dans la soirée, il sera surtout question pour le président français de réchauffer les relations avec son ancienne colonie qui accueille toujours la plus grande base militaire française sur le Continent, avec ses 1 400 soldats. C'est la première visite d'un chef d'Etat français dans ce petit pays africain, depuis celle de Nicolas Sarkozy en janvier 2010. Pour Paris, cette visite sera donc l'occasion de repositionner la France à Djibouti qui s'érige de plus en plus comme un hub logistique et financier et dont la position géographique stratégique attise de plus en plus de convoitises.

Avec son homologue djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, le président français va échanger sur la place de la France dans le pays et surtout l'influence grandissante de la Chine, qui dispose désormais aussi d'une grande base militaire, et dans une moindre mesure, les Etats-Unis, autre puissance présente militairement dans le petit pays. Peu après son entretien avec le président djiboutien, le président Macron mettra le cap sur l'Ethiopie, seconde étape de sa nouvelle tournée africaine.

Afrique de l'Est, une niche de croissance

A Addis Abeba où il est attendu dans l'après-midi du mardi 12 mars, le président français entame la partie la plus importante de son nouveau périple africain. Après un entretien avec la présidente Salhe-Work Zewde, c'est surtout avec le nouveau Premier ministre Abiy Ahmed que le président Macron échangera sur les moyens de renforcer la coopération économique entre les deux pays. Les deux hommes se sont déjà rencontrés en octobre dernier à l'Elysée à l'occasion de la visite qu'a effectuée le nouveau Premier ministre éthiopien en France. Durant son séjour dans la capitale éthiopienne, le chef de l'Etat français rencontrera le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, avant de mettre le cap sur le Kenya dans la journée du mercredi 13 mars.

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 A Nairobi tout comme à Addis Abeba, le séjour d'Emmanuel Macron a un caractère plus orienté «business». Il s'agit dans ses deux pays d'Afrique de l'Est qui enregistrent des taux de croissance parmi les plus dynamiques du Continent d'accéder à de nouveaux marchés prometteurs. L'Ethiopie avec ses 100 millions d'habitants et les réformes qu'elle a engagées pour attirer plus d'investissement est en effet une cible des hommes d'affaires français. C'est aussi le cas du Kenya qui accueille déjà plusieurs entreprises françaises, mais de moindre importance au regard du potentiel du marché. Le président français est d'ailleurs accompagné dans son déplacement en Ethiopie et au Kenya par une importante délégation de chefs d'entreprises françaises, à l'image du PDG de Danone, Emmanuel Faber, celui d'Orange, Stéphane Richard, ou encore Jean-Bernard Levy, PDG d'EDF, Corinne de Bilbao, PDG de GE Alstom France, et la directrice générale d'Engie, Isabelle Kocher.

Marchés anglophones

Au Kenya où c'est la première visite d'un chef d'Etat français dans le pays depuis son indépendance en 1963, Emmanuel Macron a de grandes ambitions. A la clé, des contrats de près de 3 milliards d'euros devront être signés entre les deux pays dans les secteurs du transport, des infrastructures, de l'énergie et de la smart city. Le président français aura un entretien avec son homologue kényan, Uhuru Kenyatta, avec qui il assistera également, jeudi, au Sommet «One Planet» dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations unies pour l'environnement.

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Avec cette tournée africaine, Emmanuel Macron conforte la stratégie de conquête de nouveaux marchés africains qu'il a annoncée au lendemain de son arrivée à l'Elysée. L'année passée, il s'est déjà rendu au Nigeria et au Ghana, des marchés à fort potentiel de croissance. Alors que la France est en train de perdre de son influence dans ses anciennes colonies francophones, cette quête de nouveaux débouchés est une nécessité pour les entreprises françaises. Comme dans sa zone traditionnelle francophone, la France va pourtant devoir face à une concurrence rude, notamment chinoise, dans les nouveaux marchés qu'elles visent dans les pays anglophones.

Ces derniers sont certes à la recherche de nouveaux partenaires économiques, mais Pékin a pris une sérieuse longueur d'avance sur ces marchés qui recèlent encore de beaucoup d'opportunités, notamment dans les domaines de l'innovation et des nouvelles technologies. Des niches sur lesquelles les entreprises de l'Hexagone entendent se positionner pour mieux s'implanter dans la région...

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Commentaires
a écrit le 12/03/2019 à 1:18 :
Le rôle d'un "Président" n'est pas faire le travail des marchés mais d'améliorer l'entente des peuples!

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