Zimbabwe : salaires présidentiel et des fonctionnaires réduits, austérité oblige

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Mthuli Ncube, ministre zimbabwéen des Finances, avait occupait auparavant le poste d'économiste en chef et de vice-président de la Banque africaine de développement.
Mthuli Ncube, ministre zimbabwéen des Finances, avait occupait auparavant le poste d'économiste en chef et de vice-président de la Banque africaine de développement. (Crédits : Reuters)
«L’austérité nous conduira à la postérité!». L’intitulé du projet de budget 2019, le premier sous l’ère Mnangagwa, donne un aperçu des premiers mois de la gestion du successeur de Robert Mugabe, un an après son entrée au State House d’Harare. Le projet tient désormais en peu de mots : les Zimbabwéens devront se serrer la ceinture en attendant la relance de l’économie. Et cela commence dès janvier 2019 par une coupe dans les salaires des hauts fonctionnaires, le président de la République inclus.

Sans doute une réponse d'Emmerson Mnangawa au désenchantement constaté un an après son élection comme successeur de Robert Mugabe. Le nouveau président zimbabwéen a décidé de soumettre son pays à une cure d'austérité pour relancer une économie encore traversée par une crise aiguë. Mais la promesse électorale de Mnangagwa pour remettre cette économie sur les rails a connu beaucoup de retard. Et le citoyen en subit les conséquences.

Dégraissage de l'administration

Dans les rues zimbabwéennes, l'agacement puis la colère avaient commencé à monter. Depuis octobre, aux longues files d'attente devant des magasins presque vides ont succédé une inflation galopante (20%) et une pénurie des denrées de première nécessité. En guise de solution, Mthuli Ncube, ministre des Finances, a présenté, ce jeudi 22 novembre, son projet de budget pour l'année 2019. Un budget de 6,6 milliards de dollars essentiellement tourné vers l'austérité.

Cela commence par un dégraissage de l'administration. La mesure phare du nouveau programme économique est l'entrée en vigueur à partir de janvier 2019 d'un abattement de 5% sur les salaires de tous les hauts fonctionnaires. Cette mesure concerne aussi bien le salaire présidentiel que celui des ministres, des directeurs d'entreprises publiques, des secrétaires d'Etat ou des secrétaires permanents.

Une mesure qui devrait permettre d'alléger les charges de l'Etat, puisque la masse salariale de la fonction publique absorbe jusqu'à 90% des revenus du pays. Le dégraissage de la fonction publique s'accompagne d'une identification formelle des fonctionnaires. Un fichier biométrique sera mis en place pour lutter contre le phénomène de «fonctionnaires fantômes», mais aussi pour extraire de l'administration ceux qui ne sont plus en poste ou décédés.

Une application des «conseils» des créanciers

Et pourtant, même en temps d'austérité, l'Etat pense à mettre la main à la poche. Quelque 53 millions de dollars des 6,6 milliards de dollars seront affectés aux compensations des fermiers blancs, expropriés de leurs terres dans les années 2000, sous l'ère Mugabe. La redistribution de ces terres aux noirs s'était faite en faveur du cercle de l'ancien président, dont certains membres sont aujourd'hui tous au pouvoir. Une question sur laquelle l'Administration Mnangagwa ne s'est pas attardée. La compensation est-elle destinée à mettre la poussière sous le tapis ?

En peine dans son projet de relance économique, Emmerson Mnangagwa a trouvé la parade de l'austérité. En réalité, cette «trouvaille» n'est que la résultante des «conseils» prodigués par le FMI et la Banque mondiale et les autres créanciers à qui le Zimbabwe doit quelque 9 milliards de dollars. Le challenge dans cette économie de rente était de ramener le déficit budgétaire de 15% à 3%. Un vaste programme auquel s'est attaqué le nouveau président. Son ministre des Finances table sur une croissance de 4% en 2018 et 3,1% en 2019. L'espoir d'une relance de l'économie.

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